Conscience

Jeune poète contemporain de la montée du nazisme, Hermann Kükelhaus, a écrit le poème suivant, caractérisant ce qui eut lieu en ces années-là. Effrayant d'actualité.

Dans son petit livret intitulé "Avant que le siècle s'achève", Peter Tradowsky publie les vers d'un jeune poète allemand, resté inconnu (né en 1920 et mort en 1944), dans lesquels il caractérise en quelques lignes le mouvement hitlérien.

"Il est inscrit dans le signe de sa puissance

Qu'il fait voir les sourds,

Les aveugles, il les fait entendre.

 

Et lorsqu'il eût ainsi inversé le tout

Afin que nul ne voie ni personne n'entende,

Il se fit jurer fidélité."

 

Ne peut-on mettre en parallèle ce qui s'est passé en 2017, lors de l'élection de Macron et ensuite, après les élections législatives ? Pourquoi plus de 300 députés, soit-disant sains d'esprit, votent-ils "comme un seul homme" à la demande de leur président ? Comment la conscience de ces gens s'est-elle à ce point éteinte pour qu'ils laissent passer des lois liberticides, pour qu'ils acceptent sans rechigner d'applaudir l'homme responsable des exactions que l'on connaît contre des citoyens français qui n'avaient rien fait d'autre que de manifester leur mécontentement des mesures prises par le gouvernement ? N'est-ce pas un "retournement" de conscience auquel on a assisté ? N'est-ce pas comme une grosse "tumeur" qui s'est installée dans le corps social français ? Les GJ ne représentent-ils pas les défenses immunitaires d'un corps qui commence à ne plus vouloir se laisser envahir par la maladie ? S'ils n'avaient pas été là, à quelles exactions n'aurait-on pas assisté ?

Ne peut-on se poser ces questions, pendant le temps de "vacance" qui nous est (encore) donné ?

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