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Billet de blog 23 février 2024

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Choc des savoirs ou grand bazar dans les établissements ?

Ce ne sont pas seulement les élèves en difficulté qui vont payer le prix fort de la mise en place des groupes de niveau mais toute la communauté éducative.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Tous les syndicats , l’ensemble de la communauté éducative et les spécialistes des questions d’éducation (du moins ceux attachés aux plus nobles ambitions de l’école républicaine), ont dit et fait savoir le danger que représentait la constitution de groupes de niveaux en collège : fracturation, entorse au vivre ensemble, stigmatisation des plus en difficultés etc.

Force est de constater que nos « responsables » politiques s’en fichent. Cynisme, irresponsabilité, navigation à vue ? Quoiqu’il en soit, il semble désormais vain de leur rappeler ce que devrait être l’école. Peut être serait ce plus efficace de les confronter aux réalités pratico - pratiques du terrain.

J’ai lu récemment que la nouvelle ministre, Mme Béloubé, ne souhaitait plus seulement 2 groupes (en français et maths) mais « plusieurs ». Je doute par exemple que ni elle, ni Mme Oudéa Castéra, ni M. Attal se soient déjà attelé.e.s à la fabrication des emplois du temps des profs et des élèves Ne serait ce que çà. Dans les nombreux établissements où les salles sont occupées à plein temps, va- t- on retenir les « faibles » et leurs enseignants de 17 à 18 h ? va- t- on construire des bâtiments supplémentaires ? Après la techno, va-t-on supprimer des heures d’ Arts Plastiques, de S.V.T ou de L.V.2 pour « faire de la place » ?

Constituer les emplois du temps et gérer la répartition des moyens alloués par les D.H.G (distribution horaire globale) n’est déjà pas simple en période de « vaches grasses » ce qui ne sera visiblement pas le cas cette année.

Je suggérerais que quelques chefs d’établissements les invitent à venir « jongler » *avec eux entre les multiples contraintes qu’ils doivent concilier afin qu’ils prennent la mesure du casse tête qu’ils- elles imposent et des frustrations qu’ils vont créer. Comme si les enseignants avaient besoin de ça !

Et tout cela pour quel résultat ? Pour mettre sur une voie de garage (sur le bas côté) les gamins qui auraient bien besoin de réel soutien et d’encouragements. Comme si, en outre, leur niveau avait mystérieusement baissé durant l’été précédant leur entrée en 6ème.

Et notre Président avait lancé l’idée de proposer du théâtre . Ben voyons !

* Cela se fait en général au mois d’août qui n’est pas période la plus chargée de nos représentants politiques. Ça tombe bien !

Christine Escarguel (Prof. retraitée ayant enseigné majoritairement dans des établissements en ZEP ou assimilés )

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