Apologie sarkozienne de l’idéologie "petite-patronale".

Apologie sarkozienne de l’idéologie "petite-patronale".

L’humain après !

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article2270

Le volet dénigrement des immigrés et grosso modo des français "pas bien français" ne suffit plus pour plaire aux membres du FN, il faut à N Sarkozy ajouter un autre volet : la stigmatisation des "petits travailleurs", des "travailleurs sobres", anti-productivistes, anti-concurrence à tout crin, anti-performance à tout heure du jour, anti-exploitation.

Bref à l’oppression raciste et xénophobe bien marquée à l’extrême-droite s’ajoute la volonté d’en rajouter sur l’exploitation de la force de travail. Il n’a jamais supporté les 35 heures. Cela ne devrait donc pas surprendre.

Celui qui défend ceux d’en-haut - entendez le MEDEF, la haute-bourgeoisie, la finance, les grandes banques privées, les grands créanciers - au cœur d’une oligarchie ploutocratique de type politico-financière en vient, pour des raisons électorales (score du FN) à se mettre sans vergogne du côté de l’autoritarisme patronal et travailliste. Celui que l’on trouve dans les PME mais aussi désormais dans les firmes transnationales et y compris désormais dans la Fonction publique, sous le nom plus "moderne" de "management". Il s’emploie donc, en vue du 1er mai, sous couleur du "vrai" travail à la défense de ce que l’on pourrait appeler l’idéologie "petite-patronale", celle qui cherche à nuire à ceux qui ne travaillent pas assez : pas assez vite, pas assez longtemps, pas assez conforme. Il faut du "Plus vite, plus haut, plus fort" : le travail c’est du sport de compétition (altius, citius, fortius). Le travail c’est pour eux le travaillisme, soit une façon zélée de travailler pour ceux et celles qui travaillent et qui ne sont pas au chômage ou en précarité.

Avec une telle apologie, on file plus encore vers une société autoritaire et travailliste. Ce n’est pas le travail qui est critiqué par ceux qui refusent le travaillisme c’est l’idée qu’il faille toujours en faire plus ! C’est l’idée de quantification, de mesures de la productivité, de statistiques, de mérite, de guerre des places, etc...

L’idéologie "petite-patronale" ne concerne pas que les PME. Jean-Pierre Le Goff l’avait critiqué il y a dix ans sous le nom de "barbarie douce" et de déshumanisation dans les entreprises et dans l’école. Je nomme ici l’idéologie managériale. Mais c’est là lui donner une aura "moderniste" qu’elle ne mérite pas quand elle se comporte de façon autoritaire comme le "petit patron" autoritaire tout droit venu du XIX ème siècle ; celui qui a horreur des syndicats, du code du travail, des droits pour ceux qui doivent toujours être bien soumis à la logique du travaillisme en plus d’être subordonné.

Christian DELARUE

NB : Critiquer le travaillisme - sens nouveau - ce n’est pas refuser le travail salarié c’est aller vers le "travailler moins mais travailler tous" et donc travailler autrement. Lire : "Contre le travaillisme, pas l’abstinence mais le travail sobre !" C Delarue

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1754

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