Sarkomania : les médias sont-ils devenus addicts?

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Une ... véritable Sarkomania semble s'être emparée des médias du monde entier depuis quelques semaines. Le phénomène a précédé l'arrivée du président français à la tête de l'Union Européenne pour quelques mois. Il prend ici la forme d'une phobie, là celle d'un engouement.

 

 

 

Une fois n'est pas coutume : voici en lecture le texte publié par mon alter ego Jo Gatsby, cette fois sous le pseudo de Christophe Journet à lire ou bien en allant à :

 

http://jo-gatsby-s-way.over-blog.com/article-21723207.html

 

 

... ou bien directement ci-dessous, by courtesy of Jo Gatsby!

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Du Financial Times à Médiapart.fr, en passant par le Figaro, Charlie-Hebdo, j'en saute et des moins bons, les médias n'ont de cesse de proposer de plus en plus de montages, alliant peintures, dessins animés, photos retouchées ou non retouchées à l'image de Nicolas Sarkozy. Au point de donner l'impression d'une sorte d'addiction à la figure de cet homme dont le statut particulier ne peut en aucun cas être la seule explication à cet engouement. Y-a-t-il ou non addiction des médias à l'image du président français? La question peut être posée...

Il faut remonter assez loin dans l'histoire des médias contemporains pour trouver une autre figure politique ayant suscité autant d'avatars au quotidien dans la presse papier, mais aussi dans les autres formes de presse, comme internet et, bien sûr, la télévision.
Présenté seul ou en compagnie d'autres illustres personnages du moment - ci-dessus à gauche dans une édition du Financial Times, publiant un texte et un montage commandé par des ONG voulant dire que la bataille contre la pauvreté n'est pas un simple jeu - Nicolas S. fait l'objet d'une sorte d'acharnement médiatique qui semble dépasser de loin les nécessités mais surtout l'objet de ses engagements politiques, et de ses responsabilités de la période, quand bien même est-il depuis peu Président européen pour quelques mois.

 


Que les propos soient critiques ou au contraire simplement démonstratifs, explicatifs ou même satriques, il convient de s'interroger sur l'incidence d'un tel déferlement quantitatif sur la qualité même de la perception du personnage et sur la réalité de l'image qui en découle : à cet égard, le montage ci-dessus à droite représentant le french président en Napoléon harnaché dans la bannière étoilée, partant à la conquête d'une montagne trop aride pour être simplement arizonienne indique bien à quel point l'humour le dispute au fantasme dans le discours iconographique utilisé par les médias!
Pour le coup, l'Union pour le Monopole de la Presse* n'y est (presque) pour rien. D'autant que les journalistes savent bien combien il est difficile de se voir autorisé à approcher d'assez prés la présidentielle figure pour prendre des clichés vraiment différents de ce que nos supports habituels d'actus alitées nous assènent...
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Départ d'un collège de Saumur (49) lors d'une présidentielle visite, juin 2008 (photo CJ)

 


Photographie-moi un Sarko!

 

 

Tel semble être le cri unanime de tous les patrons de rédactions du monde, y compris chez les anglo-saxons et - n'en parlons pas - dans nos belles provinces où le moindre déplacement du "Président" vaut une avalanche d'images ( ici notre homme est invisible, tel le mouton dans la cage à mouton dessinée par Saint-Exupéry dans Le petit Prince, déjà avalé par la présidentielle limousine où un haut fonctionnaire coiffé d'une casquette de cérémonie s'engouffre à son tour) et une bordée d'articles insistant davantage sur le volume du dispositif de sécurité qui entoure the big chief, ou sur la connotation "pipole" du jour, que sur ce qui pourrait ressembler à une bonne raison de parler des faits réellement intervenus à cette occasion...

Sarkomania ou pas, Zat is Ze question !

D'où cette question à laquelle toutes les réponses sont sans doute possible, qui ne veut pas être une affirmation anti ou pro médias, ni un propos à transcrire dans une ligne d'opinion anti ou pro Sarko, comme tant et tant d'articles récemment lus ici ou là :
Les médias sont-ils en train de devenir "accros" à une véritable Sarkomania - terme déposé, foi de blogueur - ou donnent-ils à nouveau dans l'un de leurs travers les plus nets depuis que l'achat des quotidiens chutent dans les pratiques des français, à savoir la volonté plus ou moins consciente d'amplifier les images dont on sait qu'elles font vendre, qu'elles attirent l'attention des publics, bref, qu'elles vont rapporter à leur tour quelques espèces sonnantes et €urotrébuchantes à ceux qui les publient? Etant sur le point de partir un peu en congés, je me garderai bien de répondre pour vous à cette épineuse énigme, d'autant que je viens de réaliser que ce faisant, je suis en train de devenir à mon tour quelque peu Sarkophage, dévoreur de cette icône dont j'ai pris conscience lors de l'unique occasion que j'ai eu de croiser l'homme qu'il ne ressemblait en rien à l'image que les médias en donnent tous les jours.
Constat qui ne m'incite que davantage à tenter de m'interroger sur ce volume important d'illustrations de celui dont un ami me disait que si sous Bonaparte perçait Napoléon, sous Sarkozy ne perçe "que" Sarkozy! Et c'est encore tout le bien que je lui souhaite, car c'est si bon d'être soi-même. Et, comme le chantait si bien Jacques Higelin, c'est aussi si bon d'être con... Madame Sarkozy II l'a d'ailleurs fort bien compris, en apprenant plus vite que la musique comment instrumentaliser au bénéfice de son image d'artiste une si belle notoriété, elle dont la presse "pipole" ou people si vous préférez l'anglais dit qu'elle aurait une seule ambition dans sa vie : devenir la femme voire même l'être humain la ou le plus connu(e) de son temps. Une sorte de Joséphine, si je file la métaphore impériale. Ou une chanteuse dont le mari ferait bien de se souvenir ce qu'en disait la Bible, des chanteuses : il est parfois bon de savoir s'en méfier. Ah, vous chantiez? Et bien votez, maintenant...
Jo Gatsby
* Ce bon mot est intellectuellement la propriété de l'éditorialiste et directeur du Nouvel Ouest, Hervé Louboutin, qui n'est pas toujours exempt lui-même d'une forme ténue de Sarkomania, fût-elle sensiblement plus critique que d'autres, même si pas nécessairement hostile comme si souvent dans le corpus courant de la presse parisienne!

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