Le hold up du film "Hold Up"

La vérité cachée de ce confinement n'est pas celle exposée dans le film "Hold Up"

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"Fakenews ! Fakenews !" Suite de mes réflexions sur la construction du mensonge avec le film "Hold Up" duquel il est difficile d’ignorer l'existence. 

Les décodeurs du Monde, l’équipe des "check news" de Libération (dans le lien ici), le Nouvel Obs, le Figaro... Tous les journaux se lancent dans un "fact checking" des affirmations énoncées dans le film "Hold Up".

A lire les commentaires qui accompagnent sur les réseaux chacune de ces publications, tous ces médias (autant dire tous LES médias) auraient perdu leur libre arbitre et seraient à la solde du grand capital ou du gouvernement en place.   

C'est absolument terrifiant de voir beaucoup d'amis se laisser embarquer dans cette fabrication complotiste.

Je pense que c'est une façon de chercher une explication à tout ce qui est bousculé dans la vie de chacun depuis le mois de mars. Le masque est vu comme un bâillonnement, les contraintes sanitaires comme des privations de liberté, certaines mesures gouvernementales comme des coups de matraques sur le petit commerce et sur des centaines de milliers d'emplois. 

Toutes ces sensations, je les comprends. Mais ce que je ne comprends pas c'est ce besoin de vouloir transformer ces sensations en grande vérité cachée, en grand plan machiavélique qui concerne TOUS LES PAYS DU MONDE ! 

Chaque pays fait comme il peut face à un virus qui a mis du temps à faire comprendre sa viralité et sa mortalité. Même si ça a été bien le bordel au démarrage, je trouve que la France gère ça pas trop mal (avec les équipements médicaux qu'elle peut avoir, avec le détricotage de la fonction publique de ces 30 dernières années). 

Loin d'être un outil de la Macronnie ou de je ne sais quel organisme de grandes puissances mondiales, cette pandémie est surtout un excellent moyen de voir que la politique de Macron (tout pour le dynamisme économique des entreprises, moins de solidarité nationale) est absolument incompatible avec cette pandémie. Cette situation révèle surtout les hôpitaux démunis par leur manque de moyens et d'effectifs. 

Mais il faut bien comprendre que ne pas faire ces règles sanitaires serait encore plus grave de la part de ce gouvernement. Ce serait le signe qu'il nie la vie de ses concitoyens. Qu'un gouvernement tire sur le frein à main de la dynamique économique comme il le fait pour privilégier la vie de ses concitoyens, c'est au contraire le signe que la vie passe avant tout. 

Je sais qu'on a envie de râler contre cette situation, qu'elle provoque des dissonances cognitives ou des dépressions qui peuvent faire beaucoup de mal. Que certains de ces maux peuvent être beaucoup plus préjudiciables à la bonne santé de notre économie ou de nos concitoyens que la pandémie en elle-même. Mais qu'aurait-on retrouvé à redire (une spécialité française) si l’Etat français avait fait comme si cette pandémie n'existait pas ? S’il avait mis en place le même genre de politique que Trump ou Bolsonaro ?

Nous sommes 220 000 habitants en plus sur terre chaque jour. Soit 80 millions en plus chaque année. Sachant cela on pourrait décider de voir que les conséquences de cette pandémie (limitée à 1 million de morts dans le monde avec les mesures sanitaires) ne représente que 0.4% de cette surpopulation. Et sans mesure de confinement on aurait sans doute atteint 1 ou 2% de cette surpopulation. Autrement dit 0.0001% de la population mondiale.

En voyant ces chiffres on peut s'amuser à critiquer ces mesures de confinement. Reprocher au gouvernement d'avoir mis en place un « état de guerre" contre ce virus. 

Mais il faut comprendre qu'il a préféré sauver des vies. Qu'il a fait passer toute priorité économique derrière le fait de sauver des vies. Qu'un mouvement de santé publique assez honorable s'est emparé de tous les pays du monde. Avec les moyens dont chacun disposait et les connaissance qu'il pouvait avoir d'un virus encore méconnu. Et surtout avec la culture de ses concitoyens : habitués à ce genre de mesures en Asie ; dans la sidération des pays européens et plus particulièrement les Français qui sortent de deux années de luttes sociales, dont le mouvement des gilets jaunes (avec une répression policière complètement démesurée) devenu mondial.

Cette défiance a installé un climat plutôt défavorable à la réponse (très improvisée) du gouvernement à cette pandémie. Il suffit d'y ajouter quelques thèses qui remettent en cause l’Organisation mondiale de la santé et l'utilité même de la vaccination (les anti vaccins ont bien grossi leurs rangs durant ce confinement) pour faire un cocktail tout à fait présentable (dans un joli verre avec une rondelle d’orange et un petit parapluie). Sauf qu'il est complètement faux ! 

Je vous laisse lire le fact checking de Libé pour le vérifier. 

La vraie vérité cachée.

Ce qu'il faut comprendre, les amis (et je sais que vous êtes nombreux à beaucoup apprécier ce "hold up" et beaucoup d'autres idées aussi bien mises en scène), c'est que cette pandémie a forcé tous les pays du monde à partir dans un élan humaniste, un élan de protection des vies humaines. Chacun avec ses moyens improvisés en regardant ou non ce que font les voisins... 
Et que, ce faisant, ils ont forcé tout le monde à s'arrêter une minute (quelques mois de confinement) sur la course folle de la vie qui laisse rarement l'occasion de faire une petite pause. Chacun s'est mis à regarder sa propre vie. Certains se sont interrogés sur le sens de tout ça. On a vu naitre l'expression "le monde d'avant" et "le monde d'après", on a vu se soulever une véritable conscience de l'impact écologique de notre vie de tous les jours. La baisse de la pollution sans avion, sans voiture...

Et ça, personne ne l'avait prémédité. En répondant à la hâte à un risque sanitaire inconnu, on a fait plus pour la cause environnementale en quelques mois qu'en plusieurs années d'actions de Greenpeace ou d’Europe Écologie les Verts..

 

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