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Billet de blog 11 avr. 2011

Biographie : Qui est Nicolas Hulot ?

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Biographie : Qui est Nicolas Hulot ?

Par Hortense Paillard, dernière mise à jour le jeudi 07 avril 2011.

Journaliste animateur d'émissions télé et militant écologiste, Nicolas Hulot - Nicolas, Jacques, André Hulot pour l'état civil -- est né le 30 avril 1955 à Lille (Nord). Son père, Philippe Hulot, est Chercheur d'or, Confiseur et Créateur de jardins. Sa mère Monique Moulun, issue d'une grande famille catholique ruinée, est responsable de maisons de santé. Il a un frère, Gonzague, et une soeur, Béatrice. Son grand-père parternel aurait, selon la légende, inspiré le cinéaste Jacques Tati pour le personnage de Monsieur Hulot.


Il suit sa scolarité à l'École Saint-Jean de Passy de Paris, au Collège Sacerneau de Nice puis au Lycée Fénelon de Paris, où il passe son baccalauréat. Deux drames marquent son adolescence: en 1970, la mort de son père à la suite d'un cancer, et le soir de Noël 1974, la découverte dans la cave de la maison familiale de son frère Gonzague qui vient de se suicider.


En 1973, après quelques mois d'études à la Faculté de Médecine de Paris-VI, il découvre le photo-journalisme. En 1975, après divers petits boulots (moniteur de voile, serveur, plagiste,...) et quelques piges de photo-reporter, il est embauché à l'agence de presse SIPA. Il y effectuera jusqu'en 1979 plusieurs grands reportages photo sur les guerres et les catastrophes naturelles aux quatre coins de la planète, dont notamment la couverture du tremblement de terre au Guatémala en 1976, les évènements de la fin de l'apartheid en Afrique du Sud la même année, ou encore la guerre d'indépendance en Rhodésie en 1977. Le 02 novembre 1979, il refuse de photographier Jacques Mesrine qui vient d'être abattu dans des circonstances controversées par les policiers de la brigade anti-gang.


Le voyage vers l'Afrique du Sud, effectué à bord du Pen Duick VI du navigateur Eric Tabarly, lui inspire un premier livre-album photo, Tabarly: 45 ans de défi (Éditions Sipa / PAC, 1976), suivi deux ans plus tard de Ces enfants qui souffrent (Éditions Sipa / PAC, 1976), consacré aux enfants des pays en guerre et préfacé par le professeur Robert Debré.


En 1978, Nicolas Hulot intègre France-Inter. Jusqu'en 1987, il y anime et/ou produit plusieurs émissions (Antipodes, Action, Les Fêlés, Signe particulier, le Brunch des aventuriers, etc) où il affirme son style de journaliste aventurier un tantinet tête-brulée, faisant souvent vivre en direct ses reportages au coeur du monde sauvage: la descente du Zambèze à la pagaie, la traversée de la Manche en planche à voile, le Pôle Nord en scooter des neiges puis en ULM, le rallye Paris-Dakar, la traversée de l'Atlantique à la voile, les courses de moto (La poignée dans le coin) ou, dans un registre plus intellectuel, s'entretenant avec des personnalités du monde culturel et scientifique (L'Agenda de...).


Après un premier début à la télévison en 1980 dans une émission pédagogique pour enfants, Les visiteurs du mercredi, Nicolas Hulot quitte France Inter en 1987 pour TF1. Il y produit et/ou présente successivement trois émissions consacrées à la découverte de la nature et des hommes: Ushuaïa, le magazine de l'Extrême (1987-1995), Opération Okavango (1996-1997) et Ushuaïa Nature (depuis 1998). Ces émissions à succès, qui rassemblent généralement de 7 à 9 millions de téléspectateurs et le rendent très populaire auprès des Français.


Entre 1989 et 1991, il publie trois livres sur ses expériences et ses convictions de militant écologiste: Chasseurs de Pôles (Éditions Albin Michel), Les chemins de traverses (Éditions JC Lattès, 1989) et États d'âme (Éditions JC Lattès).


En 1990, il crée la Fondation Ushuaïa, rebaptisée en 1995 Fondation Nicolas-Hulot pour la Nature et l'Homme (FNH). Reconnue d'utilité publique en 1996, cette ONG qu'il préside toujours a pour mission déclarée l'éducation à la protection de l'environnement. Elle mène, seule ou en partenariat, de nombreux projets à visée écologiste et humaniste: Comité de Veille Écologique, campagnes "Défi pour la Terre" et "Évolution", Pacte écologique,...

De 1992 à 1995, parallèlement à ses émissions, ses publications et son activité au sein de sa fondation, Nicolas Hulot assume également la rédaction en chef du magazine VSD Nature. Questions de nature (Éditions Plon) est publié en 1995, À mes risques et plaisirs (Éditions Plon) en 1998, Pour que le Terre reste humaine (entretiens de Jean-Louis Schlegel avec Robert Barbault, Dominique Bourg et Nicolas Hulot, Éditions du Seuil) en 1999, et Ushuaïa, paradis du bout du monde (Éditions Michel Lafon) en 2000. À partir de 2000, il co-présente sur La Chaîne Info (LCI) l'émission Eco-Logique.


Sans diplôme universitaire, sans expérience politique, Nicolas Hulot ne suit pas un parcours politicien traditionnel. "Électron libre" selon sa propre définition, coktail de Philippe de Dieuleveult, de Yann Arthus-Bertrand, d'abbé Pierre et de commandant Cousteau, il met à profit son importante cote de popularité dans l'opinion publique pour délivrer son message écologiste à travers des actions médiatiques et politiques. En 2002, il manifeste son mécontement à l'égard des responsables politiques en publiant Combien de catastrophes avant d'agir ? (Éditions du Seuil). Jacques Chirac fait alors appel à lui pour le conseiller sur les questions environnementales. Il rédige le fameux discours prononcé par le Président de la République au Sommet de la Terre de Johannesburg, en septembre 2002: " Notre maison brûle et nous regardons ailleurs,..". Dans son livre Le syndrome du Titanic (Éditions Calmann-Lévy, 2004), il révèle que Jacques Chirac lui propose même de devenir Ministre de l'Écologie dans le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Il décline l'offre mais n'hésite pas à demander l'inclusion d'une charte de l'environnement dans la Constitution de la République Française, ce qui sera fait au printemps 2005. La Terre en partage, éloge de la biodiversité (Éditions La Martinière) sort en librairie la même année, ainsi que Graines de possibles, regards croisés sur l'écologie (Éditions Calmann-Lévy), un livre d'entretiens avec le militant écologiste Pierre Rabhi.


Fin 2006, malgré 11% d'intentions de votes dans les enquêtes d'opinion et de nombreux soutiens -- dont celui de Jean-Louis Borloo, à l'époque ministre de l'Emploi et futur ministre de l'Écologie --, Nicolas Hulot refuse de se présenter à l'élection présidentielle de l'année suivante. Il prend l'initiative d'un "Pacte écologique" qui sera signé par les principaux candidats, dont notamment Nicolas Sarkozy (UMP), Ségolène Royal (PS), François Bayrou (MoDem), Marie-George Buffet (PCF) et Dominique Voynet (Verts). Durant la campagne, il déclare qu'il n'appellera à voter pour aucun des candidats en lice et qu'il leur "fait confiance" quant à leur engagement vis-à-vis du Pacte écologique (bien entendu, une fois élu, Nicolas Sarkozy ne tiendra pas ses engagements en la matière le mécréant...). Il prend une part active dans les négociations du "Grenelle de l'Environnement" lancé en octobre 2007 par Alain Juppé, ministre de l'Écologie, mettant notamment en avant l'idée d'une fiscalité écologique...sans résultat sur cette initiative...foireuse...!

Ses détracteurs au sein du mouvement écologiste -- notamment ceux du courant de la Décroissance -- lui reprochent alors de ne pas être assez radical dans la critique du système économique capitaliste et de faire financer sa fondation par des multinationales peu soucieuses de la protection de l'environnement: EDF, L'Oréal, Hôtels Ibis, Vinci, Bouygues, Rhône-Poulenc,...!, il faut "espérer" que cette prostitution financière...lui serve de "leçon" définitive...!


Son très pessimiste film altermondialiste sur "l'urgence écologique", Le Syndrome du Titanic, adapté de son livre éponyme, sort en salles en octobre 2009 mais est boudé par le public. Daniel Cohn-Bendit, son "conccurrent" médiatique d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), trouve le film "trop alarmiste, extrémiste et culpabilisateur" et l'humoriste Stéphane Guillon le caricature en "ancien fumeur qui fait chier tout le monde à la moindre odeur de clope".


En 2010, Nicolas Hulot se retire des groupes de travail du Grenelle de l'Environnement après l'enterrement par le gouvernement Fillon / Sarkozy (encore une "trahison de sarkoléon) de son projet de taxe carbone sur les produits polluants.

En décembre 2010, le baromètre Ifop / Paris-Match le classe à la première place des personnalités les plus populaires des Français, devant Jacques Chirac et Dominique Strauss-Kahn.


Selon diverses sources, il devrait annoncer le 13 avril sa candidature aux primaires d'Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) qui désigneront en juin prochain leur représentant pour porter les couleurs du rassemblement écologiste aux élections présidentielles de 2012. Les sondages le propulsent déjà meilleur présidentiable écolo pour les Français, loin devant la principale candidate déjà officiellement en lice, l'eurodéputée Eva Joly. Sa dernière publication en date est une préface au livre du Vert Denis Baupin, adjoint au maire de Paris, La planète brûle. Où sont les politiques ? (Éditions Hoëbeke).


Côté vie privée, Nicolas Hulot a divorcé en 1996 d'Isabelle Patissier, double championne du monde d'escalade, épousée en 1993. Il vit aujourd'hui avec sa seconde épouse, Florence Lasserre, épousée en 2002 et mère de ses deux fils, Nelson et Titouan. Selon la biographie Sain Nicolas de Bérengère Bonte (Éditions du Moment), TF1 lui verse un salaire fixe de 33.000 euros par mois pour la réalisation d'Ushuaia nature, auquels il faut ajouter quelque 60.000 euros de royalties et de droits d'auteur perçus par Eole Conseil, la société qu'il a créée en 1990 pour gèrer ses affaires. Outre les émissions télé et les publications DVD, la marque Ushuaïa, détenue par Nicolas Hulot, est en effet également déclinée sous forme d'un magazine papier, Ushuaïa, d'une chaîne de télé sur le câble, Ushuaïa TV, et de divers produits dérivés: cosmétiques bio, gels douche, lunettes de soleil, CD musicaux, montres, etc.


Nicolas Hulot partage sa vie entre ses bureaux de Paris, la Bretagne, où sa femme est conseillère municipale de Saint-Lunaire, et la Corse où il possède une maison. Entre ses multiples activités, il dirige également des collections d'essais chez Albin Michel et JC Lattès. Parmi ses loisirs favoris, il pratique régulièrement la plongée sous-marine, le kitesurf, le deltaplane et la montgolfière.


Il est Officier de la Légion d'honneur, Officier de l'Ordre national du Mérite, Officier de l'Ordre du Lion du Sénégal et Chevalier des Arts et des Lettres. Il a été récompensé par les 7 d'or 1999 et 2001 de la meilleure émission de découverte et d'évasion pour Ushuaia nature et en 2002 par le prix Roland Dorgelès, catégorie Télévision.

Copyright © Hortense Paillard / La République des Lettres, le jeudi 07 avril 2011
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