Ce dicton, issu de la sagesse populaire, me fait penser, en terme de littérature, au style, qu'on dit parfois moins travaillé, de certains livres à succès, l'un n'empêche pas l'autre, de la littérature mondiale du rayon underground. Ainsi, il me semble que je peux classer dans cette catégorie le roman "Sur la route" de Jack Kerouac (Paris, Éditions Gallimard, 1960, pour la traduction française) qui est connu pour être un grand roman américain et mondial sur la vie des beatnik amateurs de jazz be-bop, de voyages et de liberté.
Sa lecture il y a quelques années m'avait, sans doute parce que mon style à moi était plus marqué par un rythme et même des sonorités plus proche de la prose poétique, avec souvent dans mes phrases le respect des pieds et des rimes, me parue un peu difficile, pour cette raison et sans doute aussi à cause d'une fatigue persistante. Pourtant, j'aurai adoré lire ce livre de Jack Kerouac.
Je pense justement que mon évolution d'écrivain s'est faite jusqu'à présent dans le sens d'un style moins poétique et plus libre. Pour des raisons qui n'appartiennent pas qu'à moi, je pense que mes lecteurs trouvent dans mes livres la même exigence d'authenticité et de liberté. Moi qui peut être considéré comme un auteur exigeant, je me sens aussi underground. Je ne m'en plains pas.
Et je n'oublie pas, pour être précis, que la traduction de Sur la route que j'ai lue ne pouvait sans doute pas s'exempter d'altérer au moins le rythme des phrases et les assonances et les allitérations comme c'est inévitable en traduction, cet art littéraire qui nous fait toujours "trahir" la version originale, comme l'on dit en espagnol : "Traductor ¿traidor?, c'est-à-dire en fait jamais, mais aussi toujours. Il n'existe en fait dans tous les dictionnaires bilingues édités dans le monde qu'une traduction pour un seul mot, un seul, un nom commun, un métier, celui de psychanalyste.
Le printemps arrive. soyons prudents, car le respect de notre planète la Terre devient, selon les médias d'information, une nécessité absolue pour nous tous et pour le gouvernement français actuel. Les partisans et sympathisants de l'écologie politique avaient dit vrai, même si le principe de précaution inscrit dans le Droit français ne doit pas en toutes circonstances être pris à la lettre, comme on pouvait le prévoir, car il concerne aussi la personne humaine et le respect qu'on lui doit de se définir différemment de l'ensemble de toute réalité, car elle n'est pas du règne minéral, et du règne du vivant, elle se distingue par sa conscience réflexive, et toutes les conséquences d'avoir fondé la Raison à partir du Cogito, qui inclut le doute, donc l'incertitude comme condition de la preuve que nous existons, le ressentons, sommes vivants et en tant que sujets. Et la conscience est aussi la conscience que l'inconscient existe, comme pour nous les psychanalystes de l'inconscient freudien, de l'inconscient lacanien et, donc aussi la part de pensée et de parole des sujets auparavant restés en deçà de l'accès à l'inconscient défini comme structuré comme un langage par Jacques Lacan en terme de compréhension de cette leur réalité et d'accès aux entretiens psychanalytiques et qui désormais le peuvent, comme je l'aurai pour l'instant enseigné et pratiqué avec... (ils choisiront de le ressentir, de l'exprimer et de le dire à leurs façons, eux mes analysants) ... étonnement joyeux, dis-je moi.
Christophe Gervot, écrivain et psychanalyste, le 17 mars 2023