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Les Sarkozy ou les frères Dalton?
Les Sarkozy ou les frères Dalton?
by Nouvel Hermes 15 juillet 2011
Comme d’habitude c’est le plus petit (1, 20m selon les syndicats, 1,90 selon la police), le plus hargneux, qui dirige la bande de hors la loi.
On peut percevoir parfois quelque analogie entre ces frères Dalton rêvant d’une Dalton City avec cette pauvre France que certains de nos dirigeants abandonneraient au pillage pour se remplir les poches.
A Dalton City on va prendre l'argent des retraites, avant, demain, de voler l'argent de la santé...
Histoires de « famille » comme dans toute mafia bien comprise.
On peut ainsi se poser la question de la collusion des intérêts privés des familles de certains de nos gouvernants et de leurs fonctions politiques.
Avocats d’affaires comme Sarkozy, Jupé ou Borloo, l’affairisme n’est jamais bien loin…
Mais les meilleures affaires se font en famille…
Souvenons-nous de Monsieur Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, et de sa femme à la tête de France 24, la télévision à vocation internationale.
Souvenons-nous de l’UMP voulant forcer les communes à se doter de vidéo surveillance quand l’un de ses principaux acteurs est le frère d’Hortefeux.
Souvenons-nous de la compagne de Michel Baroin qui était fiscalisée à Las Vegas pour échapper à l'impôt en France...
Et bien sûr, Woertz et son épouse.
Woertz qui fut le trésorier de la campagne de Sarkozy comme ce dernier le fut pour Balladur, Karachigate à la clé !
Et maintenant, la sarfozy family, le fiston et le frangin !
Le fils promis aux plus hautes fonctions mais pas même capable d’obtenir un diplôme !
Et surtout Guillaume Sarkozy, celui qui vous prendra l’argent des retraites !
Voici donc un extrait très éclairant de POLiTIS :
Sevriena, l’entreprise sarkozyste de démolition des retraites
par Thierry Brun
"Sevriena, une nouvelle société d’assurance spécialisée dans la retraite par capitalisation, créée par Guillaume Sarkozy, entend bien profiter de la réforme des retraites. Histoire d’une opportune naissance destinée à rafler un juteux pactole compris en 40 et 110 milliards d’euros.
« Je garantirai la pérennité du régime de retraite… Je ne changerai pas le régime par répartition (…) par un régime où chacun épargnerait de son côté… Il faudra que tout soit mis sur la table : l’âge de la retraite, la durée de cotisation et la pénibilité. La seule piste que je ferme tout de suite, c’est celle de la diminution des pensions… La réforme des retraites concernera tout le monde… Les pensions sont trop basses... » Nicolas Sarkozy sur TF1 le 25 janvier 2010.
Nicolas Sarkozy veut-il vraiment de sauver le régime de retraite par répartition ? Plusieurs faits récents contredisent cette profession de foi présidentielle. Nicolas Sarkozy est arc-bouté sur le projet de loi réformant les retraites pour d’autres raisons : la future loi contient quelques articles destinés à booster la retraite par capitalisation [
Ce groupe dirigé par Guillaume Sarkozy, frère du chef de l’État, a le vent en poupe et a misé gros sur l’adoption de la réforme des retraites. Car il a récemment créé avec la Caisse nationale de prévoyance (CNP Assurances), premier assureur de personnes en France avec un chiffre d’affaires de 31,5 milliards d’euros en 2007, une société d’assurance du nom de Sevriena dont le destin programmé consiste à développer massivement la retraite par capitalisation. Cette société a déjà prévu une forte croissance de ses résultats : un document confidentiel (voir plus bas) estime le potentiel de création de valeur de cette entreprise à 634 millions d’euros dans 10 ans et à 1,2 milliards dans 20 ans.
Peu de citoyens en seront informés : les principales banques et sociétés d’assurance guettent avec impatience l’adoption définitive du projet de réforme des retraites, notamment parce qu’il contient un dispositif que Nicolas Sarkozy et le gouvernement se gardent bien d’ébruiter. En effet, si l’on examine attentivement le texte de la réforme, les préoccupations réelles de Nicolas Sarkozy sont très éloignées du sauvetage de l’actuel système de retraite. Les dernières pages du projet de réforme des retraites adoptés le 15 septembre à l’Assemblée nationale contiennent un « titre V » entièrement consacré à la retraite par capitalisation, comme nous l’écrivions dans Politis."
P.S: Sur un autre registre, voici une superbe vidéo. Un peu outrancière vers la fin. Mais bon...
http://www.youtube.com/watch?v=EnvxLKtVyZ0
Publié par Echo des talonnettes à l'adresse 00:12 0 commentaires
dimanche 3 juillet 2011
Oh la vache !
Les vaches de la ferme princière Rocagel ne sont pas stressées, selon Marie Drucker.
Le menu selon Alain Ducasse.-le Barbagiuan, spécialité monégasque, qui se picore du bout des doigts. Dans une fine pâte, "des délicates rissoles farcies de vert de blettes, feuilles d’épinard, blancs de poireau, oignon frais, persil, basilic, marjolaine et ciboulette liés de ricotta de brebis, d’oeuf et de Parmiggiano-Reggiano".
-Tendres légumes, Tomatolive et mulet daurin mariné, Poutargue
"Un paysage de rivage typique de la Riviera se dessine sur une assiette ample, ovale et généreuse", décrit-il. Le mulet doré a été péché par Gérard Rinaldi, dernière famille de pêcheurs à Monaco.
-Petit épeautre, primeurs liés d’un pistou d’herbes
"Véritable extraction de la terre, il s’agit d’un hommage à la cuisine saine, modeste et goûteuse, issue du terroir local".
-Poissons d'ici en fin bouillon aux goûts marins
Les fameux gamberoni "rossi" de San Remo décortiqués, des filets de rouget de roche, des calamaretti fourrés de chair de gamberoni, seiches et citrons de Menton, des filets de chapon, de daurade royale, de Saint Pierre, de denti, une rouelle de tentacule de poulpe de roche.
"La mer tout entière façonne ce plat providentiel".
-Fruits rouges gorgés de soleil, glace au lait de Rocagel.
-Gâteau de mariage vanille groseille
"La pièce de présentation du gâteau de mariage unit les fleurs de la Riviera et la majestueuse protéa, emblème de l’Afrique du sud, en hommage à la Princesse Charlene".
-Vins
Western Cape Chardonnay, Cuvée Anaïs 2009
Bellet, Le Clos, Le Clos Saint Vincent 2009
Bellet, Cuvée Baron G, Château de Bellet 2008
Château d’Yquem 1996
psLe même jour il y a eu un mariage chez les Jacquards dans mon village. Même pas invité, suis allé chercher un sandwich grecque cher le Turque qui est un Kurde, au faite.
Il accepte les tickets restaurants.
Publié par Echo des talonnettes à l'adresse 04:29 0 commentaires
jeudi 23 juin 2011
Hellène et les garçons
Long, très long, trop long …. C’était cool, c’est vrai, mais un peu beaucoup trop long. Au départ c’était génial c’est sûr et surtout inattendu. Méga surprise, mec. A peine la bagarre s’est tassée on se trouve sur la plus rapide des planches à s’en aller au hasard des humeurs de bons dieux se trimballer d’une aventure à l’autre. On va dire see, sex and sun quoi. Et du vent. Du bon vent. Enfin pas tout le temps mais on s’en sortait. Vrai, on a eu quelques pertes, quelques côtess cassées mais, on ne peut pas passer des années de vacances, et quelles putain de vacances de rêve sans laisser deux, trois copains au bord de la route, la route, hein, manière de parler. Mais la majorité de l’équipe rentre, c’est le principal. On n’était plus loin. Nan. C’est qu’on était près, même.
Le boss a une fâcheuse tendance à laisser traîner ses larges épaules devant moi ou bien, c’est moi, son second qui lui colle tout le temps au dos, mais voilà en ce moment j’étais encore à rien voir derrière lui. Lui oui, il la voyait. Il paraît que c’était la bonne, cette fois. Il est presque sûr que nous sommes enfin chez nous. Impressionné par l’importance du moment je tremblotai et pire encore je me sentis faible. Je croyais avoir oublié ce mot. Vomir. Et puis non, voilà qu’après vingt ans de croisière avec des potes entre les Cyclades il me revint et pas seul mais avec une envie de gerber tout ce que je sais, tout ce que j’ai retenu pendant ce temps fou derrière nous.
– Arrête-le ! Je vais…
– Arrête-le ! Je vais… et puis c’est con, non, qu’est ce que je raconte, oublie, oublie, je peux gerber par dessus le bord à bâbord, à tribord au choix …
Il ne m’entendit même pas, Heureusement...
– On y est, regarde, regardez les gars … elle est la plus belle … ya pas de photo c’est la plus belle !
– C’est quoi photo ?
– Sais pas mais c’est fort comme expression, non ? Alors ? Qu’est-ce que t’en dis ?
– Ouais.
– C’est tout ?
– Tu veux quoi, au juste : que je m’extasie ? Photo ? Allez c’est pas mauvais mais sans plus.
– Non, putain. Bien sûr que non. Je te parle de ce qui est devant nous, notre île ! Eh, les gars on est chez nous, définitivement on est les meilleurs !
Les cris derrière moi, individuels au départ se réunirent dans un seul hurlement assourdissant et plus que ça que l’on n’entendit même aucun bruit au moment où les gamelles en fonte jetées en l’air touchèrent le pont en retombant.
Les regards d’un sanglier halluciné les gars se précipitèrent tous vers la proue pour la voir finalement, notre île. Elle était là à peine à cinq minutes de nage devant nous. Trop ! Tout le monde plongea dans la mer. Quelqu’un cria : larguez les amarres, mais ce qui fut largué ce fut l’idée même de larguer quoi que ce soit et surtout pas les amarres selon les arts nautiques! Les garçons sentirent le fond sablé et marchaient poussant de l’eau à côté avec une frénésie époustouflante. Les premiers sortis de la mer se jetaient sur la plage et pleurant et riant en même temps restaient allongés épuisés et heureux. Le patron, son chien Argos et moi nous étions les derniers. Argos se mit à renifler autour de lui et le long de la plage en s’aventurant un peu dans la partie boisée derrière la rive.
–Il sent, il sait que nous sommes chez nous.
Mais ce qu’il ne savait pas c’était qu’il y avait d’autres clébards dans les parages.
Heureusement que le petit chien avait gardé sa vélocité malgré le long séjour sur un bateau. Nous le vîmes courir vers nous chassé par deux gros chiens noirs. Le patron le prit dans ses bras mais ce n’était pas ce qui arrêta les deux autres. Ceux qui essayaient de les calmer se retrouvèrent par terre. Ils avaient la force d’une ourse ces chiens-là. Tout d’un coup ils se tournèrent et partirent en courant vers deux hommes qui les sifflaient et qui se rapprochaient de nous. On avait été absent longtemps oui, c’est incontestable, on revient sans prévenir, c’est pas faux non plus mais c’est à nous ce putain de bout de terre que les dieux ont fait émerger de la mer pour nous l’offrir. Qu’ils se soient égarés avec leur barque ça passe encore mais nous envoyer leur tueurs noirs , trop c’est trop. Le capitaine posa Argos par terre et partit à leur rencontre. Ils s’arrêtèrent devant nous et nous regardaient avec pas mal de dégoût et aves beaucoup d’autorité.
–Qui êtes-vous ?
La voix d’Ulysse, la voix du roi légitime ne les impressionna pas plus que les aboiements d'Argos n'avaient effrayé les deux bêtes.
– Wer seid ihr ? Hier ist ein privat Bezitz !
- Pas possible ! Mais c’est des Francs ! Ce sont des Germains ! Ils demandent qui nous sommes.
C’était Ritalix, le seul Romain parmi nous qui les comprit, il avait beaucoup voyagé et pouvait comprendre les peuples du nord. Ceux du sud aussi mais ceci n’avait pas d’importance dans notre situation où on n'avait que ces deux rouquins devant nous.
– Ah bon, alors voilà, moi aussi je vais être franc, qu’ils dégagent leurs gros ventres hors de mon île.
Est-ce que je vais moi avec Argos squatter les bords du Rhin ?
Ritalix traduit et eux ils restaient sans bouger. Même mouillés nous étions, tout de même une petite armée et nous pensions les chasser en avançant d’un pas vers eux. Sauf que ces types n’avaient pas franchement le profil à avoir peur. Ils ne reculèrent même pas d’un pied. Ils sifflèrent et quelques instantsplus tard nous vîmes arriver des hommes, presque les mêmes que les deux autres, tous plutôt blonds, la plupart plutôt gros, plutôt à quatre cette fois.
Mais plusieurs fois à quatre. Ils nous entourèrent et le plus âgé d’entre eux expliqua quelque chose aux siens à mi-voix et puis il nous parla à nous. Il parlait notre langue même s’il prononçait les mots bizarrement. Avec un accent franc, quoi.
–Respecté Ulysse et les autres valeureux marins, nous vous souhaitons la bienvenue sur l’île d’Ithaque.
Il se lança dans un long discours. Les mecs, je veux dire nos mecs, les Grecs, déjà fatigués commencèrent à s’assoir l’un après l’autre abasourdis par ce que ce putain d’orateur à l’accent nous servait. Bref : pendant que nous nous bagarrions avec ce malabar Polyphème et pendant que nous étions mille fois mis en danger par des méchants ou par des tempêtes terribles sur des mers connues et inconnues il se trouve que les rois restés douillettement chez eux ont dilapidé tout l'or et tout le pognon et pour s’en sortir ils ont vendu des trucs, des trucs différents, comme par exemple notre île d’Ithaque. .
- Pénélope ? Et mon fils Télémaque ?
- Penelopeu, répondit le vieux Franc menteur, elle est la cuisinière en chef d’Itakahof, une maison de repos et de séjours des gens qui ont participé à l’acquisition de ce domaine.
Et Le jeune Télémaque sera le guide touristique. Le tourisme est le nom donné à la traditionnelle hospitalité locale mais commercialisée.
.
Militairement nous ne pouvions pas nous y opposer. Fatigués, abattus par cette nouvelle, moins nombreux nous ne pouvions que rejoindre notre bateau.
Ulysse est le plus malin de tous, il va trouver une parade, pensais-je. Je ne m'étais pas trompé. Vers minuit il vint vers moi, je ne dormais pas. Personne ne dormait. Il me dit:
– Te souviens-tu de l’histoire de cette fille que Zeus vit un jour se promener au bord de la mer.
- Oui, oui, il tomba follement amoureux d’elle, prit la forme d’un taureau...
– Je vois que tu sais. Avec elle il est parti et ils se sont unis et ils ont eu trois enfants … Ses trois frères à la nana la cherchèrent partout et ils amenèrent un peu partout le savoir et la culture phénicien et de plus loin. Cette fille s’appelait Europe. Allons la chercher allons la rappeler la nuit où elle traversa la mer sur le dos de ce taureau qui était Zeus, allons lui dire que nous pensons que cette mer et les cailoux dans cette mer, les îles ne peuvent pas être vendus, qu'elle doit les défendre et que nous sommes avec elle et que nous nous battrons pour elle, même avec une révolution s'il le faut .. – C’est quoi ça ‘’révolution’’...
– Sais pas mais c’est fort comme expression, non ?
– Oui, oh oui putain !
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mardi 21 juin 2011
Aphoristiquement à vous
Parler avec un con, c'est du temps perdu. Se taire aussi.
Si un con pense qu'il est con c'est un début d'intelligence. S’il ne pense pas il est cohérent.
Si je me promène seul je peux rencontrer quelqu'un, si quelqu'un se promène seul, je m'en fous.
Tout le monde ditqu'il ne faut croir personne, mais personne ne le croit.
Il y a comme une injustice dans la vie. Jeune tu peux tout mais t'as rien, vieux t'as tout et tu peux rien.
Les femmes sont dangereuses. Dès qu'une femme entre dans votre vie vous ne pouvez plus vous suicider !
L'optimiste confond : ''il n'y a plus rien entre nous'', avec ''tu sens ma peau'' ?
Il ne sera pas facile de trouver la femme de sa vie si vous chercher une qui ne voudra jamais se marier.
Il est impossible de persuader un con qu'il l'est. Même pour quelqu'un de très intelligent.
Je cherche la femme de ma vie. Vous pouvez la garder si elle est dans la vôtre contre un petit loyer.
Heureusement qu'on a des toubibs. Sinon beaucoup d’entre nous n’auraient personne devant qui se déshabiller
Le désir d'une femme ne se calme pas par la possession d'une autre.
Si une femme était la femme de la vie de plusieurs hommes cela ne veut pas dire que nous avons là la preuve de la réincarnation.
Si je me réveillais c'était pour la regarder, maintenant si je la regarde je m’endors.
Elle ne comprenait rien de ce que je disais et elle m'aimait. Maintenant elle comprend tout mais elle s'en fout.
Publié par Echo des talonnettes à l'adresse 07:59 0 commentaires
dimanche 27 février 2011
St.Louis blues
Mirko était un des modérés parmi nous, les jeunes fous de cinoch et malades d'un intellectualisme très contagieux ces années-là. Il était le meilleur au fout et le seul à avoir une voiture, une ‘'coccinelle'', même si elle appartenait, officiellement à son frère.
Le bruit caractéristique de son moteur à refroidissement à air était agréable et rassurant. Neoplanta est à 70km. Une heure de route. Une heure ensemble, une heure de rigolade, de la musique, de la mono, mais on s'en foutait. On parlait, un peu littérature, films, expo Henry Moor. On parlait cul, un peu plus et on riait. Ce rire, bon dieu ce rire et encore de rire. Et le Danube ! Tout le temps à côté de nous, large, calme, étrange, mystérieux mais, proche comme un parent. Et puis notre âge de moins de 70 ans pour tous les trois ensemble dans la ‘'Gigi'', le nom donné à la coccinelle. Soleil ! Il a pu pleuvoir des trombes, pour nous il aurait fait du soleil. Il faisait soleil, il faisait beau et doux comme seulement il peut faire beau et doux à Néoplanta.
- Le pont, dit Bale, après le pont tu tournes à droite et je te guiderai. Je connais la ville et je sais où ils tournent.– Si tu sais, guide-moi, répondit Mirko, mais Ratko ne sait pas que nous arrivons. Il ne sait pas que t'as envie d'être présenté à Latuada.
– Ratko ne sait pas, c'est vrai, mais la place à côté de toi, elle est à qui la place ? Toi-même tu l'as lui accordée pour des raisons de sécurité, comme tu disais, vu qu'il louchait et qu'il pouvait te signaler les flics simultanément de gauche et de droite.
Il pouffa de rire. Mirko et moi aussi.
-Donc Ratko fait partie de la bande, il est un vrai pote, alors où est le problème. Il sera content de nous voir venus, comme ça à l'improviste.
Assis sur la place de Ratko, je vis en panneau passer à côté de nous. ‘'Chez Julichka'', une flèche vers la gauche, vers la butte, vers les remparts de la forteresse ‘'Petrovar''.
- Ecoutez, on va pas rester longtemps, il bosse là. On regarde un peu, on fait la connaissance avec les gens de l'équipe, avec Latuada si possible et on rentre, enfin on descend dans la ville et on s'éclate. On peut même rester pour la nuit, j'ai de quoi financer l'expédition. On peut aller manger et voir ce qui se passe chez Julichka, je viens de voir que la boite ne ferme qu'à six heures du mat, autant dire qu'elle ne ferme pas. Peut-être avec Ratko, s'il peut se libérer ?
On nous laissa passer sans problème et même qu'un des hommes chargés de sécurité nous cria d'afficher le collant sur le pare-brise, la prochaine fois. Mirko freina et tendit le bras à travers son vitre baissé. L'homme lui donna un que je collai de mon côté : ‘’Novia Film, Equipe ‘’ ! Deux cent mètres plus loin, un parking aménagé et caché par quelques arbres d'un terrain en légère pente : un camp romain, les tentes, les figurants en légionnaires, les armes, les drapeaux, les chevaux, les chars. Sur un plateau surélevé la camera, deux sièges abandonnés. C'était la pause ! Ratko nous vit dès qu'on franchi l'entrée du camp. Il quitta l'homme avec qui il parlait, fit quelques pas en descendant vers nous, pensions-nous, s'arrêta, hésita et tourna à gauche. La première tente sur son chemin cacha sa figure et il n'apparut plus de l'autre côté.
–Pute !, dit Mirko et cracha par terre.
–Attend, il nous a pas vus ou bien il …
– Pédé !
–Arrête, on ne sait pas si...?
–T'as raison, j'arrête, il se dirigea vers Gigi, je suis dans la voiture et vous attends. Prenez votre temps les intelos.
Je m'avançai de quelques pas, je mis mes mains autours de ma bouche pour siffler plus fort.
– Oui, c'est ça, St.Louis , joue-lui ça, ironisa Mirko.
Les premier notes de St.Louis blues, c'est notre signal, notre sifflement de reconnaissance, notre logo sonore. Je sifflai aussi fort que je le pouvais. Rien. Quelques légionnaires se tournèrent vers nous mais personne ne sortit derrière la tente que nous fixions. Je répétai le signal une fois encore. Au troisième essaie j'ai eu une réponse, un sifflement de St.Louis blues. C'était Mirko. Je me tournai vers Bale qui riait. Il me fit signe, viens, on s'en va. Nous nous sommes en allés.
Quelques tables vides, un comptoir à droite vide, un verre sur le comptoir. Vide.
– Ya personne, je me tournai vers mes deux copains,
– C'est assez vide, dit Mirko.
– C'est vide, confirma Bale.
– C'est vide, pour le moment. Ca va changer !
Un jeune homme apparu de quelque part, derrière le comptoir. Brun, d’origine hongroises ou tziganes ou les deux à la fois, coiffé à la séducteur film muet, les cheveux de Rudy Valentino, mais en plus noir. C'est dire. Il nous invita à choisir une des tables et nous apporta trois boissons qu'il posa devant nous. Une vodka, une lozza avec un petit verre d'eau plate et une bière dans une bouteille verte à boire sans verre. Je le regardai, non, je ne le connaissais pas, j'étais sûr de ne l'avoir pas vu avant. Bale le fixait aussi en souriant, comment sais-tu, dans son regard.
– La tournée est pour moi, dit le garçon.
La vodka devant Bale. La bouteille fut mise à côté de Mirko et la lozza et l'eau plate sans glaçons pour moi, comme nous le prenions toujours. Il n'a pas pu le savoir. Mais il l'a su et ceci au détail près.
– Te biles pas, c'est sa tournée, rigola Mirko, il prit sa bouteille et ossa les sourcilles, la bouteille n'était pas trop froide, juste comme il aimait.
Nos boissons terminées, au moment où je voulus me retourner, le chercher de regard pour commander une nouvelle tournée, j'entendis le garçon ouvrir la deuxièmes bouteille de bière, juste à côté de mon oreille et je vis nos verre vides remplacés par des pleins. Tout au long de la soirée, pas une seule fois, il ne nous laissa pas les soins de lui faire des signes ou de l'appeler, pour lui dire le classique, la même chose. Il était là au moment où nos verres et la bouteille de Mirko se vidaient.
La porte était ouverte. Rien ne bougeait sur le parking sauf que l'ombre du toit au-dessus du restaurant s'allongeait et glissais lentement vers les reflets du soleil sur la surface de Danube, au loin. Nous avions échangé quelques mots, au début et depuis nous buvions lentement sans parler ni rigoler. Personne n'entra, nous étions toujours les seuls clients dans la salle. Les tournées venaient, sans être réclamées, en silence et sans changer de cadence. Une légère brise déplaça quelques feuilles sur le gazon du parc à côté de parking. Une d'elles tomba sur la coccinelle.
– Elle est belle la Gigi, non ?
– Oui ! La feuille aussi.
– Oui.
Un courant d'air bougea légèrement le rideau rouge, en face du comptoir, qui cachait, probablement un séparé, une petite salle sur réservation, peut-être. Les tournées venaient et nous ne les comptions plus. Nous ne les comptions jamais, mais jusqu'à la quatrième ou cinquième on est au courant de leur nombre, sans les, vraiment compter mais, après ou bien vous les noter ou bien vous n'avez aucune idée. Nous n'avions aucune idée. Une de ces tournées sans aucune idée nous fut apportée comme les autres, au moment où nous terminons la précédente. Je senti une main se poser sur mon épaule.
– Bonsoir. Ça va, les garçons ?
Une femme, habillée en folklore hongrois mais de toute évidence crée par un styliste. C'était une femme énigme. Vous ne pouvez pas dire pourquoi elle est la plus sexy de toutes. Elle était la plus séduisante, la plus fatale, la plus bandante de tous ce que j'ai vu avant, côté sexe féminin, sans pouvoir dire pourquoi sans savoir si elle avait de grands yeux bleus, vers, noir, même peut-être pas si grands que ça, pas de yeux du tout, si, si, elle est venue sans une canne blanche, sans aucun chien guide, elle a des yeux magnifiques c'est sûr, comme le reste d'ailleurs, ce reste que nous n'avons pas vu, non plus, enfin si mais nous ne savions pas dire si elle était grande, brune ou blonde. Nous savions qu'elle était la plus bandante des femmes bandantes. Elle était brune, oui, la brume se dispersait lentement autour d'elle et nous pouvions la voire finalement en détail, et cette vue confirma l'effet aveuglant du premier moment. Derrière le comptoir, le Hongrois, ou le Tzigane, ou le Tzigane hongrois nous fit signe, c'est bon, les enfants, je comprends, du calme et il l'appela :
- Joulichka, on y va.
C’était, donc elleJoulichka. Nous étions chez elle, chez Joulichka. Valentino se dirigea vers le rideau rouge et d'un mouvement sec et rapide il l'envoya à gauche et à droite en sautant lui-même à côté. Nous fîmes exposés à un vent violent, étourdissant. J'ai cru que j'allais m'envoler, que j'allais être emporté par ce tschardache endiablé que cinq musiciens jouaient en s'avançant vers nous, sortant d'une petite salle qui se trouvait, en effet derrière le rideau. Je vis Bale s'accrocher à la table devant lui. Mirko sursauta et resta figé mi debout, mi assis. Les musiciens étaient des Tziganes. Leurs cheveux brillaient, la peau de leurs visages brillait, leurs yeux brillaient. Le bras du violoniste était difficile à suivre, il le bougeait à une vitesse que l'œil avait du mal à saisir. Tous les cinq sautillaient au rythme de leur musique. Tous les cinq avait des bottes souples et courtes. Ils portaient tous les cinq des roubachkas russes. Le contrebassiste portait une veste blanche, légère qui partait dans tous les sens suivant les gestes deses bras affolés le long du cou de son instrument qu'il tournait enpirouettes, en tournant lui-même autours de lui. Dans un moment où sa veste s'envola un peu plus haut, je pu voir un revolver à la ceinture de son pantalon. Je crus : putain un colt. Mon ignorance ou ma précipitation fut vite corrigé :
-Mais, il a une Beretta le mec, gde smo mi ?
Bale cria sa question ‘'où sommes-nous", sans donner l'impression d'avoir peur de ce qu'il voyait, seulement une énorme surprise. Moi, aussi, de plus avec le doute de la réalité de ce qui se passait et le doute de notre présence dans ce moment et ici. Les Tziganes jouaient en dansant et ensemble ils formaient un tourbillon depuis lequel seule leur musique arrivait s'arracher pour nous prendre dans son propre tourbillon. Même la brillantine ne pouvait pas empêcher leurs cheveux noirs de décoller et de tomber en fouets sur leurs cous et leurs fronts. Valentino tapait les mains et les encourageait, était-ce nécessaire, d'aller plus vite, plus fort plus fou. Quand Joulichka se mit à danser autours du guitariste et même que ses pas ne furent qu'une annonce d'une danse, qu'une invitation à une danse et que ce ne fut que très brèf, au moment où elle finir par éclater de rire, Bale lança son verre de vodka, encore plein derrière lui, d'un geste à la russe, de haut de son bras tendu vers ses pieds dans son dos. Le verre se brisa, suivi du miens que je laissai tomber depuis la table. Tous les trois, nous hurlâmes :
-Toooooo !
Ils jouaient ainsi pendant une heure ou une demi-heure, dix minutes, une éternité, peut-être, et puis les Tziganes s'arrêtèrent brutalement. Ce fut si inattendu et si sec que je manquai d'air. Bale et Mirko vivaient le même supplice, ils se tenaient les cous, leurs yeux grand ouverts, ils étouffaient de vide que ce silence provoqua. Valentino nous sauva.
– Cirilica, ‘ajde, cirilica !
Les Tziganes firent une petite révérence, se dressèrent et le regard complice vers nous ils se mirent à jouer. Bien sûr, c'était la musique dite cyrillique, la nôtre. Joulichka nous servi une tournée et elle montra de son bras. Elle nous désigna la personne qui nous offrait la tournée. Nous n'étions pas seuls ? Je vis derrière nous plusieurs personnes autour d'une table, leurs verres levés : à la santé ! Nous criâmes, à la vôtre et en brisant les verres au sol nous partîmes vers eux pour une embrassade collective qui se termina avec une formation de danse, le kolo que nous dansions autours des joueurs tziganes. Valentino rapprocha nos tables qui collaient maintenant l'une à l'autre. On échangeait les rires, les mots, les tournées, on cassait les verres. Un géant, un pêcheur de Danube, se leva et hurla :
-Ce soir, c'est moi qui paye ! Personne ne paye !Aussitôt me suis-je senti visé et je me révoltai, non, c'est hors de question.
Le géant me regarda pour voir si je rigolais. Je ne rigolais pas.
-Je ne suis pas radin, moi, je t'assure.Bale me tira en arrière.
– Non, t'es pas radin, mais tu es imprudent, voilà. Ferme-la et reste assis.
Je n'ai jamais su qui a payé à l'aube de cette nuit chez Joulicka, sur les remparts de la forteresse de Petrovar. Je me souviens, seulement que je regrettais que Ratko ne fût pas avec nous.
Je descendais vers la gare Montparnasse. Tous les ans j'allais boire une lozza à ‘'La Rotonde ''. Chaque seize janvier, le jour de mon anniversaire. Depuis quarante ans. C'était aussi la date et l'endroit que nous avions choisi pour nous y retrouver si le destin allait nous séparer. Personne n'est venu.
Ma nouvelle canne était, un peu trop courte mais je marchais sans problème. St. Louise blues ! Quelqu'un sifflait les premiers tons de St.Louise blues, notre signale. Je marchais sans me retourner, je n'y croyais pas. Je n’osais pas me retourner. Le sifflement devin plus fort, insistant. Je me retournai. Ratko ! Il marchait vers moi étouffant le sourire pour pouvoir siffler. Il était imposant, il ressemblait à Orson. On se tenait dans nos bras longtemps, sans rien dire. Nous entrâmes à la Rotonde sans, toujours prononcer un mot. Le garçon vint vers nous. Un jeune, brun, d’origine hongroises ou tziganes ou les deux à la fois, coiffé à la séducteur film muet, les cheveux de Rudy Valentino, mais en plus noir. C'est dire. Il posa ma lozza et un verre d'eau plate devant moi. Il allait partir.–Ah, attendez, jeune homme, si vous ne savez pas ce que mon ami boit d'habitude, vous pouviez, tout de même, attendre sa commande, non ?
Il me regarda.
– Monsieur, vous êtes seul, monsieur.
J’ai bu mon verre. Je suis sorti et je marchais vers ma voiture. Je sifflais St. Louis blues. Je sifflais si fort que je pouvais. Quelques passants se retournèrent vers moi.
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mercredi 9 février 2011
Aphorismes
Les vaches se jalousent moins que les filles
Elles ont toutes des gros nichons.
Un matador tue le taureau, on crie : olé
Un taureau tue le matador, on crie : oh la vache !
Une belle vache ne sait pas qu'elle l'est.
Elle croit être à lait.
La lune permet de voir une vache sur Terre.
Ce n'est pas le cas sur la lune
Tous les cons ne sont pas racistes.
Tous les racistes oui.
Une vache est moins dangereuse au volant qu’un taureau
Surtout au feu rouge.
Aller écouter Walkyrie avec une vache
Comporte des risques.
Dans le pays on ne voit jamais une vache qui vole, ma foi
Mais on voit un paysan qui vole une vache, des fois.
http://smarko.blogspot.com/