BZH : Le nationalisme dominé est aussi une peste

BZH : Le nationalisme dominé est une peste émotionnelle aussi nuisible que celle du nationalisme dominant.

C'est ce que l'on retient à lire la tribune de Françoise Morvan dans Le Monde du 13/07/2013 (1).

Le nationalisme dominé se rapporte au nationalisme des peuples ethniquement ou "nationalement" dominés. Il est en général mieux compris à gauche, sous réserve cependant.

Le nationalisme dominé est une peste émotionnelle aussi nuisible que celle du nationalisme dominant. Sans doute ne faut-il pas dire qu'il en est ainsi systématiquement. Aux élections de 1986, par exemple, un arc de forces progressistes avait été initié avec la LCR et l'UDB (2) et d'autres forces politiques pour gagner un meilleur développement en Bretagne - en interne (le littoral et l'intérieur) et en interne-externe (développer l'ouest et pas que les métropoles Rennes et Nantes surchargées) mais un développement qui soit surtout profitable aux travailleurs. Ici nous en sommes bien loin. Le niveau revendicatif consiste ici à casser les portiques écotaxes et les radars de vitesse automobiles. Reptilien !

En l'espèce ceux qui agissent au nom de l'Institut de Locarn se moquent de la République fut-elle libérale mais aussi de la République sociale, telle que développée dans l'après-guerre. Ils ne distinguent pas le volet culturel ou la Bretagne pourrait, comme région, disposer de plus de pouvoir de promotion de la culture locale des aspects économiques ou il serait bon qu'une politique planifiée de correction du mal développement économique (entre régions mais aussi à l'intérieur de chaque région) soit mise en œuvre par coopération entre les régions et l'Etat central. Tout cela serait à débattre démocratiquement mais encore faut-il ne pas confondre les domaines d'intervention.

Le volet identitaire BZH (le drapeau) accroché aux revendications patronales des patrons hyper-productivistes de l'agroalimentaire sont particulièrement réactionnaires. Du coup, les ouvriers et paysans n'ont que peu de choses bonnes à attendre de ces individus, fermés aux questions écologiques et sociales, souvent partisans des méthodes autoritaires pour régler les conflits. Je confesse ici qu'un syndicaliste c'est un peu comme un psychiatre, il ne voit et entend que ce qui fait problème, conflit. Et ils sont durs et récurrents. Pas tendre les gaillards. Reste à espérer que les autres sont différents...

C'est par la manipulation paternaliste et identitaire que ces patrons ont pu amener autour d'eux des ouvriers acculés aux licenciements. La constitution d'un tel bloc social fut précaire car cela n'a pas empêcher des grèves reconductibles dans certaines entreprises.

Christian Delarue

1) Bonnets rouges : des dérives autonomistes derrière les revendications sociales. Françoise Morvan

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/13/bretagne-des-derives-autonomistes-derriere-les-revendications-sociales_3513215_3232.html

2) Aujourd'hui l'UDB souligne que " Les finances publiques, canalisées vers les Grands projets inutiles des grandes métropoles à statut particulier (35 milliards d'€ pour le Grand Paris, 20 milliards d'€ pour le Lyon-Turin, etc...) doivent être réorientées vers les territoires en crise." mais aussi
"S'il est vrai que la régionalisation n'est pas la seule réponse à la crise économique, née de la financiarisation de l'économie, chacun ici perçoit qu'une Bretagne dotée de compétences politiques et d'une autonomie financière comparables à celles des grandes Régions européennes, aurait eu les moyens d'anticiper et de mieux répondre à l'urgence de la situation." Cela ressemble à une volonté de balkanisation du territoire français qui n'est pas si grand que cela. Opter pour une coopération région/Etat central (me) parait plus positif.

in L'UDB manifestera le 2 novembre à Quimper pour le maintien de l'emploi et la défense des droits des travailleurs en Bretagne

http://www.udb-bzh.net/index.php/fr/blog/communiques/3452-l-udb-manifestera-le-2-novembre-a-quimper-pour-le-maintien-de-l-emploi-et-la-defense-des-droits-des-travailleurs-en-bretagne

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