DSKO

DSK est KO. C'était lorsqu'il était ministre des finances de Lionel Jospin. Un jour, DSK m'avait fait répondre ce qui suit par fax, alors que je lui avait écrit pour lui faire savoir qu'il était en train d'ignorer voire même de biffer d'un seul trait cinquante ans de vie parlementaire et de dispositions créées en faveur de la presse, en voulant supprimer purement et simplement les abattements fiscaux pour les journalistes…

DSK est KO. C'était lorsqu'il était ministre des finances de Lionel Jospin. Un jour, DSK m'avait fait répondre ce qui suit par fax, alors que je lui avait écrit pour lui faire savoir qu'il était en train d'ignorer voire même de biffer d'un seul trait cinquante ans de vie parlementaire et de dispositions créées en faveur de la presse, en voulant supprimer purement et simplement les abattements fiscaux pour les journalistes… :

"Monsieur, je ne comprends rien à ce que vous cherchez à me dire, si ce n'est que cela n'est pas destiné à me faire comprendre quelque chose".

In fine, DSK n'avait pas gagné cette partie-là. A présent, je suppose qu'il doit être KO debout, tandis que tout le monde - ou presque, car certaines collègues journalistes avaient semble-t-il eu droit à un avant-goût des faits que la justice New-Yorkaise lui reproche depuis peu - s'est retrouvé "sur le cul" en entendant la nouvelle de son arrestation à la radio, ou en la lisant sur internet, ou en l'apprenant de toute autre façon.

Et même si c'est un rien mesquin, j'ai envie de penser à l'employée du Sofitel de la grosse pomme tout en écrivant en pensant à DSK que je ne comprends pas, mais vraiment pas comment on peut en venir à faire des choses pareilles, si ce n'est que cela n'est pas destiné à nous faire comprendre quoi que ce soit. Ni comment ses "amis" politiques peuvent encore dire à la radio qu'ils soutiendront "l'ami" une fois "la vérité restaurée" alors qu'ils n'en savent fichtre rien et que tout semble inciter à la prudence dans ce type de situation, surtout avec les quelques précédents déjà médiatisés, et qui avaient été "étouffés" à l'époque, pour ne pas faire de vagues qui puisse nuire au "grand homme de gauche".

C'est balot. Il eût peut-être été encore temps à l'époque d'agir pour éviter l'escalade, la récidive méga-médiatisée, l'opprobre indirect généralisé, les rires malsains chez certains de nos voisins, les berlusconeries en tous genres.

Car à présent ce n'est pas seulement DSK, c'est le jeu politique français qui est KO pour un bon bout de temps, avec en prime une gentille déesse en ligne de mire, héréditairement bien placée dans ces joutes, morbihanaise par son père, juste ce qu'il faut effrontée et nationaliste de surcroît, qui a cru bon dire à qui voulait l'entendre que DSK avait même tenté de lui compter fleurette entre deux disputes verbales et qui risque d'en tirer quelques points supplémentaires dans les sondages pestilentiels.

Oui, il n'y a pas que DSK qui est KO debout, il y a aussi l'avenir de l'homme, l'avenir de la femme, et celui de la démocratie à la française.

 

 

 

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