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Billet de blog 26 nov. 2010

Mesures et démesure pour les nuits de Paris

En initiant Nuit Blanche en 2002, nous avons eu à cœur de donner à Paris le visage d'une ville en éveil, généreuse et en mouvement, où chaque citoyen trouve sa place. Paris s'est réappropriée la nuit comme un temps à part entière, mais également un temps d'expérimentation artistique, de création et de rencontres.

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En initiant Nuit Blanche en 2002, nous avons eu à cœur de donner à Paris le visage d'une ville en éveil, généreuse et en mouvement, où chaque citoyen trouve sa place. Paris s'est réappropriée la nuit comme un temps à part entière, mais également un temps d'expérimentation artistique, de création et de rencontres. Cette manifestation désormais inscrite dans le code génétique de la capitale, a ouvert la voie à d'autres nuits culturelles : la Nuit des Musées, impulsée par le Ministère de la Culture en 2005, à laquelle les musées municipaux participent, la Nuit du Cinéma, temps fort du festival Paris Cinéma depuis 2009, ou encore les Veillées du Ramadan, organisées par l'Institut des Cultures d'Islam depuis 2006. Au fil de ces nuits, les Parisiens sont invités à découvrir de nouveaux lieux de façon exceptionnelle et insolite et à réinventer leur ville.

Dans une société de plus en plus réglementée et sécuritaire, la nuit doit rester un temps singulier où l'inattendu, la démesure et la poésie prennent le pouvoir pour ouvrir les imaginaires et ré-enchanter nos vies.

A l'issue des Etats Généraux de la nuit organisés par la Ville de Paris les 12 et 13 novembre, en partenariat avec la Région Ile de France et la Préfecture de Police, de nombreux engagements permettant de favoriser la vitalité nocturne de la capitale ont été pris : renforcement des transports nocturnes, dispositifs innovants de médiation, lutte contre les discriminations, prévention des conduites à risque, amélioration des conditions de travail de nuit, diversification de l'offre culturelle, préservation des cafés culture, promotion de la vie nocturne, organisation d'une nuit du savoir en partenariat avec les universités.

Dès 2011, les nuits culturelles de Paris vont voir naître de nouvelles étoiles : ouverture de la Gaîté lyrique, lieu dédié aux cultures numériques ; nouvelle programmation musicale et événementielle au CENTQUATRE ; ouverture de Petit Bain, équipement culturel flottant dans le 13ème arrondissement ; lancement d'un lieu culturel privé sous le pont Alexandre III dans le cadre de l'aménagement des voies sur berges rive gauche.

Ces nouveaux espaces vont contribuer à la diversité et au dynamisme du paysage nocturne parisien. Il s'agit d'avancées réelles, mais nous devons rester inventifs et continuer à rêver. Il me semble, par exemple, que Paris Métropole manque d'un grand lieu festif permettant d'accueillir plusieurs milliers de personnes à des tarifs abordables et sans aucune sélection à l'entrée. Contrairement à ce que le développement d'internet et des réseaux sociaux virtuels pouvait laisser penser, les citoyens, notamment les jeunes, ont encore plus besoin aujourd'hui de lieux de rassemblement, où ils peuvent se rencontrer, danser, rêver, partager des passions et des valeurs communes.

Un lieu me semble idéal pour devenir le temple de la fête à l'échelle métropolitaine : le Grand Palais, où « les nuits électro » déjà expérimentées ont connu un grand succès, sans parler du concert de Prince. La transformation de la nef du Grand Palais, magnifique espace de 13 500 m², en « dancefloor » permettrait d'accueillir 8000 personnes au cœur de Paris. Facilement accessible par RER, métro, bus et vélib, le Grand Palais pourrait ainsi accueillir des publics venant de toute la région Ile de France. Nous pourrions, par ailleurs, rêver d'y accéder par la Seine avec les navettes fluviales Voguéo, nouvelle offre de transport écologique, qui a déjà été expérimentée par la Ville de Paris et le STIF (Syndicat des transports d'Ile-de-France).

J'espère que le Ministre de la Culture Frédéric Mitterrand et le Président de l'établissement public du Grand Palais, Jean Paul Cluzel, aimeront cette idée et pourront s'en saisir pour contribuer, aux côtés de la Ville de Paris et de la Région Ile de France, au foisonnement créatif et festif des nuits de Paris.

Christophe Girard, adjoint au Maire de Paris chargé de la culture

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