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Billet de blog 20 juin 2024

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Une autre sous-bourgeoisie est possible dans le NFP.

Une autre sous-bourgeoisie est possible contre les dominations multiples et elle est, avec ses qualités et ses défauts, dans le NFP. Le NFP est contre le RN et contre la fascisation (comme processus), contre le fascisateur (Macron).

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UNE AUTRE SOUS-BOURGEOISIE EST POSSIBLE... dans le NFP

Le NFP est contre le RN et contre le fascisateur.

Une autre sous-bourgeoisie est possible qui mobilise contre les dominations multiples et elle est, avec ses qualités et ses défauts, dans le Nouveau Front Populaire, le NFP !

TEXTE 1

Et cette sous-bourgeoisie progressiste fait ses armes non seulement face au RN (classiste, raciste, sexiste, homophobe, etc ) mais aussi face ,d'une part, à la bourgeoisie, seule classe sociale en soi et pour soi, (qui est aussi le 1% dopé comme jamais aux dividendes - cf classe financière note 1) et face aussi, d'autre part, à la sous-bourgeoisie réactionnaire (soit les 14% sous le 1%) , celle effectuant pour le 1% le "sale boulot classiste"  notamment celui pro-austérité de classe contre les 85% (voire plus) d'en-bas, pro-classisme dans le travail et hors travail (casse des services publics, de la sécurité sociale mais aussi perversion de la police aujourd'hui très contestée , à un point élevé car vue comme infestée par la peste brune type Zemmour ou RN).

D'autres violences ou dominations sont aussi dans ce "sale boulot de classe": cf ici au triptyque d'un triple refus : classisme, racisme, sexisme ! (lui-même méritant développements et ajouts)

Ici ou là dans le NFP on trouve des couacs, des failles, et les ennemis de classe, affichés ou non, en profitent. Faudrait quitter le NFP à cause de tel ou tel élu ayant tenu tel ou tel propos (tronqué de sa phrase complète, de son contexte) pour aller au PS de Valls ou chez Macron ! Folie !

Ces couacs ou ces failles ne sont que peu de choses face à l'inconvénient ENORME pour les 85% d'en-bas (voir plus) de soutenir Macron le fascisateur classiste ou même le PS tout seul (cf video de Valls critiquant sur une radio Hollande pro-NFP , mais du point de vue bobo-centriste évidemment , pas du notre : contre "Hollande 2016" (loi travail) tout à la fois traitre de classe et traitre démocratique par rapport à la juste promesse du Hollande 2012 : "mon ennemie c'est la finance").

Donc politiquement et stratégiquement c'est le Nouveau Front Populaire qui importe ! Toute critique de la sous-bourgeoisie comme classe d'appui de la bourgeoisie est à contester : non pas qu'elle soit forcément fausse tout le temps mais cela ne suffit pas pour empêcher tout soutien au NFP !

Christian Delarue

1) Classe financière

https://blogs.mediapart.fr/christian-delarue/blog/190324/la-classe-financiere

suite de

Trajet : De la fascisation de Macron au racisme du RN ?

ou De la casse de l’État social à l’État classiste et policier ?

https://www.cadtm.org/Fascisation-Macron-a-fascisme-RN

Illustration 1
NFP job © Ch DLR

TEXTE II

Les contradictions de la sous-bourgeoisie

La sous-bourgeoisie est non homogène et traversée de contradictions, notamment entre une fraction « progressiste »  - dont je dis parfois qu’elle adhère à l’UGICT-CGT mais ce peut-être ailleurs dans ATTAC par exemple - et d’une fraction « réactionnaire » ou nuisible car « classe relais » (Nicos Poulantzas) du classisme de la bourgeoisie. 

Explicitons à nouveau :  La bourgeoisie (le 1 à 2 % d’en-haut voire 3% ) constitue la classe dominante et le classisme est alors ici son action de domination, sa violence, sa coercition multiforme de classe, etc - - et pas simplement un mépris de classe ou une discrimination sociale.  

Il est donc à distinguer ici les deux aspects même si cela apparait secondaire. En termes de réprobation c’est bien le classisme soit la domination de classe qui est détestable, tout comme le racisme et le sexisme etc … et pas la classe bourgeoise elle-même (en soi). Cela apparait un jeu de mot inutile à beaucoup. Eu égard à la lutte actuelle contre la haine (qui se développe avec Macron et sa décision de dissolution) il m'apparait bon de distinguer. Les très gros prédateurs, les oligarques du niveau mondial, les "grands requins de la finance" n'ont eux guère besoin de subtilité car ils savent qu'ils mènent une guerre de classe et qu'ils l'ont gagné. 

La sous-bourgeoisie aisée n’appartient pas à la bourgeoisie mais son niveau de rémunération suffisamment élevé la récompense pour son travail effectué qui sert plus ou moins la classe dominante, beaucoup de nos jours. 

Citons ici Nicolas Framont, qui est lui sociologue expert sur le sujet (et pas syndicaliste comme moi) : il écrit (lien ci-dessous) qu’elle est "la courroie de transmission entre la bourgeoisie (ceux qui possèdent) et la classe laborieuse (ceux qui travaillent)

Certains cadres B+ parfois et surtout les cadres A de base de la Fonction publique (FPE, FPT, FPH) comme les cadres du privé travaillent, et ce qu’ils s’agissent des cadres de proximité auprès d’une équipe ou du niveau supérieur d’encadrement (les A+). Cela correspond bien à du travail salarié : S’occuper notamment de la gestion entre le prescrit et le réel du travail est d’ailleurs un travail passible de plusieurs modalités d’exercice. (Cf IRES n 76 - 2013 étude dans EDF). Ce n’est pas là le « haut commandement » !

Ces cadres sont en général bien rémunérés mais sur une fourchette assez grande , disons de 2800 € à 3500€ (en première tranche) et de 3500 à 5000 € (jugés riche mais nettement sous le 1% dopé aux dividendes et à la multi-propriété). Cette seconde tranche est dans le 14% d’en-haut sous le 1% et elle est sollicitée par la classe dominante pour  faire le « travail de classe », le classisme, et même pour les plus zélés et ils le sont beaucoup, le « sale boulot » classiste  ! 

TEXTE III

(addendum 22 juin 2024)

Des différences avec Nicolas Framont 

Nicolas Framont  cité plus haut (lien ci-dessous) distingue trois ensembles : la bourgeoisie (de 1à 5 %), la sous-bourgeoisie (10 à 15%) , la classe laborieuse (de 80 à 90%). J'ai repris la sous-bourgeoisie , sans nécessairement abandonner petite-bourgeoisie traditionnelle (paysanne) ou nouvelle (notariat, avocats, etc), mais c'est "sous-bourgeoisie" qui devient pertinent du fait de l'implication forte de cadres salariés en tant que relai de la lutte de classe, donc dans le classisme, dans le "bourgeoisisme" MAIS à condition de distinguer la fraction relai de celle résistante (cf UGICT-CGT et ATTAC) même si c'est compliqué à faire dans le réel. Je distingue alors souvent le travail-emploi et le hors travail-emploi pour y lire les différences.

Nicolas Framont préfère parler de classes laborieuses et pas des "classes populaires" pour l'ensemble des 85-90% qui vendent leur force de travail à un patron et en y intégrant le petit nombre des petits indépendants qui disent "mon patron c'est le client" (la formule a ses limites car le client ne fixe guère le détail du temps de travail). Mais surtout la sous-bourgeoisie travaille elle aussi puisqu'une fraction est salariée soit du privé soit du public . Pour moi le peuple-classe est ce peuple 99% qui englobe sous-bourgeoisie et "classe laborieuse" (de Nicolas F) car, comme je l'ai indiqué, la sous-bourgeoisie travaille : elle effectue un travail salarié ou indépendant .

Le peuple-classe est donc l'ensemble des classes sociales dominées, y compris la sous-bourgeoisie aisées et riches mais dont il fallait montrer - c'est mon seul apport - qu'une fraction souhaitait alliance avec les autres classes sociales dominées alors qu'une autre fraction subjectivement embourgeoisée se place en distance des 90% (que j'ai nommé "peuple social" il y a dix ou 15 ans ici ou sur ATTAC archive) pour être "classe relai" de la bourgeoise seule classe sociale en soi et pour soi même si divisée verticalement et horizontalement, branche privée (capital productif, capital commercial, etc) branche publique. Le classisme de la classe dominante n'a pas impact que contre les travailleurs des 90% à 99% car les indépendants et les petits patrons ont besoin de services publics, de sécurité sociale par contre le 1% souhaite sa perversion, sa privatisation, sa marchandisation sa financiarisation pour un enrichissement attendu fort. Le service public et la sécurité sociale font l'objet d'un enjeu fort de lutte de classe de la seule vraie classe sociale.

Hypothèse : En 2023, dans la rue contre Macron, les classes dominées se transformèrent en une classe dominée résistante en soi et pour soi mais elles ne le sont pas à l'ordinaire. A l'ordinaire elles sont peuple sous le nom de peuple-classe. La seule qui le soit, en soi et pour soi est la classe dominante dite parfois bicéphale. "Bicéphale" pourrait laisser entendre que ce soit facile de faire alliance avec la bourgeoisie publique dite parfois caste. C'est une erreur. Il y a bien différence mais rien ne le laisse entendre et surtout pas les montants accrus de rémunération ni les trajets "priv-pub".

https://www.frustrationmagazine.fr/definition-bourgeois/

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