L'appel du 8 décembre

Quand les urgences sociales, écologiques et démocratiques n'attendent plus le "messie", elles doivent se regrouper pour enfin lutter avec force et unité contre les politiques destructrices du bien être humain sur un planète en péril.

Les orphelins de la sociale écologie !
« Abandonnés ! » « Déçus ! » « En colère ! »
Ces mots que l’on a pu entendre le 29 aout 2018 suite à la démission de Nicolas Hulot du gouvernement, ont fait écho
ce mardi 15 octobre 2019, chez les militants de Place Publique. Claire Nouvian, prix Goldman 2018 (équivalent du
prix Nobel de l’écologie), quitte le mouvement politique qu’elle avait fondé avec Raphaël Glucksmann.
Ces deux figures du militantisme écologiste associatif, ces combattants radicaux, mais toujours respectueux des
institutions, pour la préservation de la biodiversité, ces personnalités médiatiques entières et passionnées par les
missions qu’ils se sont données pour la planète… Que nous laissent-ils ? Quels messages veulent-ils nous faire passer
à travers ces sorties médiatiques créant le buzz ?
L’image des étudiants et lycéens qui depuis des semaines se mobilisent partout en France et dans le monde,
l’ascension médiatique du « presque prix Nobel de la paix », cette jeune norvégienne de 16 ans, auto-proclamée,
symbole du combat pour le climat, aussi bien adulée que critiquée, la floraison d’associations, de collectifs pour les
luttes contre les pesticides, pour la sauvegarde des écosystèmes terrestres ou marins, les rapports scientifiques qui
se succèdent, GIEC 1, GIEC 2, nous alertent et nous informent sur la tournure désastreuse que nous réservons à
notre monde.
Mais cette prise de conscience citoyenne ne suffira pas à ralentir la course au dérèglement climatique ! Les volontés
individuelles ne permettront pas d’arrêter la sixième extinction de masse de la biodiversité !
Nous avions confiance en votre force, votre abnégation et beaucoup d’entre nous affirmaient qu’enfin « les experts
dans leur domaine, ceux qui savent de quoi ils parlent, prennent la place qu’ils doivent avoir pour que leurs idées se
propagent ». Vous avez donné beaucoup d’espoir à tous ces militants du quotidien.
Alors il va falloir assumer, vous ne pouvez pas nous laisser comme ça, sur le bord du chemin. Vos connaissances bien
plus prononcées que les nôtres vous obligent à ne pas abandonner. Votre responsabilité de personnalités
médiatiques vous oblige à poursuivre le combat dans l’arène politique pour qu’enfin ce soit les bonnes âmes qui
gagnent à la fin !
Nous sommes lassés d’attendre le « leader », « la femme ou l’homme providentiel(le) » qui se révolte
éphémèrement sur les plateaux de télévision et qui s’évapore dans la nature. Nous n’attendrons plus le prochain !
Nous continuerons à oeuvrer dans nos territoires et nous continuerons même si le combat semble déjà perdu !
Mais vous n’êtes pas les seuls responsables de ces échecs, peut-être aviez-vous besoin de soutien ?
C’est évident !
Ce combat personne ne peut le mener seul. La puissance que vous affrontez est d’une grande robustesse et votre
ennemi bien plus armé que vos associations ou fondations. Alors l’appel doit être général, la révolte collective :
Audrey Pulvar, Aurélien Barrau, Delphine Batho, Laure Ducos, Pierre Rabhi, Yannick Jadot, Claire Nouvian, Nicolas
Hulot, Vincent Verzat, Clémentine Autain…
L’enjeu dépasse les joutes partisanes, les guerres d’égos de la « petite politique ». L’écologie est tout simplement
notre avenir. Elle relève d’une philosophie politique. C’est le socle sur lequel peut se développer une société
humaniste.
Une date ? La journée mondiale pour le climat, le 8 décembre 2019 ! Nous sommes certains qu’un quotidien, comme
cela s’est fait pour les gilets jaunes, vous ouvrira volontiers ses locaux pour permettre enfin cette table ronde que
nous attendons tous ! Nous les écologistes, les humanistes, les féministes, les citoyens engagés que vous ne pouvez
abandonner !
Retrouvez-vous et retrouvez-nous !


Christophe Estève.

Professeur au lycée français de Concepción au Chili.

Co-fondateur de « citoyen pour le climat à la Réunion ». 

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