19es Journées cinématographiques dionysiennes - L'Invitation au voyage

Du 6 au 12 février prochain, les Journées cinématographiques reviennent au cinéma l'Écran de Saint-Denis. Cette 19es édition tracera une grande cartographie des voyages au cinéma, avec plus de soixante-dix films (inédits, avant-premières, classiques restaurés) et de nombreuses rencontres en présence de cinéastes, critiques ou membres de la société civile.

Affiche officielle des 19es Journées cinématographiques dionysiennes © Seb Le Bison Affiche officielle des 19es Journées cinématographiques dionysiennes © Seb Le Bison

À l’heure où les allées et venues à travers le monde sont généralisées, tandis que de nombreux pays s’opposent à ces circulations et ferment leurs frontières, Olivier Pierre (programmateur du festival) et Boris Spire (directeur du cinéma l'Écran) ont souhaité tracer une cartographie du voyage sur grand écran, de l’exode à l’odyssée, périples contraints ou désirés, jusqu’à la conquête spatiale ou l’exploration de nos sens à travers le trip psychédélique.

Du premier voyage de l’histoire du cinéma (Le Voyage dans la lune de Georges Méliès, 1902) aux grandes traversées américaines (les road-movies), des dérives poétiques (Dead Man de Jim Jarmusch, 1995) aux déracinements douloureux de l’Histoire (West Indies - les nègres marrons de la liberté de Med Hondo, 1979), le voyage sur grand écran remet en question la fixité de nos vies quotidiennes.

Cette année, l'invité d'honneur sera Katsuya Tomita. Né en 1972 à Kofu au Japon, il est l'auteur de quatre long métrages en vingt ans, témoignant d'un parcours et d'une manière de faire du cinéma atypiques. Travaillant en totale indépendance, Tomita crée le collectif Kuzoku avec lequel il produit et distribue ses films. Son troisième long métrage Saudade (2011), tourné dans sa ville natale, est invité au Festival international du film de Locarno et remporte la Montgolfière d'or au Festival des 3 Continents de Nantes. Depuis Above the Clouds (2003), son premier film, son cinéma n'a cessé de s'ouvrir au monde. Il se déploie à la lisière du documentaire, dans une perpétuelle quête édénique, imprégnée de paradis artificiels, à l'image de Bangkok Nites (2016), trip nostalgique tourné entre la Thaïlande et le Laos. Son oeuvre s'impose comme l'une des rares capables d'ausculter avec acuité les plaies du Japon et de l'Asie engendrées par les bouleversements historiques et économiques du monde.

Le festival sera également l'occasion de prendre la route en direction des terres gitanes, en compagnie de Tony Gatlif. LATCHO DROM (expression signifiant "Bonne route" chez les gitans justement) sera projeté en présence du réalisateur le samedi 9 février à 20h. Une projection suivie d'un concert tsigane de la chanteuse, Norig, et du No Gipsy Orchestra

D'une route à l'autre il n'y a qu'un pas, et au cinéma, un genre qui lui est propre : le Road movie. Il sera mis à l'honneur le vendredi 8 février à 14h lors d'une ciné-conférence de Bernard Benoliel, directeur de l'Action culturelle et éducative à la Cinémathèque française et auteur avec Jean-Baptiste Thoret de Road Movie, USA (2011, éditions Hoëbeke). Cette ciné-conférence sera suivie par la projection de LA BARBE A PAPA de Peter Bogdanovitch (1973).

Et après la route... Le rail ! Suivez le train déjanté de Jacques Rozier (en sa présence) et de sa comédie, libre et insolite, MAINE OCÉAN, dimanche 10 février à 16h30. Et comme un bonheur n'arrive jamais seul, nous aurons le plaisir de vous offrir une rencontre avec l'un des comédiens principaux du film, l'inénarrable Bernard Menez.

Mais un voyage c'est aussi des temps de pause, des haltes pour reprendre des forces et laisser vagabonder son esprits et poser sa tête dans les étoiles. Embarquez donc à bord du film culte de Rachid Nougmanov (30 millions de spectateurs en URSS !) : L'Aiguille, le mercredi 6 février à 18h45. Viktor Tsoï (le jeune chanteur, un des personnages principaux du récent Leto) irradie dans cet ovni punk dont il a également composé la BO. C'est à la fois l'histoire d'un voyage dans l'espace et le temps, et une errance d'une folle liberté entre les genres et les influences cinématographiques. La projection, en présence du réalisateur sera présentée par Eugénie Zvonkine, professeur à l'Université Paris 8.

La programmation du festival n'oublie pas de faire une petite excursion du côté de l'Arménie, en compagnie de Robert Guédiguian. Avec "un regard qui prend à revers les cartes postales" (Antoine de Baecque/Libération) le cinéaste explore ses origines arméniennes dans son film VOYAGE EN ARMÉNIE. À l'occasion de la sortie du livre Guédiguian, l'auteur Christophe Kantcheff, également rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire Politis, animera une rencontre avec le réalisateur suivie d'une signature, le mercredi 6 février à 20h30.

Est aussi prévu un détour par l'Égypte sur les traces du maître Youssef Chahine. La projection d'ALEXANDRIE POURQUOI ?, film autobiographique où Youssef Chahine témoigne d'un désir d'ailleurs et convie le spectateur dans une Alexandrie idyllique, sera précédée de Chahine Bel-Aghani (Chahine en chansons), une biographie musicale et théâtralisée du cinéaste égyptien. Pendant que les personnages les plus marquants de la filmographie de Youssef Chahine relatent l'histoire de sa vie, les sonorités envoûtantes du groupe Aghani nous transportent vers des mondes de rêves et de mystères... Une séance animée par Amal Guermazi, doctorante et chercheure à la Cinémathèque française, accompagnée du groupe Aghani au rythme du kamanjeh (violon), du kanoun (cithare) et du riqq (tambourin).

Mais ce n'est pas tout... Il reste encore bien des étapes à ce long périple que propose l'équipe des Journées cinématographiques dionysiennes. Pour en apprendre davantage, rendez-vous sur le site du festival : dionysiennes.org ou sur les réseaux sociaux : Facebook / Twitter / Instagram.


*Et dans d'autres cinéma partenaires : Le cinéma Jacques Tati à Tremblay-en-France, Le cinéma Les Toiles de Saint-Gratien, Le cinéma Le Trianon de Sceau, Le cinéma Le Trianon de Romainville, le cinéma Le Select d'Antony, Le cinéma le Cin'Hoche de Bagnolet, le cinéma salle Jacques-Kahn de Châtillon.

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