Le repli suisse

 Que penser du résultat du référendum Suisse sur la limitation de l’immigration massive ? Où commence cette immigration massive, à partir de quel taux de population étrangère ? Une question aussi vague, sans explications précises ne pouvait pas recevoir une bonne réponse.

La Suisse est le pays où les travailleurs étrangers rapportent énormément à ce pays. D’abord il y a ceux qui ont des fonctions que les citoyens suisses ne veulent pas, ou ne peuvent assumer. Il y a aussi les grands spécialistes de l’horlogerie qui sont français, la plupart jurassiens,  et sans eux cette industrie, ce commerce de grand luxe disparaîtrait. Les grands professeurs de Médecine, beaucoup d’allemands, font la réputation des cliniques privées de Suisse. Dans le domaine de la restauration travaillent également beaucoup d’italiens. En réalité 82% des immigrés en Suisse sont des ressortissants de l’Union Européenne qui sont actifs et bénéfiques à l’économie du pays. Les 18 % restants viennent des autres continents.

C’est donc une mesure xénophobe qui concerne principalement les travailleurs de l’Union Européenne. Les gouvernants savent déjà que les conséquences seront négatives pour l’économie du pays et redoutent une régression. La Suisse accueille grandement et très ouvertement l’argent étranger en offrant des facilités de blanchiments et de détournements fiscaux. Elle a sur son sol une pléiade d’Organisations internationales qui participent à sa richesse. Ces organisations ne doivent-elle pas désormais  se poser la question de leur présence ? Cela représente une trentaine d’organisations, d’agences ou de fonds qui pourraient envisager de s’installer ailleurs en Europe. Beaucoup de ces organisations concernent spécialement l’Europe.  Très injustement l’Allemagne n’a quasiment pas de ces organisations sur son territoire. Bohn mériterait d’en accueillir. Pourquoi pas l’OMC, l’OMS et d’autres.

La Suisse, les Suisses doivent prendre conscience de leur erreur d’avoir céder aux voix de la peur sans raison. Les réalités font que leur pays doit au contraire pour une très grande part sa richesse à l’internationalisme qui s’est installé chez elle et aux travailleurs étrangers qui font sa prospérité et les attraits de ses productions de luxe, de son hôtellerie, de sa restauration et des animations.

Sans cette population étrangère la Suisse va s’enfoncer dans le repli et l’ennui pour devenir un dortoir pour riches du dernier âge qui regarderont la trotteuse de leur montre de luxe égrainer le peu de temps qu’il leur restera à vivre dans ce « triste bunker ».

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