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Billet de blog 24 févr. 2013

Le réductionnisme comme mécanisme d’oppression sexiste et/ ou raciste.

Analyse critique : "théorie du double regard"

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Analyse critique : "théorie du double regard"

Le réductionnisme comme mécanisme d’oppression sexiste et/ ou raciste.

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Arguments pour la dignité humaine rapportée à la présence d’artifices ou de signes humains vus comme opposés au temps du sexoséparatisme.

I - Exposé du principe du "double regard"

Au travers des exemples contemporains de la femme voilée (signe religieux mais aussi sexué) d’une part et de la femme sexy d’autre part on peut voir à l’œuvre un même mécanisme de réduction de la personnalité humaine à son apparence.

Nous présentons là un mécanisme de correction contre le racisme et le sexisme ainsi que des arguments en faveur de la dignité humaine rapportée à la présence d’artifices ou de signes humains bien visibles et vus potentiellement comme opposés à cette dignité. Cela mérite précision.

Au travers des exemples contemporains de la femme voilée d’une part et de la femme sexy d’autre part on peut voir à l’œuvre un même mécanisme de réduction de la personnalité humaine à sa seule apparence. La réduction n’est pas que ponctuelle mais perdure sous la forme de l’oubli de la dignité humaine. Car il peut y avoir quasiment en même temps que la réduction une activation d’un mécanisme correcteur - disons élévateur - qui va attribuer admiration, plus grand respect humain. On parlera d’une « montée » en considération d’autrui.

Le regard strictement réductionniste - sans son double de correction - risque de produire en même temps racisme et sexisme. Il y a risque de perte provisoire ou durable de l’humain pour la réduction s’agissant du voile à la religion (musulmane ou autre ) et au genre (féminin). Cette perte peut être mineure ou grave. Tout dépend du regard mais aussi des paroles qui accompagnent (ou non).

Pour autant, il ne s’agit pas de dire que l’apparence ne dit rien en elle-même, qu’elle n’a pas de signification sensible, volontaire ou involontaire, malgré soi. Il ne s’agit pas de dire que tout est dans le regard d’autrui, un homme le plus souvent, pas seulement. Celle qui porte un signe sait qu’elle le porte. Que cela a un effet. Homme ou femme, on perçoit bien le voile ou le sexy. On lui donne des sens plus ou moins variés. Mais on lui donne du sens. Cela fait sens pour nous.

Promouvoir un non réductionnisme à ce que l’on voit si bien, si fortement, si intensément, c’est opérer une sorte de détachement relatif qui permet de porter un double regard, l’un et l’autre sans dénigrement : Retour ligne manuel

voir la femme sexy mais aussi la personne humaine, Retour ligne manuel

voir la femme voilée mais aussi la personne humaine.

Le double regard c’est ce maintien du commun humain respectable. C’est renouer avec l’humanité commune par delà de ce qui apparait de façon très sensible.

Il s’agit d’expliquer contre le réductionnisme commun aux deux cas cités que la reconnaissance de l’être humain et de la dignité humaine doit prévaloir

sur l’être ostensiblement religieux d’une part et

sur l’être ostensiblement sexué d’autre part.

Le réductionnisme est potentiellement in fine une forme de violence ou de mépris qui vise à limiter l’expression des personnalités par des interdits variables de vestimentation ou de signes annexes.

Il s’agit d’une forme d’empêchement du développement de la personnalité humaine.

Pour les réductionnistes, il s’agit de ne voir in fine, par pression ou loi ou violence, que de l’humain, c’est à dire que des êtres humains normalisés et donc

pas des êtres sexués (avec des signes ostensibles de féminité) et

pas plus les êtres « religieux » (avec des signes ostensibles d’appartenance religieuse).

II - Portée du principe à débattre.

La limite de cette "théorie" est dans le voilage intégral imposé car là même l’être humain disparaît pour ne laisser apparaître qu’un être humain enfermé. son humanité disparait.

Par contre, la limite de cette théorisation n’apparaît pas dans le nu intégral car ce nu n’efface pas l’humanité du nudiste.

On aborde une partie délicate.

Si on veut bien mettre ses préjugés de côté, alors on ne saurait dire qu’un(e) nudiste devient animal (mâle ou femelle) parce qu’il est nu alors que l’humain conserverait lui par définition un minimum de vêtements voir de simples artifices légers (comme le string dans la modernité) de séduction qui formerait un érotisme spécifiquement humain quoique variable dans le temps et l’espace.

Le string, pour n’évoquer que lui, est un signe de culture et un signe d’érotisme humain daté issu d’une époque et d’un espace comme la guépière pour une autre époque. Chaque époque, chaque continent a ses signes.

L’érotisme est, au-delà de la question du signe, un sorte de jeu, un art culturel car il ne se précipite pas comme les animaux vers une copulation instinctive.

On n’est pas quitte cependant avec l’idée érotisme = culture = civilisation car on a pu parler d’un érotisme pour Sade. Ce qui oblige à distinguer un érotisme de jouissance partagée (1) et égalitaire d’un érotisme de violences et de souffrances infligées.

Ce qui nous ramène à l’arrière plan patriarcal de ce questionnement. aujourd’hui comme hier ce patriarcat défend la domination masculine soit via le néolibéralisme soit via le sexoséparatisme autoritaire, très puissant au sud.

il s’agit alors de développer une éducation ouverte, libre, égalitaire et respectueuse qui interdise donc les injures sexistes et racistes ainsi que les discriminations. Au-delà il faut s’attaquer à la prostitution et sanctionner plus sévèrement les viols.

Christian DELARUE

1) Pour l’homme, écrit Francisco Albéroni dans L’érotisme (p77) "la séduction n’est pas un motif de triomphe mais d’émerveillement. Elle engendre un sentiment de reconnaissance et non de supériorité". Albéroni n’est pas Sade.

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