Comment décrédibiliser un programme aussi complet, cohérent et chiffré (5h de démonstration) que l'Avenir en commun ?
Le Monde et plus étrangement G. Azam, membre du conseil scientifique d'Attac ont trouvé l'angle d'attaque : Le coefficient multiplicateur.
Qu’est-ce que l’effet multiplicateur ? Cette notion implique qu’une dépense économique a des impacts qui s’accroissent par effet d’enchaînement. Si le gouvernement passe une commande de 100 euros à une entreprise, celle-ci va dépenser la majeure partie de cette somme pour acheter des fournitures et payer des salariés. Ceux-ci, à leur tour, vont utiliser la majorité de leur salaire pour consommer des produits, créant de la richesse pour d’autres entreprises, qui vont à leur tour employer des salariés, qui dépenseront leurs revenus… au total, l’ensemble des richesses créées dépasse très largement les 100 euros injectés au départ.
Cela se nomme une politique keynésienne et nos détracteurs font alors assauts de critiques :
la politique keynésienne, efficace lors des crises, ne fonctionne pas aussi efficacement en période de plein-emploi » ça tombe bien, on est très loin et c'est un euphémisme, du plein emploi.
la nature de la relance : les effets des baisses d’impôt sont moins importants que la hausse des dépenses publiques ; La réforme fiscale envisagée ne prévoit pas de baisse massive d'impôts mais une meilleure répartition de ceux ci avec la création de 14 tranches, au lieu de 5 actuellement, l’abaissement de l’impôt sur les sociétés à 25 %, ce qui permettra d'établir un meilleur équilibre entre les grandes entreprises qui payent en moyenne 8 % et les PME et TPE qui,elles, en payent 33. De plus 80 milliards seront récupérés par la suppression des « niches fiscales » inutiles, 70 milliards par la lutte contre la fraude fiscale.
l’effet d’éviction : l’Etat ne doit pas prendre la place des entreprises privées et réaliser les investissements qu’elles auraient pu faire spontanément . Voilà un « danger » qui ne nous guette nullement. Il suffit de regarder la répartition des résultats des entreprises entre dividendes et investissements. 74 milliards de dividendes versés cette année par les entreprises du Cac 40
le degré de confiance des agents économiques : les entreprises et les particuliers, méfiants, risquent d’anticiper un arrêt ou un échec de la politique menée en réduisant leurs investissements, en exportant leur capital ou en épargnant excessivement. Si l'on comprend bien, dans la situation actuelle d'atonie générale, les acteurs économiques craindraient que comme cela va mieux cela s'arrête ! Quant à l'exportation des capitaux c'est déjà le cas : évasion fiscale, libre circulation des capitaux. La moitié des fonds de l'assurance vie sont investies à l'étranger.
l’ouverture de l’économie : dans un système mondialisé, la relance de la consommation risque de se traduire par une hausse des importations (alimentant la croissance dans un autre pays) plutôt que de la production locale.Alors là, grossière erreur de nos détracteurs. Le plan d' investissement de 100 milliards d'€ (5 % du PIB) concentré sur les premières années sera consacré essentiellement à l'investissement dans les énergies renouvelables, le fer routage, l'isolation thermique des logements, les installations portuaires, les crèches, les maisons de retraites, l' accessibilité (plan handicap), la rénovation-construction de bâtiments publics. Rien à voir avec l'importation de nouveaux baskets ou écrans plats.
Avec un peu plus d'attention, de lectures attentives, de rigueur intellectuelle nos détracteurs devraient, touts affaires cessantes, rechercher un autre angle d'attaque que le coefficient multiplicateur.