Ribat Al Hikma ou la conjuration des médiocres

Après la droite « conservatrice » historiquement portée par les valeurs du PI, la droite « libérale » incarnée par le RNI et la droite « religieuse » personnifiée par le PJD ; nous assistons depuis quelques temps à l’émergence embryonnaire d’une nouvelle force politique droitière dans le champs politique marocain : Ribat Al Hikma, mouvement hétéroclite, traversé par un certain nombre de tendances qui ont néanmoins toutes en commun trois principales caractéristiques : confusionnisme politique, éclectisme idéologique, et inconsistance théorique.
En effet, pour toute personne douée de raison et en capacité de produire une analyse concrète d’une situation concrète, il semble évident que les logorrhées verbales d’un célèbre chroniqueur radio, émule d’Alain Soral et de Francis Cousin dont il s’efforce d’importer la « pensée » réactionnaire et fascisante, ou encore les brailleries indigentes, virilistes et incohérentes d’un journaliste en carton, sont d’une consternante nullité conceptuelle.
Cependant, force est de constater qu’au sein du petit milieu clos et renfermé sur lui-même de l’intelligentsia petite-bourgeoise de Rabat et de Casablanca, la médiocrité est portée aux nues, ce qui ne manque pas de faire de nos pharisiens moyens les coqueluches médiatiques parodiques et faussement subversifs de ce milieu imprégné de culture bourgeoise soumise au pouvoir makhzanien dont le noyau central échappe, nous le verrons plus loin, systématiquement aux flèches de leurs critiques qu’ils réservent exclusivement et de façon fondamentalement contradictoire, à la gauche extra-parlementaire, aux islamistes non-gouvernementaux, et aux organisations démocratiques issues de la société civile. En somme : contre ceux qui, dans la phase de lutte en cours dans le pays, s’opposent à la mainmise politique, économique et idéologique de l’alliance de classes, valet de l’impérialisme mondial, au pouvoir depuis le lendemain de l’indépendance. Ce constat factuel et irrécusable nous amène provisoirement à postuler deux choses : la qualité d’allié objectif du Makhzen de cette nouvelle mouvance politique et, ce faisant, la nécessité, pour nous, de mettre en évidence son caractère foncièrement réactionnaire et contre-révolutionnaire.
Pour se faire, nous proposons de procéder à une analyse critique du discours et du socle de valeurs et de représentations politico-idéologiques affichés par ladite mouvance.
Pour mener à bien cette entreprise, nous tenterons, dans un effort de synthétisation et de précision, de fournir une critique point par point sur un certain nombre d’assertions et de thèmes récurrents dans la phraséologie inutilement alambiquée du chef de file de cette mouvance : j’ai nommé le « luxueux » chroniqueur radio qui sévit chaque matin dans l’une des principales station radio francophone du pays ; l’inénarrable Rachid Achachi.
Une double considération guide notre choix : d’un coté la relative épaisseur théorique néanmoins largement exagérée par l’inflation linguistique caractéristique de la prose de ses idoles sévissant à l’extrême-droite de l’échiquier politique français dont peut se gargariser Achachi au regard de l’absolue sottise de ses comparses du mouvement, et en particulier du journaliste précédemment cité que l’attachement à un nationalisme maure fantasmé, la paranoïa complotiste, la célébration exagérée et mythique d’un passé moyenâgeux et la furie belliciste et viriliste qu’il exalte tel un adolescent ayant passer trop de temps devant « Les Chevaliers du Zodiaque » ont eu raison du peu de matière grise que comportait sa petite cervelle de journaleux médiocre à la botte du pouvoir ; de l’autre, la capacité de nuisance et la visibilité décuplée du sieur Achachi du fait de son poste radiophonique qui lui permet, il est vrai avec d’autres intervenants le contredisant, d’instiller sa dangereuse rhétorique réactionnaire vénéneuse à grande échelle.
Aussi cette critique, qui ne se veut pas exhaustive tant la connerie n’a pas de limite, a pour principal objet la déconstruction théorique, dans une perspective marxiste-léniniste, de la bouillie idéologique faite de bric et de broc servie à toutes les sauces par le professeur Achachi et dont il s’agira de faire ressortir les apories, les contre-sens et la fondamentale incohérence. Elle portera donc essentiellement sur son rapport au marxisme, à la lutte des classes, aux mouvements sociaux et à la question nationale.


1) Le confusionnisme comme marqueur de l’extrême-droite ou comment détourner la gauche vers la droite


Une des constantes historiques de l’extrême-droite européenne a toujours été de cultiver la confusion idéologique dans le but de ratisser large et de liguer, dans une logique interclassiste qui ne profite en dernière instance qu’aux franges les plus réactionnaires et les plus chauvines de la bourgeoisie financière, le prolétariat aux intérêts de la petite-bourgeoisie déclassée, comme ce fut le cas pour ce qui est des dictatures fascistes triomphantes de la première moitié du siècle dernier mais aussi, de nos jours, du discours confus et hétéroclite de la droite la plus chauvine qui, dans l’hexagone, va du Rassemblement National à ER et de Marine Le Pen à Alain Soral.


En bons élèves de leurs parrains occidentaux, nos droitards nationaux de la nouvelle vague, adoptent la même tactique de brouillage de piste et de mélange des genres qu’ils présentent sans retouches en promotion « de la gauche du travail » et de « la droite des valeurs », dont Alain Soral, polémiste d’extrême-droite et initiateur de l’expression, présente sereinement comme la combinaison menant au national-socialisme…
Dans la même optique, Rachid Achachi, qui ne tait pas son admiration pour des penseurs réactionnaires critiques de la modernité (le nazi Carl Schmitt, le fasciste Evola, etc.), tente d’y joindre, sans doute pour tromper un public peu enclin à céder à la rhétorique d’intellectuels fascisants, la critique marxiste du capitalisme moderne (Guy Debord, Rosa Luxembourg, Michel Clouscard, etc.) qu’il emprunte à son mentor (Francis Cousin) et qu’il pervertie intégralement en la détournant et en la vidant de son contenu progressiste et subversif.
En effet, contrairement à la promiscuité factice que tente de dresser notre sophiste moyen entre d’authentiques révolutionnaires marxistes et des fascistes carabinés, il va de soi, pour tout lecteur assidu de Marx et de ses continuateurs divers, que la critique qu’ils opèrent vis-à-vis de la modernité capitaliste s’inscrit dans un devenir historique tourné vers le progrès et le futur socialiste puis communiste qui constitue un dépassement dialectique du capitalisme mais aussi de l’ensemble des modes de production qui lui ont précéder et non, comme le pense les théoriciens de la réaction, un retour à une « éthique prémoderne » corollaire au mode de production féodal.

En d’autres termes : on est marxiste ou on ne l’est pas, et les tergiversations clownesques de Achachi, qui calibre son discours en fonction de son interlocuteur, alternant entre une radicalité situanisto-debordienne farouchement antinationaliste et un nationalisme « de gauche » qui s’accommode fort bien du cadre de l’Etat-nation et même d’un capitalisme illibéral, ne font rire que ses groupies incultes.
Autre exemple, tout aussi explicite, du confusionnisme congénital de notre idéologue de bas étage : sa référence hypocrite à Michel Clouscard et sa théorisation géniale du capitalisme « libéral-libertaire » ( ou « capitalisme de la séduction ») succédant à celui de l’époque victorienne qu’Achachi s’efforce à faire passer pour une ode à la réaction à travers laquelle il légitime, avec une étonnante mauvaise foi, son discours opposé à toute revendication antiraciste, féministe, ou écologiste alors même que Clouscard, bien plus subtile et mesuré dans sa pensée, remet en cause leur réappropriation par le Grand Capital et non leur légitimité. Nuance que le professeur Achachi évacue d’un revers de main…
Rappelons d’ailleurs à notre chroniqueur que Clouscard, agacé par l’usage réactionnaire que son idole faisait de son œuvre, n’hésita pas à le désavouer publiquement en ces termes dans les pages de l’Humanité datant du 30 mars 2007 :

« Sartre avec lequel j'ai eu en tout et pour tout un entretien de cinq heures était intéressé par ma démarche de travail et c'est à ce titre - fait rare - qu'il accepta d'être de mon jury de thèse. Pour autant, cela n'entraînait en aucun cas un soutien enthousiaste à ma pensée pas plus que le mien à la sienne, nos positions sur bien des aspects étant totalement divergentes.
On est dans le même malentendu à propos d'Alain Soral quand on le présente comme le vulgarisateur et continuateur de mon oeuvre. Cette proclamation (ou autoproclamation ?) me laisse pour le moins perplexe. Je n'ai en effet jamais assigné à cette tâche Alain Soral, je ne l'ai jamais désigné comme héritier, car si je lui ai reconnu et lui reconnais certes du talent, je ne me reconnais par contre pas du tout dans l'exercice qu'il croit bon de faire à présent de ses dons pour poser un statut de penseur. Associer donc d'une manière quelconque nos deux noms s'apparente à un détournement de fonds. Il s'avère qu'Alain Soral croit bon de dériver vers l'extrême droite (campagne pour le FN). Il veut y associer ma personne, y compris en utilisant mes photos à ma totale stupéfaction. Je n'ai en aucun cas autorisé Alain Soral à se prévaloir de mon soutien dans ses menées prolepénistes. Le Pen est aux antipodes de ma pensée. » (Lien vers l’article : )https://www.humanite.fr/node/368670)

L’original étant toujours préféré à la copie ; la copie de la copie a de forte chance de se retrouver là ou réside son environnement naturel : dans les poubelles de l’Histoire.

2) La question nationale : point d’orgue de la schizophrénie achachienne


Une autre des questions qui, étant donné sa centralité dans nos pays du Sud périphérique, mérite que l’on s’y penche et que l’on s’efforce, une fois de plus, de corriger les inepties et les incohérences qu’en propage doctement notre intellectuel de salon qui, tiraillé une fois encore entre les positions de ses deux mentors peu reluisants, ne sait où donner de la tête et, sans sourciller, tablant sur une envolée lyrique capable de noyer le poisson, se complait dans un double-discours fondamentalement intenable et contradictoire ; n’est autre que celle relative à la question nationale, à la souveraineté et au positionnement à l’égard des luttes de libération nationales.


Cette fois-ci, le tiraillement de Achachi le mène a un oscillement idéologique permanent entre une position luxemburgiste opposée à tout soutien vis-à-vis de mouvements d’indépendance sous-prétexte qu’ils ne débouchent, dans la majorité des cas, que sur l’apparition de nouvelles entités étatiques bourgeoises et capitalistiques d’un coté et, de l’autre, une position aux parfaits antipodes de la première qui consiste en un soutien affiché à tout les Etats réactionnaires d’Europe de l’Est (a commencer par Orban, premier ministre hongrois aux relents antisémites, xénophobes, anti-tziganes, et révisionnistes dont il ne tarit pas d’éloges) du fait de ce qu’il conçoit comme une résistance « souverainiste » de leur part au vent libéral de l’Ouest et, sur le plan national, un « patriotisme » affiché et la hantise, par ailleurs légitime, de la souveraineté.
Ses préconisations et ses projets de réformes économiques qui vont dans le sens d’un « protectionnisme éducateur » listien et d’un renforcement du rôle de l’Etat comme agent régulateur corroborent nos dires et témoignent, de façon accablante, de la tartufferie du personnage qui ne voit pas le moindre inconvénient à prêcher la destruction de la monnaie, de l’Etat et de toutes les formes d’aliénations le matin tout en demandant leur renforcement, dans le cadre d’un Etat fort, le soir.


Reste, pour les plus taquins, d’imaginer l’attitude du sieur Achachi sous le protectorat : collabo la semaine et résistant les week-ends, voilà un bon filon pour les amateurs de films historiques et de polars.


Pour notre part, et pour ne pas encombrer le texte plus qu’il ne l’est, nous proposons ce lien direct vers le texte de Lénine, deuxième épée du communisme et dirigeant de la première révolution prolétarienne victorieuse de l’histoire, développant une juste résolution de la problématique nationale : https://www.centremlm.be/Lenine-La-classe-ouvriere-et-la-question-nationale-−-1913?fbclid=IwAR18425TQ-op_SDue546KAmI5eGVJdGoB2s2xco-pNmdTf8TQ_aQlO19eFA


3) D’une conception biaisée et superficielle du socialisme ou la volatilité achachienne


Un des cheval de bataille du sieur Achachi, par le biais duquel il mène une guerre idéologique contre la science marxiste-léniniste, n’est autre que celui de son recours systématique aux pires agrégats d’anticommunisme et d’antisoviétisme primaire, glanés ici et là, le plus souvent auprès de sombres personnages fricotant avec l’extrême-droite la plus rétrograde et viscéralement opposée à ce qu’elle résume à du « judéo-bolchevisme », ou encore en reprenant de vielles critiques d’inspiration gauchiste ce qui, nous en conviendrons, relève de la rigolade et du non-sens quand on sait le compagnonnage du pseudo-intellectuel avec les représentants de la droite européenne la plus dire, pour laquelle il affiche la plus franche sympathie comme en témoigne sa promotion, en direct sur Luxe Radio, de l’association Egalité et Réconciliation de l’antisémite Alain Soral ( lien de la vidéo YouTube, partagé par la chaine d’ER : https://www.youtube.com/watch?v=J-dhvGn_D7U&feature=share&fbclid=IwAR1EF4Wrx_rvuPVzLubXwo6OWNXnzi1VEQcDLia2d7eEY35DTsaDmUabRok )


Mais essayons tout de même, en dépit du risible de la situation et des innombrables contradictions du personnage, de prendre un minimum au sérieux sa critique des expériences soviétiques et chinoises qu’il rejette en bloc en les taxant un peu trop vite de « socialisme de caserne » et de « capitalisme d’Etat » sans prendre le soin de procéder à une analyse objective des séquences successives des deux révolutions, de leurs multiples phases de transition, d’avancées révolutionnaires et de contrecoups contre-révolutionnaires. Sans prendre la peine, également, de produire une analyse concrète et contextuelle des deux expériences révolutionnaires qui, prenant forme dans des conditions d’une extrême difficulté (encerclement impérialiste, guerre civile, famines, manque de ressources, déstabilisations ourdies par les puissances impérialistes, sous-développement, etc.) portèrent en elles les marques indélébiles de leur accouchement maculé de sang et d’efforts surhumains pour le maintien du pouvoir ouvrier et paysan soldés, dans les deux cas, après des décennies ininterrompues de « lutte des deux lignes », par une défaite prolétarienne.


Le pouvoir bolchévique, en particulier, sert de cible privilégiée à Achachi qui, usant d’une rhétorique idéaliste et anhistorique des plus fallacieuses, trouve une place privilégiée dans cette « cohorte de scribes du Capital » que le philosophe et sociologue Robert Linhart décrit en ces mots dans son essai sur Lénine, Les paysans, Taylor :


« Des idéologues « modernes », brandissant des bannières diverses (…), adoptent, vis-à-vis de Lénine et des débuts de la dictature du prolétariat en Russie, la position de haine de classe qui a toujours été celle de la bourgeoisie et des forces réactionnaires à l’égard de la révolution prolétarienne. Exhumant de vieux sophismes et de vieilles calomnies accumulées au fil des ans par les cohortes de scribes du capital, ces gens les mettent hâtivement au gout du jour, en en conservant l’essentiel : travestissement de la réalité historique, inversion des responsabilités, discours creux, subjectivisme et idéalisme. Ils s’acharnent à présenter le bolchévisme comme une variante de la pensée bourgeoise, caricaturant Lénine comme un « putschiste » et un « autocrate », au mépris de la réalité historique. A travers Lénine et l’expérience historique d’Octobre, ils visent le principe même de la révolution et de la dictature du prolétariat. »
Et quelques pages avant :
« A tous ceux qui, faisant abstraction des conditions effroyables de la formation du premier Etat prolétarien, conditions imposées par la barbarie impérialiste, prétendent le juger en tant que pure incarnation de « l’idée marxiste » (ou de « l’idée léniniste »), on s’imagine demandant : « Que vouliez-vous qu’il fît ? » Et eux répondant : « Qu’il mourut ! »Parler de la politique de Lénine et de la formation de l’Union soviétique sans en analyser les conditions concrètes – conditions qui ont par ailleurs produit dans toute l’Europe des formes nouvelles de dictature de la bourgeoisie- n’a pas de sens. »

Pour aller plus loin et plus en profondeur sur la pratique politique des bolchéviks au pouvoir, notamment sur la question de la N.E.P impulsée par Lénine et tant décriée par notre tête de gondole médiatique, nous mettons ici le lien vers un autre texte de Robert Linhart (« Pour une théorie concrète de la transition : pratique politique des bolchéviks au pouvoir ») qui a le mérite de la clarté et de la concision, loin de l’écran de fumée linguistique de certains : http://revueperiode.net/pour-une-theorie-concrete-de-la-transition-pratique-politique-des-bolcheviks-au-pouvoir/?fbclid=IwAR3QU-HeiolpCvyWq_V_P9iSgQdYb-LMovSez_81KC7iL_rs_ud8DilCQ9Y


4) Mépris des mouvements sociaux et de la lutte des classes : cas d’espèce de la petite-bourgeoisie dégénérée


Alors que notre sophiste professionnel se sent pousser des ailes dès lors qu’il s’agit de commenter des luttes sociales ou nationales en cours à l’autre bout du monde ou de l’autre coté de la Méditerranée, n’hésitant pas, à notre grande surprise, à s’aligner sur des positions radicalement anti-impérialistes et anticolonialistes, le même chroniqueur fait preuve d’une extrême couardise dans son appréciation des mouvements sociaux et des luttes populaires à l’échelle nationale.


Ainsi, dans un élan de complotisme délirant, notre petit gardien de l’ordre makhzanien poussa l’abjection jusqu’à l’éructation bruyante et décomplexée de ces mots honteux concernant l’arrestation du journaliste Omar Radi : « il y a beaucoup de journalistes qui font tout aujourd’hui, volontairement, pour se faire arrêter. Dans le but de mettre à mal le régime »
En soi, cette seule parole assassine, cette lâcheté intellectuelle et morale qui tend à tirer sur une ambulance est largement suffisante à la disqualification du sombre personnage du terrain du sérieux et de la rationalité bien comprise.
Seulement, fort d’une connerie et d’une imagination à toute épreuve, notre clownesque personnage persiste et signe en attribuant au parti Nahj Addimocratti (Voie démocratique) et à l’Adl wa Lihsan (Justice et bienfaisance) la parenté du mouvement du 20 février tout en les accusant de le détourner à des fins obscures qu’il n’explicite jamais (en somme : ils complotent, mais je ne sais trop pourquoi…mais ils complotent quand même !)


Les exemples sont nombreux et ne manquent pas (virulentes charges contre le Hirak rifain, adoption systématique des versions étatiques et gouvernementales,etc.), mais, au-delà de la factualité qui d’ailleurs parle pour elle-même, nous pouvons aisément déduire que le sieur Achachi, qui se targe de défendre les intérêts du peuple, de par sa position de suppôt objectif et assumé du régime antidémocratique et antipopulaire en place, tapine en réalité pour ses ennemis, chiens de gardes de l’impérialisme et du néocolonialisme mondial et principalement français contre lequel il vitupère par ailleurs et en d’autres circonstances. Girouette un jour, girouette toujours décidemment…


Dans un vocable marxiste-léniniste-maoïste visant la juste résolution des contradictions au sein du peuple (et loin de la sacro-sainte phraséologie nationale-socialiste schmitienne de la « dialectique ami-ennemi » et de la « hiérarchie causale ») , du point de vu de l’étape historique actuelle, la contradiction principale se situant aujourd’hui au Maroc entre l’alliance de classes au pouvoir ( comptant la grande bourgeoisie mandataire, les grands propriétaires fonciers et une élite techno-bureaucratique) soutenue par l’impérialisme , et les larges masses populaires qui s’y opposent radicalement ; Rachid Achachi, qui se fait objectivement le défenseur acharné du premier camp se trouve être le représentant attitré et quasi-comique d’une petite-bourgeoisie fascisante et à la déroute qui, sur un modèle semblable à celui de la montée des populismes de droite au sein du vieux continent, essaye, par diverses cabriolâtes, de dévier le prolétariat de ses intérêts réels et de l’attirer, avec la petite et moyenne bourgeoisie qui sont des classes vacillantes, dans le filet de la frange la plus réactionnaire de la grande bourgeoisie.

Autrement dit, son projet politique, à lui et ses camarades, est celui du fascisme qu’il s’agit pour nous, militants communistes révolutionnaires au service du peuple, de combattre tant idéologiquement que politiquement.

 

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