DE LA DROITISATION DE LA POLITIQUE A LA DESHUMANISATION DU MONDE DU TRAVAIL

Les problèmes de santé au travail sont dus directement à l'ultralibéralisme

La droitisation de la politique ne date pas de la montée des extrêmes droites en Europe, mais bien

avant . A droite dans les années 70 avec l'ultralibéralisme des disciples de Milton Friedman , dont

Margarett Thatcher et Ronald Reagan ( 1) . A gauche dans les années 80 avec les nouveaux

Démocrates, ou troisième voie, renouveau ou trahison de la social-démocratie, avec Blair,

Clinton, Schröder, Prodi, Ségolène Royal et François Hollande (2).

 

Le libéralisme, doctrine de la liberté, garantit en fait la liberté seule du patronat . Et ce dont ne se

vantent pas Friedman et ses disciples, c'est que ses théories ont été mises en application d'abord

dans le Chili de Pinochet , après le coup d'état qui a mis fin au gouvernement d'unité populaire de

Salvador Allende, coup d'état soutenu par les américains de Richard Nixon, Nixon qui avait été le

second de Mac Carthy connu pour sa chasse aux sorcières dans les années 50 ( politique

paranoïaque de dénonciation en masse de prétendus communistes pendant la guerre froide ).

La politique économique chilienne inspirée par Friedman, et sa stratégie du choc : "seule une

crise réelle ou supposée produit un vrai changement" a été un désastre . Ca n'a pas empêché

le courant libéral à continuer à se développer avec Thatcher et Reagan.

 

En trente ans un prétendu réalisme économique s'est attaqué aux services publics. Et pas

seulement en France où Sarkozy et le MEDEF s'attachent à démanteler le programme du Conseil

National de la Résistance ( 3) (Denis Kessler, un des idéologues du MEDEF :"il s'agit de démanteler

méthodiquement le programme du CNR") . Détruire les services publics qui marchent quoiqu'on

en dise assez bien , pour imposer un système concurrentiel qui fait des entreprises qui ne

fonctionnent plus mais dont l'utilité est de faire de l'argent pour les actionnaires . La poste, les

télécoms, l'électricité sont livrés au chaos . Mal vivre dans les entreprises, conditions de travail

dégradées ( 4), suicides ( 5).

 

Le processus de travail actuel est un processus qui détruit, selon Christophe Dejours,

psychodynamicien du travail et psychanalyste . La violence des banlieues est due à l'impossibilité

d'entrer dans le monde du travail, d'avoir un statut, une reconnaissance dans la société. Tout

concourt à déshumaniser le monde du travail ( 6).

 

Nous vivons les prémices du capitalisme pur, selon Paul Ariès, politologue ( 6) . C'est se soumettre

à la loi de l'économie .On empêche le salarié d'être autonome dans son travail . C'est un modèle

qui ne peut pas fonctionner.

 

                                   Christian Dufrechou , 24 mai 2011

 

(1) Naomi Klein : La stratégie du choc

(2) Jean-Luc Mélenchon : En quête de gauche

(3) Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui : Les jours heureux, le programme du Conseil National

de la Résistance de mars 1944

(4) Günther Wallraff : Parmi les perdants du meilleur des mondes

(5) Marie Pezé : Ils ne mourraient pas tous mais tous étaient frappés, journal de la consultation

"Souffrance et travail"

( 6) Film de Jean-Michel Carré : J'ai très mal au travail, avec Marie Pezé, Christophe Dejours,

Paul Ariès

 

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