Ces grandes enseignes touchées par le COVID-19 - à qui le tour ?

Après seulement quelques semaines de confinement en France, en Europe et plus globalement dans le monde entier. C’est le cout de grâce pour plusieurs grandes enseignes de restauration ou de prêt à porter qui rappellent que les enjeux économiques sont bien réels. Il y aura bien un après confinement...

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Les propos du Premier ministre, Edouard Philippe, ont été plutôt clair cette semaine, le déconfinement "n'est pas pour demain matin" et l’annulation des épreuves du BAC annoncée vendredi par le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer et l’attente du pic épidémique nous laissent croire qu’un déconfinement (partiel ?) ne serait imaginable que début mai.

Pourtant la date officielle annoncée par le gouvernement est toujours le 15 avril 2020. Une date sans doute psychologique, qu’il convient de modifier avec parcimonie tant le confinement devient un sujet sensible pour bon nombre de français. A croire que le retour au travail pourrait devenir une bouffée d’oxygène. C’est assez paradoxal quand on sait que deux tiers des travailleurs Français se sentent concernés par un risque d’épuisement au travail, d’après Capital qui nous dresse un bilan du bien être au travail.

Mais beaucoup ne connaitront pas ce retour au travail, et c’est là que le bât blesse. Comme une double peine, comme si les difficultés sociales, économiques et morales ne suffisaient pas. Car s’il est dur de mesurer l’impact de l’inactivité du Pays sur les petites et moyennes entreprises, certaines grosses enseignes nous rappellent que nous sommes en « guerre », du moins, en crise.

André, en redressement judiciaire

L’information est tombée le 1er avril mais ce n’était pas un poisson d’avril. L’entreprise spécialisée dans le prêt à porter (vêtements, chaussures et accessoires), récemment rachetée par Spartoo pour combler des difficultés économiques déjà existantes, vient d’annoncer une procédure de redressement judiciaire. Après avoir perdu plusieurs millions d’euros suite à la fermeture des magasins du groupe, magasins non essentiels, ce sont 600 emplois directs qui sont menacés, 120 boutiques et bon nombre de prestataires qui gravitent autour de l’enseigne.

Orchestra demande son redressement judiciaire

La marque Orchestra, appartenant au groupe Orchestra-Prémaman, est une marque de prêt à porter spécialisée dans les vêtements pour enfants et articles de puériculture. Eprouvant des difficultés sérieuse, l’enseigne avait demandé une procédure de sauvegarde le 24 septembre dernier. Le plan de redressement présenté par la direction du groupe mi-février pourrait ne pas suffire pour cette société qui subit de plein fouet la crise pandémique actuelle. Le groupe emploie 3 000 salariés, dans 40 pays différents et compte 600 points de vente de très belles surfaces (entre 500 et 5 000m²).   

Vapiano dépose le bilan… en Allemagne.

Enfin la célèbre enseigne Vapiano, chaîne de restauration allemande mais spécialisée dans la cuisine italienne a annoncé le jeudi 2 avril sa mise en faillite. L’enseigne s’était déjà déclarée insolvable le 20 mars dernier. Arrivée en France en 2010, l’activité devrait cependant continuer comme l’a annoncé, Salvatore Perri, président de Vapiano France et Luxembourg “Si nos restaurants français et luxembourgeois sont effectivement fermés, comme la plupart des établissements français depuis l’annonce du confinement, leur réouverture n’est pas compromise et la cessation de paiement de la tête de réseau n’a aucune incidence sur notre fonctionnement ». Difficile de ne pas croire à un grand bouleversement tout de même. La chaîne de restauration est présente dans 33 pays et compte 235 restaurants pour 7 985 emplois.

Ces grands noms qui s’effacent ou vont s’effacer doivent être une prise de conscience de la gravité économique dans laquelle nous sommes. Faute de liquidité – d’argent – bon nombre d’entreprise vont se déclarer en cessation de paiement. Toutes les prévisions économiques en début de pandémie sont maintenant caduques.

Le pire est sans doute à venir, car des entreprises plus « solides » vont se retrouver fragilisées et seul l’impact de la reprise pourra les maintenir en vie. Impact, dont les premières estimations, nous laisse croire qu’il sera timide…  

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