Le Dictionnaire des racismes, le Coran et l’asymétrie homme-femme.

Le Dictionnaire des racismes, le Coran et l’asymétrie homme-femme ou la prééminence de l'homme.

Le Dictionnaire des racismes, le Coran et l’asymétrie homme-femme. <Le Dictionnaire des racismes, le Coran et l’asymétrie homme-femme.


Ce dictionnaire des racismes (1) dispose de deux pages sur le Coran.

Il est précisé - et c’est important - que ce texte sacré "n’est pas la seule source des comportements observables", "qu’il est d’abord ce qu’en fait ses lecteurs", qu’il donne lieu "à une exégèse extrêmement diverse : linguistique et lexicologique, juridique, mystique ou rationaliste, théologique ou philosophique, de tradition sunnite ou chiite"

Rien n’est dit sur le "statut" des athées, des homosexuels et des juifs mais un paragraphe concerne les femmes. Citons-le :
S’agissant du statut de la femme, le Coran hésite entre innovation juridique d’une part, et maintien de pratiques anciennes d’autre part ; entre affirmation de l’identité des droits et des devoirs des deux sexes d’un côté, et affirmation de la prééminence masculine de l’autre. Mais l’asymétrie reste grosso modo la règle. L’homme peut épouser jusqu’à quatre femmes, sauf s’il ne craint de ne pas être équitable avec elles. Dans le couple, l’homme a autorité sur la femme, et lui seul peut prendre unilatéralement la décision d’une répudiation. Et les règles de pudeur, qui valent pour tous, s’impose avec plus de rigueur aux femmes à qui il est demandé de "rabattre leur fichu sur les échancrures de leurs vêtements" (Coran 24, 31), à savoir de couvrir leur gorge.

Le chapitre sur la misogynie (p483) accuse des philosophes antiques et d’autres plus récents mais surtout les religions : "La plupart repose sur l’affirmation de la supériorité masculine. La Génèse, dans sa version retenue par l’Eglise catholique, dit que Dieu a créé la femme après l’homme et pour lui. De plus, cette dernière a, de part sa curiosité et sa futilité, introduit le mal et le malheur dans le monde. Eve incarne le péché de chair. D’où l’angoisse des Pères de l’Eglise devant une féminité qu’ils veulent voiler"

En fin de texte il est précisé que : "Deux réserves s’imposent. D’une part, tous les hommes ne sont pas misogynes. .../... D’autre part, au cours du temps les choses ont changé. L’égalité a progressé, la misogynie a reculé.
Les choses n’ont pas évolué sans bataille et de façon uniforme pour tous les continents et toutes les religions. Les intégristes restent crispés sur une conception misogyne de la femme.
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1) Sous la direction d’Esther Benbassa Dictionnaire des racismes, de l’exclusion et des discriminations Larousse, coll. "A présent", avril 2010, 727 pages, 28 €.

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