Christophe Thollet Vigere
aérosculpteur, motion designer, vidéaste et couteau suisse pour des artistes
Abonné·e de Mediapart

85 Billets

0 Édition

Billet de blog 20 mars 2022

Croyance, pensées magiques, homéopathie et écoles Steiner

5 décembre 2021 Suite à la mort de Pierre Rabhi qui me touche beaucoup, je réagis à un podcast sur les écoles Steiner. C'est l'occasion de faire de la "métacognition" et d'analyser le témoignage de Gregoire Perra, ce professeur de philosophie qui a passé tant d'années (en tant qu'élève et enseignant d'école Steiner) dans l'antroposophie.

Christophe Thollet Vigere
aérosculpteur, motion designer, vidéaste et couteau suisse pour des artistes
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Pierre Rabhi s'en est allé hier en nous laissant avec pleins de mots comme ceux-ci :

"La planète Terre est à ce jour la seule oasis de vie que nous connaissons au sein d'un immense désert sidéral. En prendre soin, respecter son intégrité physique et biologique, tirer parti de ses ressources avec modération, y instaurer la paix et la solidarité entre les humains, dans le respect de toute forme de vie, est le projet le plus réaliste, le plus magnifique qui soit."

Étrangement c'est au Chili que j'ai découvert l'existence (et les mots) de Pierre Rabhi. Avec Clem on avait passé quelques jours chez des indiens Mapuche qui sont devenus de grands amis. Carlos et Martha avait vecu 25 ans l'exil en France, et les hasards de la vie les avait fait croisé la route de Pierre Rabhi...

Inlassablement Pierre Rabhi a travaillé et écouter la terre. Il a partagé sa conception d'une agriculture simple et respectueuse de la vie des sols en participant à pleins de conférences, d’émissions, de films ou de colloques (alors que ça l'épuisait presque plus que le travail du sol).

J'ai la sensation que plus on va s'approcher des bouleversements climatiques provoqués par le réchauffement climatique, plus la puissance de sa philosophie va prendre du sens dans nos sociétés.

Et que plus on avancera dans ces temps difficiles, plus on se dira "quel dommage de ne pas avoir entendu plus tôt ce qu'il voulait nous dire"

Rest in peace

Quelques mots encore de Pierre Rabhi :

"Dans les années 1980, un camion de tomates a quitté la Hollande pour livrer l'Espagne. Dans le même temps, un autre camion de tomates part de l'Espagne pour livrer la Hollande. Les deux camions ont fini par se percuter sur une route française ! Cette anecdote vraie est une caricature qui devrait nous faire méditer sur l'absurdité de notre système..."

Cette petite publication sans prétention sur Facebook a provoquer de grandes discussions (plus de 200 commentaires), pendant lesquels il a été question de croyance, d'homéopathie et de l'école Steiner...
Un ami m'a fait écouter un très long podcast.

C'est fou de voir les simples mots d'un vieil hommes qui font jeter sur la toiles des torrents de haines et d'invectives alors que ces quelques mots sont remplis de douceur, remplis du pragmatisme du monde paysan face à la dérive de nos temps contemporains.

Il me parait intéressant de revenir sur les podcasts qui ont été partagé dans ces échanges : "une vie en anthroposophie" (https://metadechoc.fr/podcast/une-vie-en-anthroposophie) pour d'abord regarder avec un peu de recul ce qu'il s'est passé autour de cette publication et pour tenter, en suite, d'aller plus loin à partir de ce podcast.

Intéressant parce que dans cette série de podcast, il est question de "métacognition", c'est à dire qu'il s'agit d'avoir une activité mentale sur nos propres processus mentaux. On se regarde penser en somme... Et d'ailleurs je trouve que la formule qui revient régulièrement dans cette série de podcast est très jolie et très profonde : "vous n'imaginez pas ce que vous pensez"

Alors oui regardons un instant à quoi serait accrochés nos façons de pensée. Chacun étant tenté de considérer que la sienne soit forcément la meilleure.

Il n'y a rien de critiquable dans ce constat puisqu'il en va de la tenue de la santé mentale de chacun. Si toute la charpente mentale devait s'effondrer lors de chaque rencontre ou confrontation, pour être rebâti à nouveau sur de nouvelles bases, je pense que beaucoup de détails mentaux (voire même beaucoup de fonctions mentales) disparaîtraient à chacune de ces remises en cause/rencontres.

Je pense (mais je suis sur que je ne suis pas le seul à le penser) que notre structure mentale est nourrie de beaucoup de choses, de beaucoup de connaissances, d’héritages culturelles que l'on ne soupçonne sans doute pas. Que notre façon de penser est construite par ce qu'on a traversé pendant le parcours scolaire, mais aussi par pleins de rencontres ou d’expériences qu'ont a eu la chance de faire tout au long de notre vie (j'ai envie de dire à chaque instant de notre vie).

Tout nous marque plus ou moins fort. Mais tout nous construit.

Même si on peut avoir la sensation de bien le gérer, le bombardement d'informations auquel nous sommes exposés du réveil au couché avec la radio, les médias ou les réseaux sociaux peut d'ailleurs être vécu avec plus ou moins de conséquences en fonction de la carapace que l'on s'est construit. Carapace mentale. Carapace sentimentale. Carapace idéologique.

Tout dépend de nos sensibilités à tout ça.

Tout dépend sans doute de la façon dont notre cerveau hiérarchise cette masse d'info pour trier et n'en garder que ce qui va "aller dans notre sens" histoire de ne pas faire s’écrouler la colonne verticale de nos convictions.

Or ce qui fait la beauté de notre humanité c'est que nos histoires et nos espaces de vies n'étant pas les mêmes, nous avons tous des visions hypers différentes sur pleins de sujets. Et d'ailleurs même des personnes qui ont vécu les mêmes choses dans les mêmes familles peuvent développer des constructions mentales différentes en fonctions d'héritage culturelles insondables, de gènes légèrement différents, d'infimes différences de points de vue qui peuvent être à la base d'immenses désaccords structurels. C'est ce qui fait la beauté de la vie (pour moi) parce que c'est ce qui nous force à être à l'écoute des autres, ce qui nous force a entendre autrement, à être curieux, à mieux comprendre le monde...

La confrontation de nos points de vue nous permet d'élargir notre angle de vision et nous approche d'une globalité de la réalité.

Sur bien des sujets, nos convictions nous forcent à dire à certains qu'ils ont tord de dire certaines choses de certaines façons. Mais si on se met à la place de l'autre, et qu'on essaie de comprendre à quoi sont accroché certaines prises de paroles, on peut entendre ces mots et même leurs raisons d'être.

Et la présence de toutes ces confrontations en perpétuelle discordance forme un équilibre bien plus appréciable que ce qu'on vivrait sous une dictature idéologique.

Pour beaucoup d'entre vous j'enfonce sans doute une série de portes ouvertes mais ça me paraît important de partir sur quelques points communs (et oui désolé ce n'est que le début d'un texte un peu plus long).

Au final ce qui nous accordent c'est que nous sommes des êtres de chairs qui sommes capables d'intelligence. Et la façon qu'on a chacun de s'en servir nous est propre.

Les échanges que l'on peut avoir sur ces différences sont à la fois des liens que l'on crée et à la fois des sources de conflits. Si on regarde la chorégraphie de ces échanges avec un peu de recul (aussi violents que puissent être certains d'entres eux) il y a quelque chose d'assez beau. Alors qu'il n'y a juste rien du tout si il n'y a aucun échange.

Sans échange il y a juste des blocs de pensées qui se figent dans des certitudes. Et en même temps, c'est justement l'echange qui donne cette sensation de fixer des pensées dans des déclarations, dans des phrases pleines de mots, alors que c'est dans ces même échanges qu'il s'opère des deplacements cognitifs...

Bon c'est une reflection personnelle qui n'engage que moi (un type très loin d'être docteur en métacognition).

Bon allez, j'enchaine avec mes retours sur ce fameux podcast...

Pour commencer je dois avouer que j'ai été assez vite hypnotisé par ces podcasts. Je trouve la réalisation impeccable, le sujet est passionnant et c'est agréable d'avoir ce temps posé et délicat sur des sujets aussi complexes avec un rythme qui fait penser à ce qu'on trouve sur France culture, la qualité d'interview est indiscutable (qualité des questions et qualité d'écoute de la podcasteuse), les épisodes sont bien structurés dans chaque podcast, il y a une avancée, une construction dans le sujet au fil de ce découpage c'est vraiment très impressionnant.

Et alors ce type qui a passé 30 ans dans le "système Steiner" il est incroyable !

D'ailleurs la première chose que je me suis dit c'est "et ben vu l'acuité et l'intelligence de ce bonhomme, je me dis que ça n'a pas dût lui faire que du mal cette école Steiner au bout du compte..."

Ok on ne naît pas tous égaux face à certaines prédispositions intellectuelles mais le cadre éducatif développe et accompagne ces aptitudes... Et là on est forcé d'admettre que c'est impressionnant. On peut se dire que c'est né dans la découverte de l'esprit critique dans ces années a la fac, comme il le raconte avec son expérience dans une classe d'initiation au théâtre, mais du coup ça voudrait dire que ses études en école steiner commencées si jeunes et terminées si tardivement dans sa scolarité ne lui auraient pas empêché d'aller dans des hautes études ? Mais alors ça voudrait dire que cette scolarité n'est pas si excluante ? Que la pensée de Steiner dans laquelle il aurait baigné ne l'aurait pas empêché pour des raison idéologiques d'aller se four-voire dans des études de philosophie ?

En vérité il n'est pas la personne la plus brillante à sortir d'une école Steiner, comme on le comprend dans cette liste d'ancien élèves classée par métiers : https://www.thewaldorfs.waldorf.net/.../FamousAlumniByPro...

On y croise des centaines d'acteurs du monde entier (dont Jennifer Aniston de "Friends") et presque autant de scientifiques, d'inventeurs, d'auteurs, de compositeurs, d'explorateurs, de champions olympiques, d'hommes d'état ou d'affaire (dont l'ancien pdg de Yahoo ou le chef d'un des 50 meilleur restaurant du monde à Oslo).

De ce listing on ne ressort pas impressionné par les médailles ou les célébrités mais fasciné par l'éclectisme des secteurs d'activités où vont se spécialiser tous ces anciens élèves... Sans doute est-ce lié a une volonté de l’école Steiner de prioriser l’épanouissement et les centres d'intérêts des enfants plutôt qu'a tout prix leur apprendre un programme dans un ordre établi par des adultes qui ne connaissent pas ces enfants.

Bien-sur cet arbre de réussites cache sans doute la forêts des malheureux élèves moins brillants qui ont eu une vie un peu plus normale. Sans doute des violences plus graves encore sont mises en œuvres dans certaines écoles comme on le comprend dans ce podcast avec le témoignage de cet enfant lunaire exclu par ses camarades.

Qu'on soit bien d'accord, ça existe dans toutes les écoles du monde. Qu'elles soient privées ou publiques. Et partout où c'est possible c'est combattu par des équipes pédagogiques qui font ce qu'elles peuvent mais qui resteront bien souvent pas très nombreuses pour encadrer des vingtaines, parfois des centaines de gamins...

.

A l'écoute de ces podcasts je dois avoué que beaucoup d'éléments m'ont troublé : l'encouragement de certaines divagations mystiques, la chronique de l'Akasha (avec l'histoire du singe qui descend de l'homme), cette façon d'enseigner les sciences "sans que l'enfant pense", des accusations de non traitements de certaines formes de schizophrénie... C'est sans doute une forme de curiosité malsaine qui m'a accroché a toutes ces heures de podcast...

Suite a cette écoute j'ai échangé avec des potes qui sont passé par des écoles Steiner ou qui ont mis leurs enfants dans ces écoles et ce que j'ai entendu était à des années lumières du témoignage de ce podcast...

.

Mais alors qu'est ce que c'est que cette histoire ?

Et bien on va faire de la metacognition, comme l'animatrice de ce podcast pour essayer de comprendre pourquoi il y aurait un tel décalage entre ce témoignage et celui de mes potes...

Ce qui fait la particularité de ce podcast, c'est le parcours extraordinaire de l'invité. Ce n'est pas tant qu'il ait été élève puis professeur d'ecole Steiner pendant si longtemps. C'est surtout le fait qu'il soit devenu specialiste de Steiner au point de faire partie de la short list des anthroposophes de référence.

Ce detail fait entendre autrement tout ce qui m'a troublé dans ce podcast.

Il faut bien comprendre un truc qui n'est pas dit dans ce podcast : c'est un parcours extrémement rare ! Il y a extrêmement peu d'enseignants d'école Steiner qui sont anthroposophes !

Et c'est sans doute ce détail qui fait tout l'intérêt de ce très long interview. Outre le fait qu'il ait décidé de vouloir montrer du doigt (disons même carrément "accuser" ou "dénoncer") ce dans quoi il a été embarqué pendant plus de 30 ans.

En fait il faut savoir que la plupart des enseignants suivent une formation pour intégrer l'école Steiner sans le background anthroposophique dont dispose ce Grégoire Perra.

Sinon il n'y aurait aucun enseignant... Les études nécessaires seraient trop longues et trop contraignantes.

Il arrive d'ailleurs que des enseignants intègrent certaines écoles Steiner avec une formation express (plus que sommaire) aux spécialités de l'école.

Du fait de sa culture, cet ancien anthroposophe, ancien élève et ancien prof en école Steiner est capable de donner l'origine culturelle de certains mots et certains gestes perpétrés depuis plus d'un siècle dans certaines écoles.

Ce qui n'est absolument pas le cas de la très grande majorité des enseignants de Steiner.

Mais d'ailleurs est ce que tous les enseignants du secteurs publiques connaissent l’origine de toutes les expressions et méthodes qu'ils utilisent ?

De manière plus générale, connait-on toutes les origines judéo-chretiennes de tout ce qui construit le code civile de notre état laïc ? Sans parler des origines d'autres cultures qui sont venus enrichir nos savoir faire, comme c'est le cas dans la langue française, cette langue vivante et donc évoluante...

Mais malgré la langueur de certains chants (qui font penser à des chants d'église) il est très difficile de faire le lien entre l'église catholique et l'école Steiner. D'ailleurs bon nombre d'enseignants d'écoles Steiner sont athés et c'est le cas de presque tous les parents (et donc des enfants). Sinon ils iraient en école privée catholique...

.

En suite, si on y réfléchie bien, on peut noter qu'il y a un aller retour incessant entre plusieurs temporalités : entre les expériences de Grégoire Perra en tant qu'enseignant à Steiner (d'un passé relativement proche de nous), en tant qu'apprentis formateur en formation (un peu plus vieux), en tant qu'élève brimé d'une école Steiner (encore un peu plus vieux) et les activités de Steiner, ou ses écrits (il y a presqu'un siècle).

On se retrouve face à la juxtapositions d’éléments temporels différents avec l'objectif de créer une image générale de l’école Steiner, alors que non seulement c'est extrêmement différent d'une école à une autre, mais qu'en plus il y a un gap entre le projet d'école conçu par Steiner et l'école Steiner telle qu'elle existe : telle qu'elle s'adapte chaque année aux demandes des parents pour continuer à exister...

.

Kirkkojärvi Comprehensive School d'Espoo (influence Steiner)qui a inspiré les écoles publiques finlandaise

Et puis en définitive, toutes ces histoires, elles seraient choquantes si on parlait d'une école publique, dans notre État laïc. Or c'est une école privée où chacun peut faire autant de prière "publiques" qu'il veut puisque c'est convenu en accord avec la république au nom d'un pluralisme scolaire qui participe à la vitalité de l'éducation nationale. Ok on peut pas dire qu'avec les annuels plans d'austérité, le dynamisme soit le qualificatif idéal pour parler de l’école française, mais il est toujours intéressant de laisser émerger dans les écoles privées des pratiques éducatives qui peuvent inspirer les écoles publiques (ou ces pratiques seraient interdites). C'est d'ailleurs comme ça que des méthodes inspirées de Steiner (dans la Kirkkojärvi Comprehensive School d'Espoo) ont été intégré dans les écoles publiques finlandaise... Un modèle qui est régulièrement cité en appelant ça "l'exemple des pays du nord de Europe".

.

Le ministère de l'éducation nationale participe au budget de fonctionnement de certaines de ces écoles. Sur les 22 écoles Steiner françaises, 3 sont sous contrat avec l’éducation nationale. Mais avec ou sans contrat, la république française garde un œil vigilent sur ces écoles pour veiller à la sécurité et à l’épanouissement de ses élèves français (en tout il y a 2500 élèves a Steiner en France). Pour cela il faut éviter toute dérive sectaire et des armées d'inspecteurs s’échinent a chercher (en vain) des poux dans les écoles Steiner depuis des dizaine d'année (comme en témoigne cette enseignante au début de cet article : https://artsrtlettres.ning.com/m/blogpost...)

.

Au final, tous ces podcasts m'invite à voir qu'on peut trouver autant de maltraitance dans une école Steiner que dans n'importe quelle école de France. Et personnellement, ça m' interroge sur le fonctionnement de nos écoles publiques figés dans des programmes face auxquels beaucoup d’élèves se retrouvent en décrochage scolaire (comme certains élèves de Steiner peuvent se retrouver parfois déconnectés).

Deux citations pour accompagner ce texte deja trop long :

« En tant que praticienne j'ai eu très souvent à m'occuper d'enfants qui étaient dans les écoles Steiner et je n'ai jamais eu le sentiment que ces enfants étaient manipulés. Les écoles Steiner ont le mérite d'apporter à certains enfants des choses qu'on ne trouve nulle part ailleurs. »

Dr Catherine Dolto

« La liberté de conscience et de conviction est un principe inaliénable de la République, auquel on n'a le droit de toucher sous aucun prétexte. La pluralité pédagogique doit être rigoureusement respectée. La démocratie ne consiste pas dans le faux consensus d'une pensée unique mais bien dans le « libre jeu » et la « confrontation » d'opinions et de pratiques différentes. »

Michel Cazenave, écrivain

Si j'essaie d'entendre ce qui peut provoquer des sidérations à l'écoute de ce podcast, ce serait au fond une question centrale dont l’école Steiner n'est pas la seule à être concernée. Cette question centrale, c'est la question du rite.

Et cette question centrale renvoie elle-même au rapport que chacun développe vis à vis de la religion, voire même vis à vis de ce qu'en sociologie on appelle la religiosité.

Chacun est libre de croire ce qu'il veut.

On a même la chance d'avoir dans notre histoire des hommes qui ont définit ce droit dans la déclaration universelle des droits de l'homme de la façon suivante : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction, ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l'enseignement, les pratiques et l'accomplissement des rites. »

On en revient aux rites.

En manque t'on dans notre société remplie de supermarchés et de streaming vidéo ? Manque t'on de moments où l'on fait des choses ensemble au milieu de ces spectacles et de ces événements qui s'annulent encore ?

En manque t'on lorsqu'arrive le dernier rendez-vous, celui de la mort ? La sienne, celle d'un proche ou d'un vieil homme qui s'appelait Pierre Rabhi ?

Manque t'on de moments d'union dans ces temps où tous les sujets nous divisent ?

On voit des rassemblements politiques (vu qu'on est à quelques mois du premier tour des présidentielles) et les images qui en ressortent ne font pas toujours penser à des messages de paix ou de bienveillance..

On voit Noël, ce rendez-vous aux origines chrétiennes qui est devenu un simple prétexte de congé bien mérite et une occasion de relance économiques à coup de black friday et de campagne de publicitaire à base de neige, de costumes rouges et de sapins joliment décorés.

Pouvons nous considérer que nous préservons le minimum syndical en terme de rite :

Se retrouver pour manger ? Partager un repas ? Penser aux personnes qui sont seules à cette période ?

On regarde l’école.

On regarde quelques élèves porter un foulard. Beaucoup de pays ont simplement décidé que c’était aussi normal que n'importe quel autre signe d'appartenance religieuse (aussi simple qu'une gourmette de baptême) et tout se passe très bien, sans brouhaha ni discrimination.

On regarde les écoles publiques d'un coté et les écoles privées de l'autre. Il y a sans doute un biais cognitif qui nous fait émettre un jugement sans qu'on s'en rende compte... Des contraintes économiques qui ne laissent pas le choix. Des idées reçues sur les unes, sur les autres. Des choses entendues, d'autres vécues. Tout ça est il suffisant pour émettre un avis objectif ?

Est-on d'accord sur le fait que laïcité ne veut pas dire athéisme ?

Que l'impartialité et la neutralité de l'État à l'égard des confessions religieuses ne signifie pas la destruction de certaines forme de croyance ?

Que chacun est libre de croire en ce qu'il veut ?

Y compris en des équilibres d'énergies cosmiques, aux chakras liés à différentes réincarnations ou même en l'efficacité de certains traitements homéopathiques ?

Au final, tout ça nous renvoie à la place de la religion dans notre société qui est toute entière héritière de croyances.
Notre façon de croire en la valeur d'un bout de papier avec un € dessus,
notre façon de respecter un code civil, un code de la route.
Même notre rapport aux mathématique et aux sciences est un phénomène de croyance.

Pour ce qui est de la science mathématique, il n'y a pas moyen de faire autrement que de croire aux concepts et aux règles de départ qui servent à étudier les mathématiques. Ça relève de l'abstraction pure.

Aristote exprimait lui même que les mathématiques sont la science de la démonstration fondées sur des points de départ indémontrables.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Pouvoir d'achat
« Et Macron, il pense aux familles nombreuses quand tout augmente ? »
En avril 2022, selon l’Insee, les prix des produits de grande consommation vendus dans la grande distribution ont augmenté de 1,3 %. Une hausse des prix que subissent de plein fouet les plus modestes. À Roubaix, ville populaire du nord de la France, la débrouille règne.
par Faïza Zerouala
Journal — France
Violences conjugales : Jérôme Peyrat finalement contraint de retirer sa candidature
L’ancien conseiller d’Emmanuel Macron, condamné pour violences conjugales, renonce à la campagne des législatives. La défense catastrophique du patron de LREM, Stanislas Guerini, a accéléré les choses. Et mis fin à la gêne qui montait au sein du parti présidentiel, où personne ne comprenait cette « décision venue d’en haut ».
par Ellen Salvi
Journal
Affaire Jérôme Peyrat : « Le problème, c’est qu’ils s’en foutent »
Condamné pour violences conjugales en 2020, Jérôme Peyrat a fini par retirer sa candidature aux élections législatives pour la majorité présidentielle à deux jours de la date limite. Il était pourtant toujours soutenu par les responsables de La République en marche, qui minimisent les faits.
par À l’air libre
Journal
Élisabeth Borne et l’écologie : un certain savoir-rien-faire
La première ministre tout juste nommée a exercé depuis huit ans de nombreuses responsabilités en lien direct avec l’écologie. Mais son bilan est bien maigre : elle a soit exécuté les volontés de l’Élysée, soit directement contribué à des arbitrages problématiques.
par Mickaël Correia et Jade Lindgaard

La sélection du Club

Billet de blog
Une fille toute nue
[Rediffusion] Une fois de plus la « culture » serait en danger. Combien de fois dans ma vie j’aurais entendu cette litanie… Et ma foi, entre ceux qui la voient essentielle et ceux qui ne pas, il y a au moins une évidence : ils semblent parler de la même chose… des salles fermées. Les salles où la culture se ferait bien voir...
par Phuse
Billet de blog
Le générique ne prédit pas la fin
Que se passe-t-il lorsque le film prend fin, que les lumières de la salle de cinéma se rallument et qu’après la séance, les spectatrices et spectateurs rentrent chez eux ? Le film est-il vraiment terminé ? Le cinéma vous appartient. Le générique ne prédit pas la fin. Il annonce le début d’une discussion citoyenne nécessaire. Prenez la parole, puisqu’elle est à vous.
par MELANIE SIMON-FRANZA
Billet de blog
images écrans / images fenêtres
Je ne sais pas par où prendre mon film.
par Naruna Kaplan de Macedo
Billet de blog
Quand le Festival de Cannes essaie de taper fort
La Russie vient de larguer 12 missiles sur ma ville natale de Krementchouk, dans la région de Poltava en Ukraine. Chez moi, à Paris, je me prépare à aller à mon 10e Festival de Cannes. Je me pose beaucoup de questions en ce mois de mai. Je me dis que le plus grand festival du monde tape fort mais complètement à côté.
par La nouvelle voix