I can't breathe !

Quand est-ce que ce cauchemar va cesser ? Que font les syndicats à l'éducation nationale ? Les parents ? Les élèves ?

https://covidinfos.net/covid19/autocontamination-lesions-cutanees-difficultes-respiratoires-le-port-du-masque-vu-par-loms/1787/#comments © inconnu https://covidinfos.net/covid19/autocontamination-lesions-cutanees-difficultes-respiratoires-le-port-du-masque-vu-par-loms/1787/#comments © inconnu

 "Bonjour  Docteur

Je vous remercie de votre réponse et du document, que je cite 1 :

"assurer, quel que soit le contexte, un renouvellement régulier de l’air dans tous les espaces clos au moyen d’une aération (ouverture des fenêtres...) et/ou d’une ventilation naturelle ou mécanique, afin d’apporter de l’air "neuf"/venant de l’extérieur, d’évacuer l’air ayant séjourné à l’intérieur vers l’extérieur, d’éviter le recyclage ou la recirculation de l’air dans les locaux ;

aérer/ventiler les pièces où les personnes contaminées par le SARS-CoV-2 sont isolées."

Le protocole n'interdit donc pas les ventilateurs, et demande même d'aérer/ventiler en cas d'isolement alors qu'on fait le contraire pour les classes isolées pour ne pas "brasser le virus" (je cite). Si les portes et  fenêtres sont ouvertes, et elles le sont dans nos classes, on ne brasse pas, on expulse vers ces ouvertures. Et au moins les élèves et moi avons moins chaud sous nos masques. Ce n'est pas possible avec les températures que l'on a à la Réunion d'interdire ce que l'on trouve partout ailleurs : dans les cars scolaires, dans les magasins, restaurants, dans les centres médicaux, hôpitaux etc..

Plus loin le document se contredit (tout comme l'OMS 2):

"
En cas d’utilisation d’un dispositif d’appoint individuel (ventilateur, climatiseur...) en usage intérieur, les recommandations sont les suivantes :
- veiller à ce que le renouvellement de l’air soir assuré régulièrement ;
- stopper le ventilateur avant qu’une autre personne n’entre dans la pièce ;
- dans les espaces collectifs de petit volume, clos ou incomplètement ouverts, l’utilisation de ventilateur à visée de brassage/rafraîchissement de l’air en cas d’absence de climatisation est contre-indiquée dès lors que plusieurs personnes sont présentes dans cet espace (notamment salle de classe, établissements pour personnes âgées...), même porteuses de masques. Ces recommandations s’appliquent en cas de survenue d’une vague de chaleur."

Donc on ventile, mais on ne ventile pas là où c'est nécessaire ni quand il y a des personnes présentes pour en bénéficier et surtout pas quand on en a le plus besoin, en cas de vague de chaleur.

Je suis asthmatique et souffre du port du masque, si on ajoute à cela qu'il fait chaud, que ma salle est équipée de nacos et d'une seule porte, que je dois utiliser ponctuellement les rideaux pour assombrir afin que les élèves voient correctement ce que je projette sur écran avec le vidéoprojecteur, et qu'avec les effectifs nous pouvons être une trentaine de personnes masquées c'est irrespirable, j'étouffe.

J'étouffe aussi en extérieur quand je dois faire des efforts physiques tels que descendre et monter les escaliers avec un masque sur la figure, en plein soleil, étant lourdement chargée comme un professeur d'arts plastiques seul sait l'être.

Depuis la reprise en août au cours de laquelle on m'a interdit le port de la visière que j'utilisais l'année dernière sans aucun problème, je prends sur moi et j'obéis, je porte le masque dès les abords de l'établissement. Je suis fraîche comme la rosée quand j'arrive le matin à mon collège, et je me retrouve en nage dès ma première heure de cours, en fin de matinée j'ai l'impression d'avoir fait le double de mes heures.  Ceci m'occasionne des maux de tête, de la fatigue, mal de gorge, sécheresse de la bouche, vertiges, démangeaison au niveau des oreilles et du cou et, mardi, un premier malaise.

J'ai besoin de respirer correctement ne serait-ce que pour faire mon travail : parler, expliquer, interpeler, diriger des groupes d'élèves qui, s'ils sont eux-même difficilement audibles sous le masque, n'en continuent pas moins d'être des élèves et de bavarder, interagir avec moi et entre eux, être vivants. La communication est déjà amplement compromise avec des masques, ainsi que l'a lui-même démontré Monsieur le Président de la république (
https://www.youtube.com/watch?v=yJCqD5jnFN4) . Et moi je n'ai pas de micro.

On m'a par ailleurs demandé mardi, pendant que je faisais mon malaise, de ne plus porter de masque grand public (c'est pourtant ce qui était demandé dans le protocole de rentrée 2020/2021) et donné des masques médicaux en matière plastique qui collent à la bouche et au visage, donnent encore plus chaud et n'évacuent pas l'humidité, ce qui fait que j'ai le bas du visage trempé au bout de quelques minutes. Je n'en connais pas la provenance, ni la composition, ils m'ont été donnés fourrés dans une enveloppe kraft ouverte, sans emballage individuel sans que je sache si la personne qui les manipulés avait bien les mains propres. Mais je suis déjà allergique au latex et à suffisamment de choses pour ne pas en ajouter. Où est-il écrit qu'il ne faut plus utiliser de masques en tissu ? Quelle est la justification ?

Un représentant syndical m'a conseillé de me mettre en ASA (autorisation spéciale d'absence) mais je ne veux pas être placée en ASA, je vais parfaitement bien et suis tout à fait capable de faire mon travail dans des conditions décentes. J'ai commencé des projets avec mes élèves, notamment l'animation d'ateliers. Nonobstant le protocole sanitaire je suis très bien installée dans mon établissement.

Mon médecin et mon pneumologue ne comprennent pas l'absence de logique de ces mesures alors que nous approchons de l'été austral. Et moi je ne comprends pas qu'un document de recommandations émanant d'une instance consultative non élue ait préséance sur tout ce qui peut exister en termes de bon sens et de règlementation issue du code du travail et de la médecine de prévention. C'est pour cela que je suis tournée vers vous pour demander votre aide. Que pouvez-vous proposer pour les agents souffrant de pathologies respiratoires  ?

Je veux juste que l'air circule dans ma salle de classe pour que cela nous aide mes élèves et moi à respecter et supporter le port du masque en attendant qu'il soit abrogé.

Vous remerciant de votre attention et votre compréhension, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments respectueux.

Cordialement

La Prof"

Comment une instance non démocratiquement élue, le HCSP, dans laquelle les enseignants, les parents et les élèves ne sont pas représentés, qui n'a qu'un rôle consultatif, peut dicter des recommandations, basées sur des orientations provisoires de l'OMS, qui sont interprétées, avalisées et métamorphosées en injonctions par les ministères de la santé et de l'éducation nationale d'imposer le port du masque et l'interdiction des ventilateurs et de la climatisation dans les établissements scolaires ?

Quand est-ce que ce cauchemar va cesser ? Que font les syndicats à l'éducation nationale ? Les parents ? Les élèves ?

Il faut savoir que l'OMS a répertorié les effets indésirables du port du masque dans ses orientations provisoires  datées du 5 juin 2020 3:

Effets indésirables/inconvénients potentiels

Dans le grand public, le port du masque par des personnes en bonne santé peut notamment présenter les désavantages suivants :

•risque potentiellement accru d’autocontamination dû au fait de manipuler un masque facial puis de se toucher les yeux avec des mains contaminées ; (48, 49)

•autocontamination possible si un masque non médical humide ou sale n’est pas remplacé, favorisant ainsi la prolifération de microorganismes ; •mal de tête et/ou difficultés respiratoires possibles selon le type de masque utilisé ;

Conseils sur le port du masque dans le cadre de la COVID-19 :

Orientations provisoires-10-

•lésions cutanées faciales, dermite irritativeou aggravation de l’acné en cas de port fréquent et prolongé du masque ; (50)

•difficulté de communiquer clairement ;

•sensation possible d’inconfort ; (41, 51)•

fausse impression de sécurité pouvant conduire à un respect moins scrupuleux des mesures préventives qui ont fait leurs preuves comme la distanciation physique et l’hygiène des mains ;

•port du masque mal supporté, notamment par le jeune enfant ;

•problèmes liés à la gestion des déchets ; l’élimination sauvage des masques peut entraîner une augmentation du volume des déchets dans les lieux publics, présentant un risque de contamination des préposés au nettoyage des rues et des risques pour l’environnement ;

•difficultés de communiquer en cas de surdité et de dépendance de la lecture labiale ;

•désavantages et difficultés liés au port du masque éprouvés par les enfants, les personnes atteintes de troubles mentaux ou de déficiences développementales, les personnes âgées atteintes de déficiences cognitives, les asthmatiques ou les personnes souffrant d’affections respiratoires chroniques, les personnes ayant récemment subi un traumatisme facial ou une intervention chirurgicale orale ou maxillofaciale, ainsi que celles qui vivent dans un environnement chaud et humide."

 

1 https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/covid-19-aeration-ventilation-climatisation.pdf

2 https://covidinfos.net/covid19/autocontamination-lesions-cutanees-difficultes-respiratoires-le-port-du-masque-vu-par-loms/1787/

3 https://apps.who.int/iris/handle/10665/332448

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