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Billet de blog 15 déc. 2021

22es Journées cinématographiques - Partie de Campagne

Deux mois avant les Présidentielles, cette 22e édition sous-titrée Partie de campagne choisie d'observer la mise en scène du politique au cinéma, à travers plus de 50 films présentés lors de projections-rencontres programmées du 1er au 12 février 2022 dans quatre cinémas de la Seine-Saint-Denis.

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Affiche officielle du festival © Lucas Harari

Qu’en est-il des politiques, ces hommes et ces femmes dont le rôle est, au quotidien, de participer à l'organisation et au développement de la société ? Ceux et celles qui, à travers diverses organisations au fonctionnement souvent opaque, influent sur la sphère publique et participent pleinement à l’élaboration d’une démocratie en perpétuelle gestation : comment les politiques sont-ils représentés au cinéma ? Que capte le cinéma dès lors qu’il s’empare concrètement du monde politique – du citoyen engagé à celui qui occupe les plus hautes fonctions – pour en exposer ses processus complexes ?

En reprenant le titre du film de Raymond Depardon consacré à la campagne de Valéry Giscard d'Estaing, 1974, une partie de campagne, les 22es Journées cinématographiques se penchent sur la mise en scène de l'exercice politique. Biographies souvent fantasmées de grands dirigeants, œuvres de propagande, documentaires sur les mouvements syndicaux ou enquêtes sur les collusions entre les sphères politiques et criminelles… Voici quelques titres de films qui seront au programme de cette Partie de campagne cinématographique : Avant-premières : La Campagne de France, Sylvain Desclous ; Enquête sur un scandale d’État, Thierry de Peretti ; La disparition, Jean-Pierre Pozzi ; Rien à foutre, Emmanuel Marre et Julie Lecoustre… Film récent : Municipales, Thomas Paulot… Patrimoine : 1974, une partie de campagne, Raymond Depardon ; L'arbre, le maire et la médiathèque, Éric Rohmer ; Tempête à Washington, Otto Preminger ; La vie est à nous, Jean Renoir ; focus Francesco Rosi : Cadavre exquis / Lucky Luciano / L'affaire Mattéi… etc.

En plus de sa thématique Partie de campagne, les 22es Journées cinématographiques accueillent la première rétrospective française des films du réalisateur indépendant américain Dan Sallitt, en sa présence et celle d’invités.

Dan Sallitt est sans doute l'un des cinéastes indépendants les plus intéressants des 20 dernières années. Proche des milieux avant-gardistes, il est d’abord critique de cinéma au Los Angeles Reader de 1983 à 1985, puis pour de nombreux autres médias, dont MUBI et Slate. Installé à New York depuis 1992, il construit une œuvre méconnue et hors des modes, qui s'étend jusqu'à présent sur cinq longs métrages et un court métrage. Cinéaste patient aidé par des collaborateurs fidèles, Dan Sallitt se distingue à travers un cinéma libéré de toute contrainte et précurseur de la génération « do it yourself ». Ses récits – les secrets d’une famille ou une amitié qui résistent bon gré mal gré aux années – sont « enracinés dans les films de Robert Bresson, Éric Rohmer, Jean Eustache, John Cassavetes et Maurice Pialat » (Jonathan Robbins in Film Comment). Cette œuvre aux influences marquées, reconnue notamment par Arnaud Desplechin, fait de Dan Sallitt une sorte de « cousin d’Amérique » du cinéma français.

« Les films de Dan Sallitt - des micro-budgets entièrement autofinancés - sont à des annéeslumière de tout ce qui est actuellement produit aux États-Unis. Et la dissonance doit autant à leurs peu de moyens qu'à la richesse émotionnelle qu'ils recèlent. Pénétrer dans le cinéma lumineux de Sallitt, c'est se plonger dans un univers parsemé de personnages psychologiquement complexes aux prises avec des désirs inassouvis et des relations mouvantes. » Leonardo Goi (MUBI)

« J’ai tendance à voir les films comme des photographies. Ils reflètent ce que les gens montrent de l’extérieur, sans jouer sur le mystère. Et j’insiste là-dessus. J’aime travailler avec des acteurs qui n’indiquent pas ce qu’ils ressentent. J’aime la contradiction et l’opacité, et je les encourage dans cette direction » Dan Sallitt (Cahiers du cinéma, juin 2019)

Filmographie : Honeymoon (1998) All the Ships at Sea (2004) The Unspeakable Act (2012) Fourteen (2019) Caterina (court métrage, 2019)

Dan Sallitt sera à Paris du 4 au 7 février 2022.

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