COP21: à Puteaux, on réchauffe beaucoup le climat!

Alors que la planète est réunie à Paris, dans le cadre de la COP21, pour trouver un accord qui permette de limiter la hausse du réchauffement climatique, Puteaux apparait comme le contre-exemple des bonnes pratiques locales en la matière. La municipalité LR a en effet réalisé ces 10 dernières années une série d'équipements qui sont des gouffres financiers et surtout énergétiques.

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IMAGE 1 ET 2 : LE PALAIS DES SPORTS, construit sur l'île de Puteaux en terrain inondable, compte 4 bassins de natation, dont 2 extérieurs non couvrables chauffés toute l'année à 29 degrés ! Rien que pour le fonctionnement de la chaufferie, la facture s'élève à 1 million d'euros annuel. Cet équipement, qui a coûté plus de 50 millions d'euros, est un non sens écologique. Il aurait au moins fallu prévoir la couverture hivernale des bassins extérieurs. Mais la conception d'origine des bassins rend impossible cette protection. Réalisé sur un terrain inondable, le bâtiment a du être construit dans un coffrage de béton renforcé et étanche. Ce qui en a fortement augmenté la facture et a posé des problème de climatisation des sous-sols dans lesquels se trouvent les salles techniques, mais aussi des salles accueillant du public. 

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IMAGE 3 ET 4 : LE PALAIS DE LA MEDIATHEQUE, situé en face de la mairie, accueille une bibliothèque et un cinéma. A l'origine, la municipalité avait annoncé un investissement de 12 millions d'euros pour ce bâtiment. A l'arrivée, la facture a dépassé les 40 millions d'euros ! En effet, en cours de chantier, la maire a fait plusieurs fois évoluer les plans. Joëlle Ceccaldi a notamment fait ajouter pour 9 millions d'euros une paroi de verre posée en avant des façades de béton. L'équipement en a perdu plusieurs centaines de m2 de surface utile. Surtout, cette paroi de verre a transformé la médiathèque en four solaire. La climatisation tourne toute l'année. Un gouffre énergétique et financier pour une bibliothèque de taille finalement modeste, puisqu'une part importante du bâtiment est réservée à cet espace vide entre l'enveloppe en verre et la structure de béton. Cet espace vide sert en partie aux circulations. Mais celles-ci paraissent parfois réduites ou au contraire disproportionnées. Conséquence des diverses modifications décidées en cours de chantier. Les architectes se sont arrachés les cheveux !

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IMAGE 5 ET 6 : LE CONSERVATOIRE JEAN-BAPTISTE LULLY, est un gigantesque bâtiment "de plus de 7.000 m2 où se repartissent 50 salles d’enseignement, 4 studios de danse, 2 salles de spectacles de 150 et 600 places, et une cafétéria".Son coût atteint les 70 millions d'euros. Lui aussi construit en terrain inondable, en bordure de Seine, il a également subi des modifications en cours de réalisation : suite à des plaintes de riverains qui auraient du être anticipées, la maire a voulu réduire la hauteur du bâtiment, mais sans toucher à sa surface. Il a donc fallu tout enfoncer de 6 m. Des salles techniques et d'autres surfaces accueillant le public se sont retrouvés en sous-sol. Les fondations ont du être renforcées en raison de l'inondabilité du terrain. Conséquence de ces modifications ou d'un défaut structurel, le bâtiment est impossible à climatiser. Des trous ont été percés dans la façade du bâtiment pour renforcer le système d'aération (photo ci-dessous) ! Mais rien à faire : Il fait tellement chaud dans les salles de cours que des profs et des élèves se sont évanouis ! Avec son toit en forme de coupole, le conservatoire de Puteaux est de fait un immense four solaire ! La climatisation tourne à fond été comme hiver, dans un gigantesque potlatch énergétique !

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MAIS ON POURRAIT MULTIPLIER LES EXEMPLES :

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