REBEL REBEL : Larry Clark, F.J. Ossang, Lech Kowalski, et bien d'autres...

Les Journées cinématographiques dionysiennes reviennent du 7 au 13 février 2018 au cinéma L’Écran de Saint-Denis (93). Pour cette 18e édition intitulée REBEL REBEL, elles dresseront un panorama de la rébellion à l'écran, avec plus de 70 films (inédits, avant-premières, classiques) et de nombreuses rencontres en présence de cinéastes, critiques ou membres de la société civile.

Qu'ils soient marginaux, hors-la-loi, esprits libertaires ou leaders politiques, les rebelles peuplent les grands classiques du cinéma, autant que le film militant ou le cinéma d'exploitation. Le rebelle est celui qui refuse tout compromis, partagé entre idéalisme et violence, il dresse souvent par son action le portrait d’une époque en crise. Si cette rébellion est souvent flamboyante, elle peut aussi se faire plus discrète : nos héros et héroïnes deviennent rebelles dès lors que – par leur seule force – ils décident de refuser notre monde et sa logique.

En parallèle de leurs personnages, de nombreux artistes ont aussi fait de la rébellion et de la rupture esthétique leur mode premier de réalisation. Leurs films en tout points subversifs deviennent alors des remises en question radicales de l'art cinématographique.

LARRY CLARK, INVITÉ D’HONNEUR

Larry Clark Larry Clark

Le photographe et réalisateur américain LARRY CLARK, invité d’honneur des 18es Journées cinématographiques dionysiennes, accompagnera une rétrospective de ses films (Kids, Bully, Ken Park,Wassup Rockers...) ainsi que Marfa Girl son dernier film inédit tourné en toute indépendance, et la version Director’s Cut de The Smell of Us.

KIDS (États-Unis, 1995, 91’) ANOTHER DAY IN PARADISE (États-Unis, 1998, 101’) BULLY (États-Unis-Royaume-Uni-France, 2001, 108’) TEENAGE CAVEMAN (États-Unis, 2002, 86’) KEN PARK de Larry Clark et Edward Lachman (États-Unis-Pays-Bas-France, 2002, 93’) WASSUP ROCKERS (États-Unis, 2005, 111’) MARFA GIRL (États-Unis, 2012, 105’) THE SMELL OF US (Director’s Cut) (États-Unis, 2015, 105’)

« De ses clichés noir et blanc du début des années 1960 aux longs métrages qu’il réalise depuis 1995 tels que Kids (1995), Bully (2001) ou Ken Park (2002), Larry Clark, internationalement reconnu pour son travail, traduit sans concession la perte de repères et les dérives de l’adolescence. » Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, lors de la première rétrospective de ses photographies en France, en 2010.

Le photographe et réalisateur Larry Clark est né en 1943 à Tulsa aux États-Unis.
Photographe, Larry Clark s'intéresse dès ses débuts aux jeunes marginaux des villes américaines. Sa première monographie,
Tulsa (1971), est une référence incontournable dans l'histoire de la photographie.
En 1995, Larry Clark réalise son premier film,
Kids, censuré aux États-Unis, mais qui remporte un franc succès critique et public. Larry Clark est doté d'une grande empathie pour ces jeunes qu'il rencontre dans la rue et qu'il invite à jouer dans ses films, n'hésitant pas à aborder avec eux les thèmes de la sexualité ou de la drogue. Dans Wassup Rockers (2005), il suit le passage de l'adolescence à l'âge adulte de sept adolescents d'origine latino-américaine, issus de milieux défavorisés et passionnés de skateboard. Il s'intéresse de nouveau au monde du skateboard lorsqu'il tourne The Smell of Us, à Paris, en 2015.

CONCERT THISISNOTREVOLT

Thisisnotrevolt Thisisnotrevolt

Pour clôturer en musique cette édition de la majorité, après la projection de Wassup Rockers de Larry Clark, en présence du réalisateur, les Journées cinématographiques dionysiennes REBEL REBEL accueilleront un concert exceptionnel de ThisisnotreVolt, groupe de punk blues composé des acteurs du film, les frères Velasquez !

CARTE BLANCHE À F.J. OSSANG : JOE STRUMMER ROCK’N’ROLL MOVIES

F.J.Ossang F.J.Ossang

Pour sa carte blanche, le cinéaste punk F.J. Ossang nous gratifiera d'une sélection de plusieurs films autour de la figure de Joe Strummer, le leader du groupe The Clash. Sera notamment montré la version director's cut inédite de Straight To Hell, le film d'action culte réalisé par Alex Cox, F.J. Ossang présentera également son dernier film en avant-première, 9 Doigts, prix de la mise en scène au dernier festival de Locarno.

RUDE BOY de Jack Hazan et David Mingay (GB, 1980, 133’) HELL W10 de Joe Strummer (GB, 1983, 49’) CANDY MOUNTAIN de Robert Frank et Rudy Wurlitzer (Canada-France-Suissse, 1987, 91’) STRAIGHT TO HELL (director's cut inédite) d’Alex Cox (GB, 1987, 93’) MYSTERY TRAIN de Jim Jarmusch (États-Unis, 1989, 110’) DOCTEUR CHANCE de F.J. Ossang (France-Chili, 1997, 97’) 9 DOIGTS de F.J.Ossang avant-première (France-Portugal, 2017, 98’)

JEAN-PIERRE MOCKY VERSION POLAR

Jean-Pierre Mocky Jean-Pierre Mocky

L’an dernier, les Journées cinématographiques dionysiennes interrogeaient l’évolution de la comédie engagée, et Jean-Pierre Mocky y présentait ses comédies sociales. Pour cette édition Rebel Rebel, il sera de retour avec ses polars, de grands classiques, plus sérieux mais encore plus anarchistes !

SOLO (France, 1970, 89’) L’ALBATROS (France, 1971, 92’) UN LINCEUL N'A PAS DE POCHES (France, 1974, 125’) LA MACHINE À DÉCOUDRE (France, 1986, 90’)

 

MASTER CLASS TONY GATLIF

Tony Gatlif Tony Gatlif

« Cinéaste-musicien hanté par les injustices, Gatlif s’identifie de toute son âme à ses personnages dominés par des élans irrépressibles qui les font se révolter, courir, aimer, danser, contempler, se battre et tomber, sans jamais de regrets. S’ils ne savent pas toujours bien ce qu’ils cherchent en traversant les frontières (on trouve cette figure de la traversée des frontières dans la plupart des films de Gatlif : Gadjo Dilo, Exils, Transylvania, Djam, etc.), ils savent ce qu’ils quittent et ne regardent plus en arrière. Or, ce sont ceux qui ne possèdent rien qui sauront le mieux réinventer le monde. Comme Chaplin, Tony Gatlif sait cela d’instinct, pour avoir connu la misère noire, et c’est pourquoi sa solidarité avec les laissés-pour-compte est immédiate, évidente, absolue. Tous ses films, ses comédies loufoques comme ses drames historiques, ses récits de quêtes d’identité comme ses documentaires, sont des manifestes libertaires d’une folle générosité. » (Mehdi Benallal)

GADJO DILO (France, 1997, 98’)

PERFORMANCE DE LECH KOWALSKI AVEC LES OUVRIERS DE GM&S

Lech Kowalski Lech Kowalski

Un événement organisé par Lech Kowalski avec les ouvriers de GM&S. Pendant plus de six mois, le cinéaste Lech Kowalski a filmé les salariés du sous-traitant automobile GM&S en lutte pour garder leur usine ouverte. Le 10 février 2018, à l’occasion de notre festival, il invite les PDG de Renault et de PSA à débattre avec ces salariés et avec le public dans le cadre d’une soirée-performance, un documentaire théâtral brechtien comprenant projections cinématographiques, concert, exposition et dégustation gastronomique.

RENCONTRES

BERTRAND MANDICO s’est fait connaître pour ses court métrages où le merveilleux et le folklorique aident à dérouler un imaginaire foisonnant qui parle d’un monde aux allures grotesques. Il présentera, avec ses actrices, en avant-première, son premier film très attendu après de nombreux prix en festivals(Venise, Festival du nouveau cinéma Montréal, Entrevues Belfort...), Les Garçons sauvages (France, 2017, 110’).

NATALIA MESCHANINOVA, jeune réalisatrice russe remarquée au festival de Rotterdam en 2014, présentera son premier film inédit en France, The Hope Factory (Russie, 2014, 102’).

PASCAL TESSAUD, réalisateur de Brooklyn (2014), viendra fêter les 10 ans de son documentaire sur le slam, Slam, ce qui nous brûle (France, 2007, 52’), en compagnie de slammeurs du 93 en special guests ! Il présentera également un classique sur le début du hip-hop à New-York : Beat Streat de Stan Lathan (États-Unis, 1984, 105’).

LIONEL SOUKAZ, cinéaste militant gay et CHRISTOPHE MARTET, ancien président d’Act Up-Paris, dialogueront autour des luttes d'Act Up-Paris au début des années 90 avec des extraits du Journal annales de Lionel Soukaz et un documentaire inédit, réalisé dans le cadre d’une commande de l'Agence française de lutte contre le SIDA sur le 1er décembre 1992.

PIERRE-PAUL PULJIZ, réalisateur (Mexico City Conversations, Jonas Mekas: I Am Not a Filmmaker...), producteur de documentaires (Paul Morrissey, in the Flesh, Walk Away Renée... ) et du dernier Larry Clark (The Smell of Us) présentera sa web-série Santa Muerte, Vierge des oubliés (France, 2016, 60’).

RENCONTRE avec PAUL BLAIN autour de deux films de GÉRARD BLAIN

Looser junkie dans Tout est pardonné de Mia Hansen- Løve et homme du peuple tendre et fataliste dans Un beau soleil intérieur de Claire Denis, PAUL BLAIN présentera deux films radicaux de son père, le réalisateur GÉRARD BLAIN : LE REBELLE (France, 1980, 105’) et JUSQU'AU BOUT DE LA NUIT (France, 1995, 105’).

FILMS RARES

Les belles manières de Jean-Claude Guiguet (France, 1978, 86’), le chef-d'œuvre d’un cinéaste précieux, en avant-première restaurée !

Bartleby (France, 1976, 96’) une pépite télévisuelle réalisée par Maurice Ronet - l’acteur de Ascenseur pour l'échafaud, Le Feu follet et Plein Soleil - d’après la nouvelle éponyme d'Herman Melville.

PETITS REBELLES

Les enfants retrouveront le plus célèbre des hors-la-loi et sa bande dans Robin des Bois de Wolfgang Reitherman (États-Unis, 1973, 83’), une production Disney. Et les plus grands, Les Aventures de Robin des Bois de Michael Curtiz et William Keighley (États-Unis, 1938, 102’).

EUGÉNIE ZVONKINE, Maîtresse de conférence à l’Université Paris 8, spécialiste du cinéma soviétique, présentera La Petite Véra de Vassili Pitchoul (Russie, 1988, 135’).

Enfin, un ciné-goûter avec Katia et le crocodile de Vera Simkova et Jan Kucera (Tchécoslovaquie, 1966, 70’). Dans la Tchécoslovaquie de 1965-66, ce film fait figure d'annonciateur du Printemps de Prague. Il ravira petits et grands.

LA NUIT STRAY CAT ROCK

Comme à chaque édition, la nuit du samedi sera consacrée au cinéma de genre avec cette fois l'intégrale inédite en France d'un joyau du cinéma d'exploitation japonais, la série Stray Cat Rock de Yasuharu Hasebe et Toshiya Fujita. Dans les cinq films, la belle et dangereuse Meiko Kaji (aussi héroïne de Lady Snowblood ou Elle s'appelait Scorpion) dirige un gang de motardes bien décidé à faire mordre la poussière au gang masculin rival, les Eagles.

STRAY CAT ROCK: DELINQUENT GIRL BOSS de Yasuharu Hasebe (Japon, 1970, 80’) / STRAY CAT ROCK: WILD JUMBO de Toshiya Fujita (Japon, 1970, 84’) / STRAY CAT ROCK: SEX HUNTER de Yasuharu Hasebe (Japon, 1970, 85’) / STRAY CAT ROCK: MACHINE ANIMAL de Yasuharu Hasebe (Japon, 1970, 82’) / STRAY CAT ROCK: BEAT '71 de Toshiya Fujita (Japon, 1971, 86’)

CLASSIQUES

Le rebelle de King Vidor (États-Unis, 1948, 114’)
Le Démon des armes de Joseph H. Lewis (États-Unis, 1950, 86’)
L’équipée sauvage de Laszlo Benedek (États-Unis, 1953, 79')
La Fureur de vivre de Nicholas Ray (États-Unis, 1955, 111’)
Un petit caroussel de fête de Zoltán Fábri (Hongrie, 1956, 90’)
Spartacus de Stanley Kubrick (États-Unis, 1960, 198’)
La solitude du coureur de fond de Tony Richardson (Royaume-Uni, 1962, 105’)
Seuls sont les indomptés de David Miller (États-Unis, 1962, 107’)
Les Anges sauvages de Roger Corman (États-Unis, 1966, 93’)
Avoir vingt ans dans les Aurès de René Vautier (France, 1972, 100’)
Angela Davies : Portrait of a revolutionary de Yolande du Luart (États-Unis, 1972, 60’) LA COUPE A DIX FRANCS de Philippe Condroyer (France, 1975, 100’)
Vengeance de Johnnie To (France-Hong-Kong, 2009, 109’)

TABLE RONDE

Une table ronde « Filmer les mobilisations sociales sous l'état d'urgence (permanent) », en présence de militants, réalisateurs, journalistes et membres de la société civile.


18es JOURNÉES CINÉMATOGRAPHIQUES DIONYSIENNES - REBEL REBEL

7 - 13 février 2018

Cinéma L’Écran Saint-Denis

www.dionysiennes.org

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