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Billet de blog 28 mai 2011

"Lutinage de soubrette" et viol : frontière entre légèreté intime et agression sexiste!

L’affaire DSK me donne l’occasion de dire que le "lutinage de soubrette" peut être un phantasme personnel ou même une pratique réelle privée au sein d’un couple qui apprécie mutuellement ce jeu intime . Précisons qu’ils l’apprécient d’autant plus qu’ils réprouvent le véritable "droit de cuissage" effectué dans la vraie vie, au travail ou à la maison... ou à l’hôtel !

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L’affaire DSK me donne l’occasion de dire que le "lutinage de soubrette" peut être un phantasme personnel ou même une pratique réelle privée au sein d’un couple qui apprécie mutuellement ce jeu intime . Précisons qu’ils l’apprécient d’autant plus qu’ils réprouvent le véritable "droit de cuissage" effectué dans la vraie vie, au travail ou à la maison... ou à l’hôtel !

Réaliser un désir entre adultes consentants et réaliser son désir par la force marque une différence essentielle en société . Le consentement permet en effet de distinguer la civilisation de la barbarie . Il y a un fossé en effet entre les "amoureux de la galipette" et les fans de la domination, de la violence sexiste. Il faut le répéter à Bernard DEBRE qui stigmatise ceux qui "se vautrent dans le sexe" (sic) (1).

Poursuivons plus loin de l'agression à la domination . Les prostituées sont-elles vraiment consentantes ? L’immense majorité des prostitués font ce métier sous la pression du besoin financier et non par véritable consentement. Elles se prostituent au lieu d’avoir un emploi et pour éviter de faire l’aumône dans le métro ou dans la rue. Il y a un choix entre deux aliénations et humiliations. Seule une petite minorité pratique la prostitution occasionnelle de façon libre. Pour ces dernière on trouve parfois des antécédents familiaux qui expliquent ce recours.

Face à ce refus de valider le consentement prostitutionnel, mes contradicteurs me répliquent d’ordinaire qu’il y a déplacement de la question du consentement à celle de la domination. Et plus loin du patriarcat. Grosso modo je sors du cadre du consentement pour passer à celui de la domination qui permettrait de "dire tout et son contraire" ! Ce à quoi je réponds que c’est que le contrat et l’échange des consentements qui n’échappent pas aux rapports de force et au type de société dans lesquels ils s’inscrivent . Il y a des consentements très très contraints en société et notamment en matière de prostitution . C’est une réalité complexe mais effective.

Peux-t-on s’assurer les services payants d’une prostituée en étant quitte de toute domination sexiste ? Dans Marianne 735 Jacques Delcassou propose de ne pas s’en prendre aux "travailleuses du sexe" et à leurs clients mais aux proxénètes et à leurs réseaux. Ce faisant, il défend que les prostituées sont des femmes comme les autres et que la prostitution est utile aux trop vieux, trop moches, trop timides, etc. La question s’est posée pour les handicapés (2) mais juste pour les aider à la sexualité, ce qui parait tout différent que d’avoir un rapport sexuel avec une personne non désirée voire très difficilement désirable aux yeux de beaucoup.

Il est dommage que l’auteur ne donne pas une indication du nombre de passes qui lui parait acceptable ! C’est quand on aborde ce genre de question sordide que celle du consentement devient crue. Pour deux ou trois passes dans la journée la chose est sans doute supportable (c’est pour cela que les nouvelles débutent le "métier" ainsi) mais au-delà, quand la pratique marchande devient massive il y a une véritable dépossession de soi, autrement dit une déshumanisation. Combien de prostituées boivent ou se droguent pour supporter une telle charge de "travail".

Christian DELARUE

1) Bernard DEBRE, un "coincé" doublement odieux. C Delarue

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article1690

2) Peux-t-on favoriser le plaisir sexuel de certain(e)s handicapé(e)s ? C Delarue

http://amitie-entre-les-peuples.org/spip.php?article833

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