Christophe Gervot (avatar)

Christophe Gervot

Blogueur engagé, à ce titre et comme artiste auteur publié et auto édité, psychanalyste praticien et chercheur, musicien auteur, seul auteur des paroles de ses musiques jusqu'à présent, auteur de textes littéraires ou non, artiste plasticien et artiste visuel digital auteur d'oeuvres numériques vidéos, également connu sous le nom de GoldenCangré, de Christopher Reed, et de Christopher Wordy Aliens, et qui signe parfois de façon abrégée ainsi : ChG, traducteur interprète et enseignant formateur comme entrepreneur individuel de droit français en tant que travailleur indépendant, depuis les premières fois en avril 2004

Abonné·e de Mediapart

98 Billets

0 Édition

Billet de blog 30 mai 2019

Christophe Gervot (avatar)

Christophe Gervot

Blogueur engagé, à ce titre et comme artiste auteur publié et auto édité, psychanalyste praticien et chercheur, musicien auteur, seul auteur des paroles de ses musiques jusqu'à présent, auteur de textes littéraires ou non, artiste plasticien et artiste visuel digital auteur d'oeuvres numériques vidéos, également connu sous le nom de GoldenCangré, de Christopher Reed, et de Christopher Wordy Aliens, et qui signe parfois de façon abrégée ainsi : ChG, traducteur interprète et enseignant formateur comme entrepreneur individuel de droit français en tant que travailleur indépendant, depuis les premières fois en avril 2004

Abonné·e de Mediapart

Psychanalyse : Que propose la psychanalyse ?

Ce texte est une réécriture d'un texte rédigé pendant mes études de psychologie à l'université Rennes 2.

Christophe Gervot (avatar)

Christophe Gervot

Blogueur engagé, à ce titre et comme artiste auteur publié et auto édité, psychanalyste praticien et chercheur, musicien auteur, seul auteur des paroles de ses musiques jusqu'à présent, auteur de textes littéraires ou non, artiste plasticien et artiste visuel digital auteur d'oeuvres numériques vidéos, également connu sous le nom de GoldenCangré, de Christopher Reed, et de Christopher Wordy Aliens, et qui signe parfois de façon abrégée ainsi : ChG, traducteur interprète et enseignant formateur comme entrepreneur individuel de droit français en tant que travailleur indépendant, depuis les premières fois en avril 2004

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les avancées dans le champ du psychisme : des premières découvertes de Freud au dernier Lacan - Christophe Gervot, 2015, revu en 2019.

1-Certains thérapeutes se réclament de l’hypnose. agissant selon le principe de l’abréaction, c’est-à-dire «l’apparition dans le champ de la conscience d’un affect jusque-là refoulé»(1) , (donc relevant de l’inconscient), car pénible. Cet affect est censé être explicité par des gestes et des paroles manifestes. Ce qui distingue ce type de traitement d’un traitement psychanalytique réside de façon essentielle dans le fait que la cure analytique ne peut, selon l’éthique qui lui correspond, se dérouler autrement qu’en absence de toute suggestion, de façon à ce que l’analysant puisse adresser à l’analyste une parole réellement signifiante («pleine» enseignera Lacan après Freud), et libre, permettant l’expression, via sa langue propre, de la vérité du sujet. Par ailleurs, une psychanalyse ne peut avoir lieu que si le sujet qui l’entreprend «suppose un savoir à l’analyste» (le «sujet supposé savoir» théorisé par Jacques Lacan(2)), constitutif du «transfert» de l’analysant envers l’analyste. En outre, lors d’un traitement par hypnose, il y a, me semble-t-il, abdication de sa liberté de la part du «patient», de sorte que la supposition de savoir s’apparente davantage à une croyance envers le «thérapeute». Cela n’est pas sans constituer en soi une limitation des effets attendus d’une telle pratique.

2- Dans la littérature psychanalytique, revient un cas particulier où une figure paternelle agit en place de tiers (selon la théorie du complexe d’Œdipe, élaborée par Freud puis par Lacan, principalement), c’est-à-dire comme l’une des composantes de la relation triangulée enfant/parents, dans laquelle l’un des parents, ou un proche, porte pour l’enfant une parole lui permettant de se construire, par l’expression d’un interdit, et ainsi de se constituer un surmoi (selon la seconde topique de l’inconscient théorisée par Freud(3)). Selon cette relecture psychanalytique du mythe d’Œdipe de l’Antiquité, l’enfant expérimenterait couramment dans son enfance un désir de «satisfaction amoureuse»(4) envers le parent de l’autre sexe, conflit subjectif en soi, et supposé résolu par une identification au parent du même sexe, si une ou des menace(s) de castration survenue(s) de façon(s) contingente(s) parviennent «après coup à faire effet»(5). Cette «disparition du complexe d’Œdipe», idéalement ainsi définie, semble le plus souvent, comme Freud l’a écrit lui-même, se limiter à un «refoulement», d’où il résulterait une subsistance inconsciente, dans le ça, d’une partie de ce complexe pouvant engendrer des «effets pathogènes»(6), ce que Lacan développera dans son enseignement au XXème Siècle.

Un syptôme de paralysie partielle peut être la traduction signifiante dans le corps du sujet de sa structure névrotique désignée plus haut comme hystérique. Le Complexe d’Œdipe, ou plus largement les Complexes familiaux(7) sur lesquels Lacan a écrit au début de son enseignement, ne sont pas spécifiques uniquement de la formation des symptômes de conversion hystériques. En effet, les névrosés obsessionnels sont également concernés par le complexe d’Œdipe, ainsi que par le complexe de castration.

Les «parlêtres», selon Lacan qui définit ainsi le sujet dans sa relation à la parole, et, en cela soumis à la castration par l’effet de la rencontre avec le signifiant connaissent des «chemins détournés», à l’œuvre chez les sujets hystériques, sous la forme de la conversion hystérique, c’est-à-dire via l’expression par le corps -ici, la paralysie- non pas d’une «maladie» au sens médical, ou considérée, avant Freud, comme une simulation, mais bien d’un conflit inconscient qui s’exprime -c’est une nouveauté introduite par Freud à la fin du XIXème siècle- sous la forme d’une «pantomime» du désir inconscient, expression du refoulé. Freud lui-même évoluera dans ses conceptions en appliquant à la formation de tout symptôme névrotique le mécanisme de compromis(8).

3-Une approche thérapeutique centrée sur la disparition d’un symptôme est, ainsi qu’en témoigne la littérature psychanalytique, non sans limites. Par ailleurs, s’il s’agit d’une approche strictement thérapeutique, même supposée «d’inspiration psychanalytique», il semble assez difficile a priori d’en attendre les effets d’une cure psychanalytique proprement dite, c’est-à-dire poussée au-delà des premières séances dont plusieurs psychanalystes ont témoigné ou témoignent régulièrement des «effets thérapeutiques rapides», mais aussi, plus avant, d’une recherche en relation avec une question du sujet et avec son réel, dont sont fantasme. De plus, ni Freud ni Lacan ne témoignent de la possibilité de changer, pour le sujet de l’inconscient, de structure psychique. Il est seulement possible de retrouver une marge de liberté par rapport à ses déterminants psychiques. C'est en soi considérable. Enfin, une fin d'analyse touche à l'impossibilité de recouvrir, pour un sujet, son réel à l'aide de l'élaboration symbolique. Lacan a théorisé, dans son Séminaire XXIII, le sinthome, comme ce qui permet que subsistent désir et jouissance et qui ne chute pas au-delà d’une disparition éventuelle d’un symptôme. En dernier lieu, tout analysant peut analyser le désir de l'analyste qui est le sien, et être ainsi psychanalyste. 

Christophe Gervot, psychanalyste, écrivain, musicien, artiste conceptuel, traducteur, formateur, 2019. 

1) Chemama, R. ; Vandermersch, B. ; Dictionnaire de la Psychanalyse, Paris, Larousse, 2007, p. 1
2) Cf. notamment Lacan, J. Le Séminaire, Livre VIII, Le transfert, texte établi par Jacques-Alain Miller, Paris, Seuil, coll. Champ freudien, 1991, pp. 203-217.
3) Cf. notamment Freud, Nouvelles conférences sur la psychanalyse, citées par Chemama, R. ; Vandermersch, B. ; Dictionnaire de la Psychanalyse, Paris, Larousse, 2007, p. 418
4) Freud, S. La vie sexuelle, chap. La disparition du complexe d’Œdipe, Paris, PUF, 1969, p. 120
5) Op. cit., pp. 119-120
6) Op. cit. p. 120
7) Lacan, J. Les Autre écrits, chap. Les complexes familiaux dans la formation de l’individu, Paris, Seuil, coll. Champ freudien, 2001, pp. 23-84
8) Cf. Chemama, R. ; Vandermersch, B, Dictionnaire de la Psychanalyse, Paris, Larousse, 2007, p. 58

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet