SUD 93 La néo-racialisation : montrer les profs blancs !

La néo-racialisation : montrer les profs blancs en formation syndicale : Ethnicisation ou racialisation / citoyennisation et universalisation

La néo-racialisation : montrer les profs blancs en formation syndicale. Victimiser les élèves noirs.

Quid des blancs (juifs ou jugés tels) victimes d'antisémitisme ?

 

XX

Ethnicisation ou racialisation / citoyennisation et universalisation

 

Ethnicisation, racialisation sont deux processus très différents de construction d’une identité qui semblent se confondre dans certains esprits de gauche, gagnés par les idées du PIR et de la "lutte des races". 

 

- L’ETHNICISATION est un un processus culturel de formation d’une identité, un processus étudié par l’anthropologie . Elle peut être respectable ou non. Avec le "non" on doit s'opposer le néo-racisme.

- La RACIALISATION est une tentative non scientifique et hiérarchisante d’attribuer une identité biologique . Elle débouche sur une définition des humains en fonction de la couleur de peau et d’autres caractéristiques secondaires. Ces groupes humains sont hiérarchisés : le Blanc est radicalement supérieur au Noir. C'est du racisme. Il peut prendre plusieurs formes : être direct ou indirect et même systémique.

- La NEO-RACIALISATION de la gauche indigène ou assimilée est un discours des « radicalisés », discours qui retourne le stigmate de discrimination et d’oppression contre le Blanc. Le Noir n'est pas parfois opprimé . Il l'est de façon répété. Et tous les Noirs le sont. On prend le contrôle au faciès de la police qui frappe souvent des personnes de couleurs mais pas uniquement et on va généraliser et même théoriser. Dans la vulgarisation auprès des victimes il s'agira de savoir reconnaitre le Blanc et dénoncer ses privilèges. Certains ajoutent surtout s’il est masculin, entre 35 et 50 ans, et de condition aisée. Et bien non ce sont tous les Blancs qui sont des privilégiés . Tous , y compris le Blanc pauvre contre le Noir riche !

Ce contre-discours est nuisible car il renforce les "identités radicalisés" et leur conflictualité au lieu de les diminuer dans un combat qui voit les similitudes.

Au plan antisexiste et antiraciste, si j'ai pu théoriser jadis le "double regard" c'est bien qu'il s'agit toujours et encore d'apprendre à voir chez une personne tout à la fois sa différence et sa similitude, autrement dit le fait qu'elle soit une personne humaine digne et respectable par delà le fait qu'elle soit jugée sexy ou son contraire voilé ou grosse ou maigre . Ni grossophobie ni maigrophobie. La voilophobie c'est autre chose car la différence ne doit pas cacher une oppression comme imposition du voile par les voileurs, soit les intégristes religieux sexyphobiques ou sexoséparatistes à des femmes et même des gamines ce qui devrait être interdit. Par ailleurs si un type de différence est accepté (hypertextile) alors son inverse doit l'être aussi : c'est la position dite de la "réciprocité culturelle textile"

- La CITOYENNISATION consiste à donner des droits de citoyenneté à un résident de longue durée sur un territoire. On peut demander à ce qu’il travaille ici, qu’il paie ses impôts ici et qu’il respectent quelques principes fondateurs du pays qui le reçoit. D’ou les formation de base sur la laïcité, la liberté de conscience (droit d’avoir une religion et de la pratiquer sans importuner autrui avec ), le droits des femmes (liberté, égalité, refus du sexoséparatisme), la libre orientation sexuelle (droit à l’homosexualité)

 

XX

Le triptyque identitaire : Racialisme - Muticulturalisme - Communautarisme .

Ce triptyque identitaire est largement hors jeu en France, mais aussi assez largement en Europe (sauf exception en Grande-Bretagne) et à l'ONU. Le modèle racialiste "blancs-non blancs" est importé des pays de type "racialiste-multiculturaliste-communautariste" !

Or la France est « multiculturelle » mais pas multiculturaliste . Son corpus constitutionnel et historique ne ressemble pas à la philosophie politique d’inspiration anglo-saxonne, qui consacre le droit à la différence plutôt que le droit à l’indifférence. Quitte à favoriser ce qui divise et non ce qui rassemble. En France, il y a historiquement des luttes sociales et un clivage droite-gauche sur fond de laïcité juridique complété par un certain sécularisme culturel (religion est d'ordre privé) , pas des luttes "raciales" . On y combat le racisme car le racisme perdure .


Faire vivre des identités dans la hiérarchisation est contraire à l’idée que les droits sont universels et qu'ils ils sont égaux

 

Logiques identitaires : racialisme, multiculturalisme, communautarisme. C Delarue - Amitié entre les peuples

http://amitie-entre-les-peuples.org/Logiques-identitaires-racialisme-multiculturalisme-communautarisme

 

Christian DELARUE

 

Pour prolonger ce papier il convient de lire la "Note de lecture de Sylvia GUIDO de « Race, nation, classe. Les identités ambigües »

http://amitie-entre-les-peuples.org/Race-nation-classe-Les-identites

ou le livre lui-même écrit en 1988. 

 

Addendum quelques jours plus tard (pris des congés pour suivre la bataille)

 

XX

PSEUDO-ANTIRACISME : NON AU SEPARATISME RACISTE

On répète désormais depuis l’affaire SUD 93 : « les blanc dehors (sauf les blanches voilées) et les non blancs dedans, c’est juste pour 30 minutes » Parfois avec des variantes : cf Mme Obono évoque sur Le Lab des stages non mixtes mais sans dire comment se fait l’exclusion.

Sur une base raciste, même 30 minutes c’est de trop !

Si le MRAP envisageait de soutenir çà je m’y opposerais frontalement pour que cette position reste minoritaire et que le trajet historique du MRAP soit respecté Le MRAP défend un antiracisme universaliste avec un profil historique spécifique par rapport à d’autres organisations françaises.

Le MRAP a été engagé jadis dans les combats non seulement contre le nazisme et l’antisémitisme puis contre le colonialisme, puis contre l’Apartheid en Afrique du sud puis en solidarité avec le peuple palestinien et désormais contre la xénophobie et la maltraitance des migrants ainsi que l’opposition aux contrôles policiers aux faciès partout ou ils sévissent, sans dire cependant qu’on avait par définition une Police raciste (alors qu’il y a bien des racistes dans la police ) ou un Etat raciste car la diffamation vaut aussi pour les personnes morales publiques (et des autorités administratives supérieures sont non seulement en droit mais en devoir d’agir si la qualification est avérée) .

La loi et les juges devraient interdire ce séparatisme raciste en France, même si des sociologues de type anglo-saxons ou influencés par lui ont le droit de conceptualiser ce que bon leur semble sur les pratiques sociales ! Les juristes et les juges voient autrement les choses.

Alors on dira « antiracisme moral » . Non le MRAP n’ignore pas qui sont massivement les victimes du racisme mais ce sont toujours des être humains de toute condition et de toute conscience (athée ou croyant) qui sont écoutés. Et on voit bien aussi que la complexité ne se coule pas dans un binarisme qui empêche de voir qu’un Noir peut haïr un Rom ou l’inverse et que ce n’est pas si rare . On peut voir aussi qu’une Blanche non voilée (musulmane ou non) peut être victime de violences d’un musulman intégriste. Et vu la présence des divers intégrismes religieux en France il convient de ne pas laisser dogmatiquement cela de côté.

Pas ailleurs, pas de comparaison entre genre et « race » ou « entre entre soi de paroles libérées » pour femmes et « entre-soi racial-raciste » car le passage ne doit pas se faire. Pas même dix minutes. On franchit là une ligne rouge !

Et l’extrême-droite se frotte les mains !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.