Redonnons du sens à la Gauche
Le 6 mai 2012, François Hollande était élu par une majorité de Français qui avaient le sentiment de dire Non à Sarkozy et de voter à Gauche. Si, en effet, au premier tour de ces élections, les diverses composantes de la Gauche s'étaient exprimées au travers d'un vote pour leur candidat, au second, un large rassemblement avait favorisé l'élection d'un Président socialiste, porté à cette fonction par l'ensemble de cette Gauche.
Vingt-huit mois après , où en sommes nous ?
Une politique d'austérité a été délibérément mise en œuvre, dans le prolongement des gouvernements précédents . Les élections municipales et Européennes du printemps ont exprimé un désaveu clair, subi par la gauche dans toute sa diversité .
L'extrême-droite a acquis une position incontournable et dangereuse pour la République.
Face à cette situation désastreuse, chacun était légitimement en droit d'attendre un changement de politique . Or, si les événements des derniers jours ont confirmé un tournant, ce n'est en rien celui attendu par les électeurs de 2012 . Le Président et le Premier Ministre supposés porter les espoirs de la Gauche dont ils se disaient les représentants sont en passe d'en devenir les fossoyeurs. Ce que précédemment, la droite n'avait osé faire jusqu'au bout, l'exécutif, sans complexe le met en œuvre, revenant sur les réformes progressistes votées au cours des mandats précédents, voire même au cours du présent quinquennat.
Les valeurs humanistes, les priorités sociales, la prise en compte de la précarité subie par la population, semblent désormais supplantées par la satisfaction des intérêts du MEDEF, les exigences d Bruxelles et au nom d'un « réalisme » dont la motivation apparaît douteuse.
Pourtant, cette dérive n'est pas inéluctable, des signes positifs laissent augurer qu'une issue favorable est encore possible : Des Ministres ont eu le courage d'exprimer leurs désaccords, des parlementaires réagissent et assument pleinement leur fonction de représentants du peuple, les citoyens de tous côtés font entendre leurs voix et manifestent leurs exigences . Le Président de la République peut, s'il consent à écouter le mécontentement, appréhender les vrais besoins de la France, redonner un cap au pays et s'engager dans un rétablissement de la confiance.