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Billet de blog 22 sept. 2022

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Pierres fines : à qui profitent économiquement les tourmalines melon d’eau ?

La tourmaline melon d’eau est une magnifique pierre fine. Sa transparence et ses couleurs douces, du bleu au blanc en passant par le vert, en font un incontournable en joaillerie, notamment.

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Mais alors, à qui profitent, sur le plan économique, ces gemmes délicates ? Quels sont les principaux pays qui en assurent l’exportation ?


Peu souvent mise en avant, le commerce des pierres semi-précieuses (dites « fines » désormais) joue pourtant un rôle important dans certaines régions. Les gisements offrent des ressources non-négligeable, et leurs « trésors » ont pu participer à la croissance de certaines nations.

Voilà ce qu’il est intéressant de savoir à ce sujet – en se focalisant sur la tourmaline melon d’eau. Et certains informations sont surprenantes…

Le Brésil : terre de tourmaline


Lorsqu’on évoque le commerce de la tourmaline, le Brésil n’est souvent pas très loin. Et pour une raison simple : ce pays en est le principal exportateur.

Comme l’explique dans cet article Aurélien Rey, chercheur à l’Institut des études de l’Amérique latine, on a longtemps considéré que la diamant était la seule vraie source de profit locale. Il est vrai que cette merveille a contribué à la croissance économique de la nation. Toutefois, la donne semble avoir changé depuis quelques années.

Une nouvelle « vedette » fait l’objet d’exportations massives : la gemme de couleurs, pour reprendre les termes utilisés par Monsieur Rey. Parmi elles, justement, la tourmaline melon d’eau.


La publication que nous venons de citer date de 2014. Depuis, le paysage politico-économique mondial a changé. Cependant, le rédacteur précise que le Brésil était loin, à ce moment-là, d’avoir épuisé toutes ses ressources gemmifères. La demande est susceptible de baisser dans les moments de récession – typiquement la crise pandémique – mais le pays reste aux premières loges au moment des relances.


D’ailleurs, un communiqué du gouvernement français faisait récemment état d’une relance du commerce extérieur brésilien après la pandémie, ce qui permet d’être positif quant au marché des pierres gemmes comme la tourmaline melon d’eau. Il faudra voir les rapports annuels à ce sujet pour en avoir le cœur net.


Mais il n’y a pas que le plus grand pays d’Amérique latine qui profite de ses riches gisements. En effet, c’est à un véritable tour du monde que la tourmaline nous invite quand on s’intéresse à elle…

Quels autres pays exploitent et exportent leur propre tourmaline melon d’eau ?

Les amateurs de géologie le savent sans doute : les richesses souterraines ne s’embarrassent pas des frontières humaines. Ainsi, bien que le Brésil soit sans doute le plus grand « grenier » gemmifère du monde (pour la tourmaline tout du moins), c’est loin d’être le seul. La tourmaline melon d’eau est notamment extraite…

  • Le Nigéria

Malheureusement, l’inflation qui frappe pour ainsi dire le monde entier n’épargne pas le Nigéria en 2022 (source). Ce pays quasi unanimement considéré comme la plus grande puissance économique africaine voit ses prix flamber, dans tous les secteurs.

Mais, littéralement, cette nation dispose de ressources qui lui permettront de sortir plus rapidement de la tourbe actuelle. Ses richesses minières demeurent une valeur sûre. Certains gisements de tourmaline ou d’autres pierres fines sont encore à exploiter. Le retardement des « travaux » est souvent dû à un manque de moyens matériels – mais les possibilités restent nombreuses.


Précisons qu’il s’agit, justement, d’un des plus grands exportateurs de tourmaline melon d’eau.

  • Le Pakistan

Les tourmalines melon d’eau du Pakistan sont moins foncées que celles du Brésil. Leur esthétique particulière suscite de nombreuses convoitises – ce qui a forcément permis de multiplier les axes commerciaux.


Le lieu phare d’exploitation manière au Pakistan est le Stak Nala. On y retrouve toutes sortes de pierres fines, comme la fluorite, le topaze… et la tourmaline, évidemment. Même en temps de récession, le commerce des gemmes reste un point d’ancrage.

  • Madagascar

On peut finalement citer l’île de Madagascar. Il y a une dizaine d’années, un journaliste évoquait la complexité du commerce gemmifère sur ces terres. La richesse des sols est indéniable. D’ailleurs, même si l’on trouve de belles tourmalines melon d’eau sur place (ou plutôt « sous » place…), la tourmaline noire y reste la plus exploitée et la plus convoitée.
Mais dans les faits, le profit reste plus difficile pour les populations locales. De nombreux freins, en 2011 déjà, empêchaient un véritable essor. À l’heure actuelle, la situation n’a pas beaucoup changé. Les décisions politiques restent un frein, comme on l’apprend ici.
Nous avons cependant tenu à relever cet exemple parce que d’une part, les locaux parviennent à assurer quelques ventes « intramuros ». Et, d’autre part car cela donne l’exemple intéressant d’un pays qui ne manque pas de ressources… sans pour autant en tirer pleinement profit.

La tourmaline melon d’eau : une pierre internationale

Chaque nation a son destin commercial et économique. Certains ont pleinement saisi l’opportunité – le Brésil, par exemple. D’autres, comme Madagascar, laissent globalement dormir leurs ressources minières.


Toujours est-il que les pierres fines comme la tourmaline melon d’eau occupent une place essentielle dans la croissance des pays en développement. Espérons que la crise actuelle laisse place à une redynamisation des échanges commerciaux (déjà amorcée dans certains cas).

Il serait dommage qu’une gemme aussi magnifique que la tourmaline melon d’eau ne puisse pas être admirée et appréciée à sa juste valeur.

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