Esthétique de la pauvreté (sixième partie)

Ecrire est devenu une activité vulgaire. Ici, ne sont que pensées de fou se sachant fou, donc maîtrisant parfaitement toute déviance punie par la loi, par la psychiatrie. La santé avant tout ; c'est la littérature ! Le corps empêche de faire autre chose qu'enseigner, analyser et écrire. Car les institutions ne veulent pas de "fous"- tels qu'ils les croient "outisders"... Telle est la "vox pupuli".

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Au commencement était le manque...

“Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! (...) Les prolétaires n’ont pas de patrie." "L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes."

"Avant la Révolution, la nation était partagée en trois classes, savoir : les nobles, les bourgeois et les industriels. Les nobles gouvernaient, les bourgeois et les industriels les payaient. Aujourd’hui la nation n’est plus partagée qu’en deux classes : les bourgeois et les industriels."

"L’exploitation de l’homme par l’homme, voilà l’état des relations humaines dans le passé […]. Les hommes sont donc partagés alors en deux classes, les exploitants et les exploités." Karl Marx (1818-1883)

Donc, allons bon..., l'absence de travail parce que les employeurs ont peur de mon handicap et de mon état transgenre - c'est cela qui porte à être dans le rien. Juste la politique libertaire se développe dans un cerveau du fait - non de ne pas pouvoir travailler mais de n'avoir que des réponses négatives depuis cinq ans.... - de la peur. Les employeurs n'aiment pas les individus intelligents. Il ne désirent pas être dominés dans un service par plus sagace qu'eux ! La réalité est neutre. Ni méchante, ni gentille. Ce ne sont que des rapports de force animaux qui gouvernent...

Je suis pauvre et arrogant, rempli d'énergie . La vie n'a aucun sens. Car je n'ai aucun talent. Bon qu'à l'onanisme, je suis. Le vide reste un univers de bonheur. Je ne dis rien de ce que je ne connais pas et cela est vite fait : n'ayant pas fait d'études, pas lu de livres ; et n'aimant pas le sens que l'on donne toujours à la vie - je reste très joyeux. Le soleil me suffit. Les fumées de cigares et surtout les bouteilles de vin, pour moi c'est l'orgasme constant. Jouir : éjaculer, c'est le pied. Je n'ai jamais rien attendu de la vie en dehors des plaisirs. Regard vide, cerveau vide, corps avachi sur le cabinet de toilettes ma seule production est fécale. Et en fait, c'est de la nourriture que j'ai acheté qui m'anime... Rien ne me satisfait plus que le bonheur de respirer. Toute mon énergie est tournée vers la lubricité. Faisant de mon mieux pour ne pas souffrir, dans la mesure où je hais la souffrance ; je vogue de plaisirs en plaisirs. Ignorant. Inconnu. Rester anonyme est un geste artistique. Même écrire ces mots est déjà de trop !

(25) Pourquoi parler de soi ? La lutte des classes pourrait suffire. La question du sujet "je" n'a finalement jamais été résolue. Il est possible que ce sujet soit une fiction. Comme il est tout autant possible que cette catégorie nous parle, de manière politique ; à tout un chacun Nous ne vivons pas seuls à travers les groupes sociaux, nous sommes responsables de nos dires singuliers.. Ecrire un journal intime est un acte politique. En ce sens qu'il relève du fait de sauver sa peau. La politique est reconnue, dans les corps concrets, vulnérables - engrammes dans des comportements individuels qui s'éploient dans le collectifs, ils sont un langage écrit ... érotiques !

Combattre le nihilisme !

L'absence de différenciation des sexes, n'est pas un fait absurde. Il s'agit, à chaque fois, d'histoires individuelles ; où les individus travesti(e)s, transgenres, transsexuels, intersexués etc. ont vécu un traumatisme (biologique ou psychologique), c'est souvent une fêlure vécue durant l'enfance. En aucune façon il ne s'agit pas d'essentialiser les sexes (il n'y pas - si l'on prend en compte les sciences biologiques sociales et cliniques - d'âme déposée par dieu dans les corps) . Car l'on ne naît pas traumatisé. On le devient. Le devenir femme ou le devenir homme est lié à des histoires singulières. Ainsi, émerge un nouveau genre. Comprendre l'histoire individuelle des individus est essentiel pour s'ouvrir à leurs trajectoires de genre. Ces devenirs sont incertains, chaotiques et errants. Les transgenres sont le paradigme d'une singularité renouvelée. La petite histoire rejoint la grande Histoire ; en ce sens que le trajet neurologique et culturel crée une posture politique subversive, révoltée face aux dites lois de la nature. En effet, dans le règne animal tous les croisements de genre existent. Certaines espèces animales sont hermaphrodites, d'autres bisexuelles, d'autres homosexuelles, mais il faut toujours ne surtout pas confondre l'orientation de genre sexuel et l'orientation sexuelle.

Cela étant dit, le modèle animal est des plus diversifié. Mais l'être humain, du fait des croyances religieuses, racistes, naturalistes etc. reste dans l'illusion de catégories anhistoriques. Ce qui importe est toujours le croisement entre la petite histoire et la grande Histoire. Les fêlures subies durant l'enfance sont souvent non saisies par les personnes concernées car elles demeurent inconscientes. Comme la grande Histoire porte son insouciant Culturel elle porte ses inconscient - ses mythologies - subjectives. Or le nihilisme contemporain consiste dans le fait de nier la diversité des parcours singuliers (génétiques et psychologiques). Aimer son prochain, c'est s'aimer sans son altérité de l'intérieur. L'amour profond de la féminité ou de la masculinité qui réside en nous fait toujours affleurer : une odeur de paix.

Je suis un malade érotomane chronique. L'angoisse est devenue mon vrai métier. Psychanalyste de formation, je suis à l'écoute de tous. Mais l'on ne me paie pas encore pour cela... Par devers les longues études de philosophie et de sociologie je suis devenu - suite à trente trois ans de suivi psycho-thérapeutique - chargé de cours (formateur) en santé publique, analyste, travesti et patient-expert. Savant, le suis-je ? Original. Sur les sites transgenres qu'est-ce qu'il y a ? Beaucoup de personnes masochistes, comme moi. Nombre de pervers sadiques s'y baignent, comme dans une marre. L' érotomanie est une drogue dure. Comment sortir de cet état où l'individu prend du plaisir à souffrir ? Au fond - la plus part du temps - on ne peut pas. Pourquoi s'en échapper ? Car le masochiste est déjà guéri. Accepter son a-typicité, la chose relève de l'anomie. La santé est un corps silencieux. Elle consiste à se réadapter, sans cesse. Et, c'est en cela que je ne m'adapte pas au Mur de la réalité. Sur ces sites donc, ça fantasme à bloc. Les travesties se veulent musulmanes voilées. Des blacks et rebeus se veulent servis. Quid de la réalité ? Ce phénomène actuel de paupérisation de la pensée est patent. Il s'agit donc de bestialité, sous couvert de sadomasochisme. Ainsi, j'agis à l'instinct. Aimant. Surtout en désirant mordicus le partage, la transmission des idées. Je ne sais si j'ai une bonne santé. Quoi qu'il en soit, je reste disciple de Diogène. Tout cela est onaniste. Franchement, anticonformiste !

C'est parti pour recevoir un coup de téléphone de ma mère. Toujours aussi hésitante, malhabile en matière de langage, se perdant entièrement dans la technologie : appuyant sur les touches du téléphone, n'arrivant pas à s'éloigner avec le téléphone mobile pour entendre clairement ma voix - restant dans les mots de mon père, dans la voiture certainement... Car mes parents ont passé une grande partie de leur existence en voiture ! De plus belle, on n'entend rien, ça repart le brouhaha ; et elle fait silence, sans rien entendre, elle hésite toujours, ne comprenant pas parfois la logique de mes phrases etc. Ce sont les gens les plus aimants que je connaisse, mes parents. Mais soumis, aliénés, dé-autonomisés psychiquement, ce qui jamais ne fut de leur faute, dans la mesure où ils sont tous deux venus de milieux paysans très assez défavorisés. Ma famille adoptive est de souche paysanne. Entre le Lot (côté maternel) et l'Aveyron (côté paternel) les terres tiennent lieu de politique. La langue est rustre, mais pas bête. La culture paysanne est une autre manière d'être en bonne santé. Gaillard ! Evidemment, je n'ai que très peu suivi cet exemple... Voire pas du tout, dans la mesure où je suis devenu androgyne hériter - dans la boisson - de Bukowski.

Le soir, c'est comme si demain n'existait pas. Mais dés le matin je volcanise...

Au petit jour frais, tout commence.

Être viscéralement de gauche : pour l'amour des pauvres...

"Ce que nous évitons de connaître de nous-mêmes, nous le rencontrons plus tard sous la forme du destin". Carl Gustav Jung

Il y aurait, peut-être ?... des gens plus simples à comprendre que d'autres. Le fait d'aimer porter de la lingerie - cette mélancolie assurée- pour un homme de sexe mâle, n'est pas une chose facile à comprendre pour la plus part. J'ai la chance immense d'être compris par une minorités d'individus. Bien des individus n'ont pas un esprit fini..., immature et dénué de toute psychologie. Ils ne voient l'expérience d'autrui, qu'au prisme de leur propre expérience de vie. Ni handicapés sensoriels, ni abandonnés à la naissance, ni en manque affectif donc maniaques des toxines. Du coup, ils n'ont aucune empathie face aux histoires singulières. Ceci, dans la mesure où ils n'arrivent pas à prendre de recul et réfléchissent uniquement à partir de leur vécu. Je trouve cela pauvre. Médiocre. Triste. La compréhension n'est pas leur affaire, mais ils n'y peuvent rien, car c'est le naturalisme engendré par les bêtises de l'éducation qui fait de leurs cerveaux des larves - non formés donc encore moins déconstruits - Ils n'y peuvent rien... Vivons pour celles et ceux font des efforts pour nous comprendre !

Le Grandes Révoltes, une fut traitée à l'Université Populaire du Quai Branly : “La révolution d'octobre 1917 en Russie”. C'est triste à dire, mais si le sang ne coule pas - comment parler de révolte...? Quand le peuple se révolte, c'est qu'il a faim. Or ni le handicap, ni ma pauvreté, ni la transidenité, ni un supposé destin de faible n'est foncièrement révoltant. Ce qui, à la limite, pourrait être révoltant est le fait qu'un peuple ne soit pas compris par les dirigeants. Se connaitre revient aussi à connaitre la politique qui nous entoure. L'amour de la pauvreté vient quand Sisyphe a déjà fait un long chemin. Quand, du fait de la souffrance de la maladie de l'esprit ; il n'y a rien d'autre à faire que : recommencer à porter son rochet.

(26) Dans les milieux pauvres, les personnes âgés - qui ont vécu la seconde guerre mondiale – ont souvent peur de ne plus avoir assez d’argent pour subvenir aux besoin du foyer. Il est question d’argent, il s’agit de « faire briller ». Que ce soit à travers le ménage fait par la femme, toujours fée du logis ou les bijoux de pacotille, les cheveux lisses ou diverses crèmes, la brillance qui est de mise est capitalisée. Du côté des jeunes hommes, le fantasme se porte sur la voiture – une BWX, blanche noire ou bleu foncée qu’il s’agit de lustrer, cela permet de se sentir exister à partir d’un objet. Chacun, selon son milieu social se hisse sur les atouts ou les avoirs matériels qu’il peut avoir – lesquels sont plus ou moins représentés dans les mythologies populaires. J’ai pu constater que dans les milieux dits pauvres, (des « gens de peu ») ou de la petite classe moyenne ; le sentiment d’avoir – associé aux valeurs de possession d’autrui – est perçu comme une vertu cardinale. En ce sens que l’existence de l’âme et son socle « monothéiste et naturaliste » ne peut jamais être réellement remis en question. La décence commune revêt également un caractère intuitif, spontané, parfois même anti-intellectualisme, même si ce dernier aspect demeure fort rare, car les individus ne veulent pas être stigmatisés, rattachés à une image ou une identité déterminée. Mais souvent, toute critique de l’existence de l’âme (de l’amour, de la filiation, de la nature biologique etc.) est presque systématiquement invalidée. Dans ma famille, on dit aisément d’une manière « naturelle » : « la discussion est close…, on arrête là ! ». Le tabou de la critique, cette déconstruction de préjugés est très prégnant. La famille est ainsi considérée comme une valeur sacrée, inébranlable !

(27)  Le philosophe reste pauvre, la médecin s’en sort... Et ?

De la pauvre dualité : corps et esprit, nous ne sommes pas sortis. La médecine s'occupe du corps somatique. La philosophie s'occupe du langage. On peut aussi penser que le corps n’est que langage et s’opposer au dualisme corps et esprit. Pourquoi est-ce que je parle de philosophie et de médecine, dans une perspective de pauvreté ?

La chose est simple. Le philosophe doit prouver son savoir, chaque jour... - de la sorte se montrer compétitif, en produisant des discours, des textes, des livres, des conférences, des dispositifs pédagogiques. Alors que, le médecin, de son côté - par l'entremise de ton titre - reçoit des patients remboursés par la sécurité sociale et en un sens, toute sa vie durant fait fructifier ses années de lourd apprentissage. En première année, un écrémage se fait par une lourde sélection de "numerus closus", en troisième année et cinquième année s'opèrent progressivement des sélections en vue de l'externat et surtout de l'internat qui est finalement une ultime ligne droite ver le métier de médecin -. Ainsi, une fois arrivé en huitième année voire en douzième, l'on peut se dire que si l'on tient le choc de la clinique, la vie économique sera plus paisible. Mais il n'en est évidement pas de même du côté du langage, plus tordu...plus abrasif...plus revêche... avec lui, la philosophie n'a pas fini de harceler le dit philosophe. Là où le médecin gagne en sérénité économique, le philosophe gagne en intranquilité conceptuelle. D'autant que ce dernier est toujours la dernière roue de la société - comme le poète...- et tant le médecin est sur-sollicité tant le philosophe est évité !

Nous n'avons pas à nous y méprendre, la vocation existentielle du philosophe n'est-elle pas de rester pauvre ? Le médecin, lui s'il ne devient pas poète, psychanalyste ou homme de lettres... reste dans les nuances absconses de ses paradigmes scientifiques. L'avantage de devenir un homme de culture demeure dans la sculpture psychique de sa propre vie. L’homme de lettre s’alimente et digère les mots ! Ce qui est fort malheureusement et rarement le cas des médecins - non lettrés, non aèdes, non artistes etc.-.

Nous pouvons, à la manière d'un sage Romain continuer à entretenir nos légumes, jardinier à loisir, érotiser notre discours à l'aune de délicatesses onanismes en caresses sucrées et partagées avec nos pairs...- vivre en épicuriens dans notre petit jardin - observer la nature toujours plasmatique, changeante à l’instar de cette eau qui n’est jamais la même... - magnifier la culture... !

Resteront les pensées du script, pas les corps...!

(28)  “ Ouvre grand tes oreilles ma jolie : pourquoi t’allumes pas la mèche de ton tampon pour te faire exploser la tirelire ? parce que toi c’est vraiment le seul moyen que t’auras jamais pour te faire sauter ”. Priscilla dans le film “folle du désert”.

 

Le combat aux tripes : ... physiologie de la vulgarité

D'ici 1 mois, cela fera 6 ans que je suis au chômage. Sur-diplômé et très bien formé aux sciences humaines et cliniques - le fait d'être déficient visuel et transgenre assumé ; c'est ce qui me met dans une positon de discrimination quand à l'emploi. Des lettres envoyées avec cv ? Cela se compte par milliers !

Je me débats ! En septembre, je vais aussi entamer ma sixième année de cours vacataires en santé publique et occasionnellement cours de psychosociologie du handicap. J'ai la haine face à tous ces psychologues ou médecins ou coachs décérébrés mais favorisées socialement et économiquement, qui travaillent eux. Mais qui sait ? Hier, j'ai réussi à savoir comment obtenir un lieu où recevoir des patients en banlieue. Et puis, j'attends aussi la réponse à mon projet de thése en psychobiologie CIFRE (convention entre entreprise et un laboratoire de recherche) le but étant d'être boursier - ce qui s'adresse à très peu de monde en sciences humaines... Je vais vers mes 39 ans et je me démène comme un malade pour trouver un travail. Car mon genre, ma manière de vivre ma sexualité ne sont pas socialement admis. De nos jours nous faisons face à un monde d'esclaves volontaires qui ne pensent pas - donc n'ont pas à protéger leur cerveau par le filtre de la pensée et des images... Faire les courses, se baigner dans la piscine, s'occuper des gamins, bricoler, jardiner, baiser régulièrement, regarder des films le soir, aller au travail, circuler en voiture ici ou ailleurs, aimer leur famille et être pour l'unité de la Nation, telles sont leurs jouissances... Eh bien, oui tant mieux pour eux. Ils ne passent pas leur temps à se battre eux, ces chanceux ! Ce sont des gens normaux, donc on peut dire ennuyeux. Aucune richesse intérieure , leur paysage mental : zéro ! Ce sont les mêmes qui - ne comprenant rien à mon système de défense face à la réalité - me disent : "Tu réfléchis trop" . Mais, Madame, Monsieur ; réfléchir, c'est pareil que prier, c'est vivre pour un Dieu intérieur, c'est une forme de Djihad contre la vulgarité...! Le matin je culpabilise du fait de mes abus, l'après-midi je désirerais ne pas toucher le soir venu à ces drogues qui me permettent d'équilibrer mon agressivité, le soir je replonge... Car oui, vivre : sans sexualité, sans travail régulier, sans famille qui apprécie et ose lire ce que vous écrivez et bien évidement sans aucune identification à la Nation ; à 39 ans moins malins et héros que moi moult jeunes hommes en auraient terminé !

Un grand homme, l'écrivain et sémiologue Roland Barthes (1915-1980), a dit un jour que «la politesse est plus généreuse que la franchise, car elle signifie qu'on croit à l'intelligence de l'autre». La vulgarité - que l'on perçoit dés que l'on passe le pas de sa porte pour rejoindre le zoo de la masse inconsciente - reste un phénomène réflexe de protection qui consiste à ne pas chercher à comprendre l'Autre, à ne pas chercher à entendre : la faiblesse, le handicap, la maladie, les accidents de la vie, la pauvreté, la vieillesse, les situations de celles et ceux que vivent en opprimés. Dans tous les cas, chacun conserve son inconscient, ses croyances; ses mythes personnels. Donc il est vain de chercher à convaincre quiconque. La pédagogie ne convainc que des convertis. Prêcher est une activité de moine du Désert. La personne vulgaire - à travers son antisémitisme, son racisme, son homophobie, son amour de l'identité, du dogme etc.- est sûre d'elle-même, car elle se croit normale et libre. Or il est bel et bien vulgaire de se croire libres. Quelques uns arrivent à l'être dans un rapport mystique, cosmologique et politique au monde. Ils demeurent fort rares. La physiologie de la vulgarité repose sur un corps rigide, sûr de lui même - parfois machiste, ou de femme hautaine et fière. Ainsi le corps de la personne vulgaire est autant, celui d'un être familier et pataud voire mou (l'on dit parfois "le tout venant": n'ayant pas l’esprit vif et réactif) ; ne cherchant pas l'aristocratie du langage correct, précis, érotique car faisant jouir... En somme, en pas être vulgaire, c'est être curieux, vif, empathique et ouvert à l'Autre.

Scholem à Benjamin, le 30 juin 1939 écrivait dans "Théologie et utopie. Correspondance 1933-1940" : "La chance de préserver une implantation viable en Palestine à travers le monde de la prochaine guerre mondiale est tout aussi compromise par nous-mêmes que par les Anglais ou les Arabes. De notre côté aussi, des atrocités se préparent, et je frémis dès que je tente de réfléchir à ce que pourraient être les conséquences (...). Ta situation, que je crois bien comprendre, est menacée et je n'ai rien de censé pour y remédier. Il se peut même que les conditions techniques d'une visite ici de ta part soient, dans les conditions actuelles, impossibles à remplir" Quid alors de la séparation, de la ségrégation, de la haine des minorités ? La vulgarité. Du latin vulgaris, de vulgus, « foule, commun des hommes », « multitude ». La foule est neutre est donc - jouissant de ses pouvoirs sadiques - de droite dominatrice (conservatrice) et libérale patronale (adaptée au marchés). Ne pas être vulgaire s'adresse aux individus bien mis, élégants ; aimant plus que tout la peinture de la Renaissance. Aimant plus que tout la liberté de l'improvisation, même dans la pauvreté. Le pauvre esthète qui abhorre la vulgarité a une pensée originale, une grande maturité, ce qui le porte à être un homme ouvert au Monde. La vulgarité ne cherche pas à entendre le cosmos. Sexuelle, elle a omis toute discrétion. Elle se dit dénuée d'errance... Tout refus de voir les difficultés de vie est une mort. Assurément, la personne vulgaire dit : "Je suis fort ou forte". Et à partir de là, elle n'assume pas sa parole son nom, elle a peur d'être elle-même. La plus grande condamnation qui puisse être faite par les êtres vulgaires est : de n'être personne. Le courage d'être soi est un caractère aristocratique. Anti-binaire. Complexe.

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