L'autre façon de penser

Crises sociales, démocratiques, des systèmes économiques. Qui est en crise : les hommes ou les systèmes ? On peut légitimement penser que les systèmes dans lesquels les hommes s'inscrivent sont devenus des carcans car il ne respectent plus les besoins fondamentaux de l'être humain.

En lisant l'article de Romaric Godin (Crises sociales, crises démocratiques, crise du néolibéralisme) ce mercredi, il m'est apparu un aspect important du problème qui est rarement mis en valeur.

Il y est parlé de "systèmes" politiques, économiques. Mais à la réflexion, on s'aperçoit que ce qui est en jeu, ce ne sont pas des systèmes mais des consciences humaines. Que des hommes votent des lois allant à l'encontre des intérêts du plus grand nombre ne relève pas d'un système défaillant, mais d'hommes qui déposent un bulletin de vote contre d'autres hommes et femmes.

Le monde a changé. Une arrière-garde pseudo-élitiste est au pouvoir dans beaucoup de pays (dont la France) afin de les vider de toutes les forces vives possibles à leur seul profit. Je n'entrerai pas dans les détails ici, mais il suffit de penser aux dernières "réformes" du gouvernement français. Les GJ se sont levés pour dénoncer leurs agissements.

Le monde a changé et l'homme est devenu la mesure de toute chose. Les systèmes politiques, économiques, intellectuels doivent en tenir compte. D'ailleurs, les discours de ces mêmes pseudo-élites  en tiennent compte,eux. Mais c'est pour tromper et faire le contraire de ce qu'ils annoncent.

Et les systèmes économiques doivent suivre cette mesure universelle qu'est l'être humain.

L'humain comme la mesure de toute chose. C'est ce que réclament les peuples de tous les pays concernés. Eux, les peuples, ont compris le changement. Ils ne réclament d'ailleurs pas le pouvoir, mais les changements qui permettent d'aller dans ce sens. Qu'est-ce que cela signifie ? Pour faire court (on pourrait écrire des livres entiers - ce qui a déjà été fait) :

1- que le travail humain n'est pas une marchandise, un coût, une charge puisqu'il permet aux entreprises de prospérer. Sans "force de travail", pas de production, pas de vente et donc pas de bénéfice. Nous sommes encore loin de pouvoir mettre cette simple idée en jeu. Et pourtant... Pour le dire autrement, la Fraternité est la base de toute vie économique : j'utilise ton travail pour me vêtir, pour manger, voyager... Tu utilises le mien pour tes besoins... Ne sommes-nous pas frères dans nos besoins ?

2- que la pensée doit être libre à condition d'avoir appris à l'être. Pas de pensée unique, pour rien. Seulement une éducation à la connaissance profonde de l'être humain et de son histoire. On remarquera que ce sont des aspects totalement dévalorisés de nos jours. D'ailleurs, les gouvernements successifs ont tout fait pour que l'histoire devienne incompréhensible. Et donc, on peut la répéter, on peut manipuler les citoyens pour qu'ils acceptent les guerres comme étant indispensables... Liberté et connaissance pour le penser.

3- que l'état doit être le garant que toute la vie en commun sera gérée de façon égalitaire : droit, justice, relations entre les humains. "Tous les hommes naissent libres et égaux en droits..." Égalité.

Revenons-en donc à  nos fondamentaux : Liberté, Égalité, Fraternité. Deux siècles et demi plus tard, nous voyons comment ces idéaux révolutionnaires ont été abandonnés (ou trahis, suivant le regard qu'on porte sur l'histoire).  L'humain doit devenir la mesure de toute chose...

Si les systèmes doivent être changés, c'est pour permettre aux habitants de cette planète d'évoluer librement et dans les meilleures conditions possibles vers (n'ayons pas peur des grands mots !) vers leur destinée.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.