L'apologie des entités englobantes par les dominants.

L'apologie des entités englobantes par les dominants.

 

L'usage des termes "entité englobante" est rare. En dehors de mon propre usage, je l'ai lu ici (1). Il y a aussi ce texte sur Médiapart : "Le "Nous", totalisant, élément de langage de l'oligarchie et la ploutocratie"

http://blogs.mediapart.fr/blog/cybergazouille/120712/le-nous-totalisant-element-de-langage-de-loligarchie-et-la-ploutocra

 On nomme entité englobante une institution qui contient des divisions, des rapports sociaux nécessaires qui sont différents des relations sociales entre individus. Valoriser des institutions englobantes permet de faire l'impasse sur les divisions internes et les conflits qui en découlent. 

Exemple de quelques institutions englobantes : La famille, la région, la nation, la patrie, l'Europe, le monde, l'entreprise, etc.

Très souvent on met les entités englobantes avec une Majuscule - Nation, République, Entreprise, etc - qui déifie, qui fétichise encore plus la dite entité qui devient très surplombante. On parle de dispositif abstrait surplombant pour ce qui est nettement au-dessus des rapports sociaux tant ceux au travail que hors travail et s'impose à eux.

 

Quels sont les principes de division qui sont reniés ? 

 

L'autorité du père dans la famille patriarcale. La législation a beaucoup diminué cette autorité dans de nombreux pays pour y placer l'égalité parentale mais la famille patriarcale perdure néanmoins y compris en Occident et ailleurs on peut parler de famille hyper-patriarcale tant le pouvoir masculin est fort.

 

- Classisme :

 

L'entreprise capitaliste montre une division et même un antagonisme fort entre le capital et le travail que l'on ne retrouve pas dans les sociétés coopératives, du moins en théorie. Les intérêts des uns et des autres sont opposés en termes de rémunération, de temps de travail, d'intensité du travail, etc...

Les territoires objet d'un gouvernement plus ou moins autonome font aussi l'objet d'une division entre la classe dominante et son peuple-classe ou entre l'oligarchie politico-financière et le peuple-classe. Il existe un peuple-classe dans chaque région, dans chaque nation, dans chaque continent. Au niveau européen il faut sans doute parler de peuples-classe au pluriel.

 

Le monde est lui aussi divisé selon au moins trois conceptions qui divise la gauche. On distingue classiquement le Sud subissant la domination impériale du Nord plus riche et dominant, notamment grâce au schéma dit de la coupe de champagne. Cette conception peut déboucher sur le campisme qui consiste à prendre faits et cause pour un camps le sud ou le nord contre l'autre. Le sud anciennement colonisé se nommait jadis "tiers monde" du temps de la division Est (dit "communiste")- Ouest(capitaliste). Cette entité Sud est elle-même divisé en plusieurs zones, l'Afrique n'étant pas soumise au même impérialisme que l'Amérique latine. Cependant, en vérité, il convient de voir aussi - troisième conception - qu' "il y a du sud au nord et du nord au sud". Cette formule signifie et rappelle qu' il y a des dominants internes (bourgeoisie ou caste ou bureaucratie) dans le sud comme dans le nord et il y a donc en conséquence des peuples-classe au sud et au nord. D'un point de vu d'emblée plus global, on peut distinguer enfin - troisième conception - une humanité-classe, formée de tous les peuples-classe du monde, soumise à la caste mondiale ou à l'hyper-bourgeoisie mondiale. C'est là une autre approche qui tend à ignorer l'influence des Etats et des communautés nationales ou plurinationales.

 

- Sexisme et racisme

 

D'autres principes de division que le classisme existent. Le sexisme montre une volonté de maintenir ou rétablir la supériorité des hommes sur les femmes au lieu de construire l'égalité entre les hommes et les femmes. Le racisme quant à lui pose l'existence de races ainsi que leur hiérarchie et donc la supériorité de l'une d'entre elles sur les autres. Le racisme et le sexisme sont des oppressions transversales car aucun Etat, aucune Nation n'en est épargné.

 

Quid des "fausses divisions"?

 

La droite abonde dans la monstration de divisions autres - N Sarkozy en était un expert - mais il s'agit de "diviser pour régner" et de montrer des fractions de dominés comme mauvaises par rapport à d'autres fractions afin de gagner une hégémonie autour des dominants épargnés.

Citons les Roms, les résidents étrangers, les fonctionnaires, les chômeurs, les jeunes des banlieues, etc... La stratégie du "bouc émissaire" impose de montrer un faux énnemi au peuple en mal de justice. On masque les dominants et on montre des dominés coupables de divers défauts.

 

Pourquoi évoquer des entités englobantes qui masque les divisions ?

 

Masquer ces divisions c'est masquer les dominations, exploitations et oppressions. On peut certes discuter de l'organisation de ces divisions et avoir des désaccords sur ces questions mais l'on ne saurait, si l'on veut aller vers plus de justice sociale, les masquer.

Ch DELARUE

 

Le fédéralisme en Europe (par les Jeunes Européens) | Le blog d'un démocrate social en France

http://ledemocratesocial.wordpress.com/2010/11/07/le-federalime-en-europe-par-les-jeunes-europeens/

 

suite avec :

Sortir de l'adoration des fétiches de l'économie : la croissance !

http://blogs.mediapart.fr/blog/christian-delarue/130913/sortir-de-ladoration-des-fetiches-de-leconomie-la-croissance

 

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