Campisme fort de l'antiracisme en France ou l'antiracisme de prédilection

Campisme fort de l'antiracisme en France ou l'antiracisme de prédilection

Campisme fort de l’antiracisme en France ou l'antiracisme de prédilection

Prendre en charge - ou pas - toutes les formes de racisme, tel est la question récurrente.

Ce campisme se lit avec d’un côté forte préférence pour la lutte contre l’antisémitisme (en lien avec soutien du féminisme et de la laïcité plus soutien néo-sioniste d’Israel et désormais critique d’ensemble des gilets jaunes et refus de l’islamophobie ) et d’un autre côté préférence pour la lutte contre l’islamophobie (souvent en lien avec le refus répété de la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux ostensibles et la défense des Palestiniens et des pays musulmans sans différentiation interne entre progressistes et réactionnaires)

Il existe heureusement entre ces deux camps de très difficiles positions variables d’ antiracisme non campiste, de type universaliste, universalisme vers l’égalité réelle dit le MRAP (AG de juin 2018)

Voici ce qu’écrivaient, il y a 15 ans Nadia Benhelal et Philippe Corcuff quelques semaines avant la manifestation du 7 novembre 2004 :Retour ligne automatique
« On est ainsi invité à choisir son antiracisme de prédilection, contre les autres. Or un antiracisme découpé en tranches n’est plus vraiment un antiracisme. Que devient l’horizon du »genre humain« divisé en »communautés« revendiquant une attention prioritaire contre d’autres »communautés«  ? L’éthique de l’antiracisme suppose de prendre appui sur un universalisable : le fragile pari d’une commune humanité. Des Lumières du XVIIIe siècle (tel le cosmopolitisme de Kant) au mouvement ouvrier du XIXe siècle ( »L’Internationale sera le genre humain« de la chanson), les progressistes faisaient de la possibilité d’une égale dignité des êtres humains, quelle que soit leur »communauté« d’origine, un des axes de leur combat. Il est temps que les antiracistes responsables se ressaisissent. »

Face aux figures neuves de la haine - islamophobie et judéophobie - proclamons : "Nous sommes tous des juifs musulmans ! »

15 ans après Nous sommes ENCORE tous des juifs musulmans - Benhelal et Corcuff - 2004 sur BELLACIAO initialement sur Le Monde le 13 octobre 2004Retour ligne automatique
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=10077

Notez que le terme « communauté » est ici entre guillemets car la mise en communauté forcée des juifs ou des musulmans est aussi détestable que celle des catholiques dont certains sont réactionnaires et d’autres progressistes et une troisième fraction dans un entre-deux incertain. La communauté mélange amalgame et efface dans un englobant non seulement les différences (la diversité) mais aussi et surtout les contradictions et clivages forte au sein de chaque identité religieuse (ou autre).

Conservons l’horizon du « genre humain » : Liberté, Egalité, Fraternité, Laïcité.

Christian DELARUE

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