Petite chronique d'un confiné... moscovite

Après un mois de confinement, quelques scènes de la vie moscovite en ces temps de corona virus.

Chronique d'un confiné... moscovite. Pas de gingembre ni de citron pendant quinze jours... puis un retour sur les étals à plus de 8€ le kilo pour les citrons... La raison ? Les recettes de babouchkas (la version russe des recettes de nos grand-mères) qui préconise cette racine et ce fruit contre le coronavirus ! Les rues sont vides mais les trams circulent à la cadence habituelle mais avec très peu de voyageurs quand ils en ont. Quand on sait qu'il faut une bonne raison et un QR code délivré par sms pour prendre les transports publics on comprend le peu de voyageurs. Par contre pratiquement toute les rames véhicules les sdfs de la ville !

 

Chronique d'un confiné... moscovite 2. La Russie n'est pas réputée pour ses relations sociales favorables aux employés. Avec cette épidémies, les entreprises , en particulier les commerce ont modifié leurs habitudes. Alors qu'ils sont souvent ouvert 12h voire 24h, les commerces alimentaires, les seuls ouverts en ce moment, ont réduit drastiquement leurs horaires d'ouverture, une dizaine d'heures en général et même ils accordent une journée de relâche à leur personnel... Par contre la moitié des magasins sont fermés et leurs employés au chômage peut ou mal indemnisé... Les rues sont vides à part pour les taxis et les livreurs à vélo jaune (Yandex eda), vert (deliver club) et les balayeurs (orange)... Un lumpen corvéable à merci, virus ou pas virus...

 

Chronique d'un confiné... moscovite 3. En ses temps de confinement le chien est une bénédiction... C'est tout d'abord un laisser-passer évident pour pouvoir échapper au cercle de 100 mètres de diamètre pour pouvoir faire ses courses, il vous oblige à sortir deux fois par jour alors que les courses pour le ravitaillement ne sont pas censées être quotidiennes... En plus un chien a besoin de marcher un peu et donc le quota d'une heure peut être dépassé ! Par contre difficile de trouver un lieu pour la promenade avec la fermeture des parcs, square et autres lieux propices. Avant même le début du confinement les grands parcs moscovites (Gorki, Kolomenskoe, Sokolniki...) ont été fermés par oukaz du maire, mais ensuite ce fut le tour des squares, puis des voies qui traversent les pelouses... Déjà qu'en temps normal les chiens ne sont pas les bienvenus dans ces lieux à cause du zèle des personnels de la voirie et que les pancartes plus ou moins spontanées fleurissent menaçant les contrevenant d'amendes salées... Une vie de chien !

Chronique d’un confiné... moscovite 4. Aujourd’hui, grande expédition : nous devons nous rendre chez le dentiste en urgence. Deux soucis, le dentiste étant lui-même confiné il doit se dé-confiner pour nous accueillir et nous nous devons obtenir un passe électronique pour avoir le droit de prendre le métro... Pour cela il faut être enregistré dans la ville de Moscou, avoir un passeport et une carte de métro pour obtenir le précieux sésame : après plusieurs essais infructueux... c’est fait, mais pas pour moi, car je suis étranger, mon passeport est refusé... Reste une alternative le taxi en espérant qu’on ne nous demande pas le précieux sésame. 10 minutes plus tard, dans des rues quasiment vides, où errent des taxis en maraude nous voilà près de la Place Pouchkine. Au retour nous tentons le diable : rentrer à pied ! Sans problème en près d’une heure de ballade pas un contrôle des flics oui mais les uns gardaient la porte de la mairie de Moscou, les autres le corps de Lénine sur une Place rouge vide ! Par contre les activistes du pont Nemtsov ont quitté le pont... vaincus par le confinement !

Chronique d'un confiné... moscovite 5. Le passage au confinement a changé les habitudes alimentaires. Tout d'abord on est passé d'un repas par jour à la maison à 3. Toutes les cantines, cafés, bars, restaurants qui accueillaient en masse les clients à midi y compris dans leur terrasses ont fermé du jour au lendemain et il a fallu cuisiner à la maison. Drôle d'oukaz qui ferme les boulangerie et les salons de thé mais laisse ouvert les vendeurs d'alcool. Personne n'étaient vraiment prêt d'où un vent de panique les premiers jours pour se procurer les denrées nécessaires. Le mode d'approvisionnement a aussi été modifié plus de grandes virées à l'hypermarché retour au produkyti du bas de la rue ou à la livraison. D'autant plus qu'avec les restrictions d'éloignement un rayon de 100 mètres les possibilités s'amenuisaient... L'assiette elle-même diminuait, moins sollicité le corps réclamait moins, l'appétit diminuant, il a fallu jouer sur la variété plutôt que sur la quantité... Les magasins luttant pour leur survie ont commencé à brader qui des mangues, qui des ananas, qui de l'avocat.... rendant accessibles des denrées vendues habituellement au prix de l'or...

Chronique d’un confiné... moscovite 6. Pour ce dernier jour avant les vacances, jetons un œil sur cette fameuse continuité pédagogique qui fit couler un peu d’encre. Habitué à la classe, il a fallu faire école à la maison, une véritable révolution culturelle. Commençons d’abord sur les avantages : plus de problèmes de transports, plus d’appel et de papier à remplir, pas de bruit dans la classe, il suffit de couper les micros des élèves pour être au calme et plus de vision d’élèves affalés devant soi dès 8 heures du matin... Ces petits détails ne sont pas anodins. Dans la rubrique étrange il faut citer la liaison avec un élève dévalant sur son skate les pentes à Krasnaia Poliana, les tribulation d'un élève réfugié mais confiné au Mexique ou les conversations erratiques avec des élèves confinés à la datcha des parents ou grands-parents. Il a fallu aussi repenser l’évaluation fini les notes, les dissertation sur table, bonjour les QCM, pas facile de transformer une dissertation en suite de questions binaires, et l’évaluation par compétences ! L’ingéniosité des élèves s’est révélée en prenant possession des différents logiciels arrivant parfois à couper le micro aux profs, expulsant les camarades de la visioconférence...

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