Evidemment

8 janvier 2018 Hommage à France Gall Souvenir de la disparition de Daniel Balavoine "partir avant les siens"

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"Y a comme un goût amer en nous
Comme un goût de poussière dans tout
Et la colère qui nous suit partout

Y a des silences qui disent beaucoup
Plus que tous les mots qu'on avoue
Et toutes ces questions
Qui ne tiennent pas debout

(...)

Évidemment
Évidemment
On rit encore
Pour des bêtises
Comme des enfants
Mais pas comme avant
Pas comme avant"



Michel Berger a écrit "Evidemment" en hommage à son grand ami Daniel Balavoine. Il parait qu'à l'enregistrement de cette chanson, France Gall a dut s'y reprendre plusieurs fois pour réussir à la chanter tellement le texte la touchait et qu'elle a fini par y arriver en ne pensant pas du tout à ce qu'elle chantait.

Je me souviens de ce moment d'agitation où tous les médias parlait de cet accident d'hélicoptère en janvier 1986. J'avais 10 ans mais j'avais été hyper troublé par un moment de télévision où tout le monde pleurait sur le plateau en écoutant la chanson "partir avant les miens" : 

Je me souviens des bouches fermées, des regards perdus, de ce moment bizarre où chacun sur ce plateau écoutait religieusement cette incroyable chanson testament sous les portaits (de lui et des autres passager de l'hélicoptère) qui défilait sur des écrans...

J'ai montré pleins de vidéos hier soir à Jules et Emile pour leur faire comprendre pourquoi j'étais si troublé par la disparition de ce dernier des trois mousquetaires (Balavoine, Berger, Gall)... Je leur ai montré "une minute de silence" en live lorsqu'en 93, un ans après la mort de Michel Berger, France Gall demande à un Bercy plein à craquer de ne pas applaudir et de faire un silence à la fin du morceau. Un silence magnifique dans une salle immense. J'ai écouté la cassette de ce live pleins de fois et à chaque fois qu'on était dans ce silence j'entendais encore ces mots magnifiques "écoute passer mes nuits blanches dans tes volutes de fumée bleue". J'entendais toute leur histoire dans ce silence immense. Un silence juste cassée par sa petite voix qui commence a capella "tout pour la musique" du bout des lèvre, comme un murmure... Avec sa petite voix d'éternelle enfant, son sourire toujours au coin de la bouche, l'incroyable justesse de sa voix d'oiseau, elle fait renaitre de la vie après cette minute de silence avec son "Tout pour la musique".

En montrant toutes ces vidéos aux loulous (ma déclaration, le paradis blanc, Ella, elle l'a, résiste, ces démarches tranquilles et chaloupé en pattes d'eph' autour des vieux micro à fil, cette bande joyeuse qui chantait autour du piano à l'époque de la série Fame -que j'adorais- dans laquelle je prenais Lee Curreri pour Michel berger, quand on arrive en ville, l'Aziza, Balavoine qui s'énèrve sur le plateau d'un journal tv "j'emmerde tous les pouvoirs, d'où qu'ils soient, quelque soit leur idéologie", tous les cris les SOS, tous ces cols roulés sur des plateaux où tout le monde fume), je leur fait remarqué qu'ils avaient exactement l'âge que j'avais à l'époque de la disparition de Balavoine et je vois se construire dans leurs petits yeux, le genre de souvenir que j'ai pu garder de ce moment où tout le monde écoutait "partir avant les miens" avant de faire une minute de silence...

"écoute passer mes nuits blanches dans tes volutes de fumée bleue"

Daniel Balavoine / Partir avant les miens © luke5244

 

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