Rencontres rebelles

À J-7, voici les dernières choses à savoir concernant la programmation des 18es Journées cinématographiques dionysiennes. Comme à l'accoutumé, le festival propose de nombreuses rencontres avec des réalisateur(trice)s, comédien(ne)s, critiques, historiens du cinéma, et membres de la société civile. Petit tour d'horizon...

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Bertrand Mandico, s'est fait connaître pour ses courts métrages où le merveilleux et le folklorique aident à dérouler un imaginaire foisonnant qui parle d'un monde aux allures grotesques. Il présentera, lundi 12 février à 20h45, avec ses actrices Pauline Lorillard et Vimala Pons en avant-première, son premier film très attendu après de nombreux prix en festivals (Venise, Festival du nouveau cinéma Montréal, Entrevues Belfort...), LES GARÇONS SAUVAGES.

Natalia Meschaninova, jeune réalisatrice russe remarquée au festival de Rotterdam en 2014, présentera le vendredi 9 février à 21h15 son premier film inédit en France, THE HOPE FACTORY. Une séance animée par Eugénie Zvonkine, maître de conférences en cinéma à l'Université Paris 8, spécialiste du cinéma russe.

Pascal Tessaud, réalisateur de Brooklyn (2014), viendra fêter, le jeudi 8 février à 21h00, les 10 ans de son documentaire SLAM, CE QUI NOUS BRÛLE, en compagnie de slammeurs du 93 en special guests ! Il présentera juste avant, à 19h, un classique sur le début du hip-hop à New-York : BEAT STREET de Stan Lathan.

Lionel Soukaz, cinéaste militant gay, Christophe Martet, ancien président d'Act Up-Paris, et Stéphane Girard, réalisateur, se retrouveront le samedi 10 février à 16h30, pour dialoguer, à partir d'un documentaire inédit réalisé avec des extraits du JOURNAL ANNALES de Lionel Soukaz réalisé dans le cadre d'une commande de l'Agence française de lutte contre le SIDA sur le 1er décembre 1992, autour des luttes d'Act Up-Paris au début des années 90.

Pierre-Paul Puljiz, réalisateur (Mexico City ConversationsJonas Mekas: I Am Not a Filmmaker...), producteur de documentaires (Paul Morrisseyin the Flesh, Walk Away Renée... ) et du dernier Larry Clark (The Smell of Us) présentera le mardi 13 février à 19h15 sa web-série SANTA MUERTE, VIERGE DES OUBLIÉS.

Looser junkie dans Tout est pardonné de Mia Hansen-Løve et homme du peuple tendre et fataliste dans Un beau soleil intérieur de Claire Denis, Paul Blain présentera, dimanche 11 février à 12h15 et 14h, deux films radicaux de son père, le réalisateur GÉRARD BLAIN : LE REBELLE et JUSQU'AU BOUT DE LA NUIT.

Christophe Kantcheff, directeur de la rédaction de Politis, accompagnera la réalisatrice Patricia Mazuy lors de la projection, lundi 12 février à 18h45, de TRAVOLTA ET MOI, téléfilm réalisé pour Arte dans le cadre de la série Tous les garçons et les filles de leur âge et Léopard de bronze au Festival de Locarno.

En partenariat avec le PCMMO - Panorama des cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient, la réalisatrice Heiny Srour présentera deux films le vendredi 9 février à 19h : le court métrage THE SINGING CHEIKH  et L'HEURE DE LA LIBÉRATION À SONNÉ, documentaire sans concession sur l'histoire d'une révolution en train de se faire, le récit unique d'une guerre oubliée. La séance sera animée par Olivier Hadouchi, historien du cinéma.

En partenariat avec Cinéma(s) d'IranAsal Bagheri, docteure en Sémiologie et linguistique, spécialiste du cinéma iranien et auteure, présentera, dimanche 11 février à 16h15, RESPIRATION PROFONDE de Parviz Shahbazi. Un film qui montre le malaise de la jeunesse iranienne et la difficulté d'aimer dans un régime totalitaire.

Didier Daeninckx, grand maître du roman noir français, accompagnera le cinéaste Med Hondo lors de la projection de LUMIÈRE NOIRE, tiré de son roman homonyme, le dimanche 11 février à 16h00.

Nicole Brenez, programmatrice et maître de conférences à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, présentera, samedi 10 février à 14h30, deux films autour ou sur Angela Davis : GENET PARLE D'ANGELA DAVIS de Carole Roussopoulos et ANGELA DAVIS : PORTRAIT OF A REVOLUTIONARY de Yolande du Luart

Et puis, les 50 ans de MAI 1968 seront l'occasion de donner Carte Blanche à la Cinémathèque française. Le mardi 13 février à 21h, Samantha Leroy, chargée de la valorisation des collections films et Hervé Pichard, chef du service enrichissement des collections films à la Cinémathèque française présenteront six films d'époques. Cet anniversaire sera également l'occasion d'une Ciné-conférence présentée par Tangui Perron historien, chargé du patrimoine audiovisuel à Périphérie, et intitulée MAI et JUIN 68 : UNE RÉBELLION OUVRIÈRE, le jeudi 8 février à 18h45.Au programme, archives filmiques et hommage à la chanteuse Colette Magny à 20h45, avec le documentaire d'Yves-Marie Mahé, en sa présence, LA CHANSON POLITIQUE DE COLETTE MAGNY. Dans la lignée de ces événements, la Table ronde de cette 18e édition aura pour thème "Filmer les mobilisations sociales sous l'état d'urgence (permanent)". Elle sera animée par Tangui Perron, assisté de Louisa Fourage. Intervenants : Mariana Otero, réalisatrice, Vanessa Codaccioni, historienne et politologue, Frédéric Raguénès, vidéaste militant.

Les petits rebelles ne seront pas en reste. Le mercredi 7 février à 14h, ils retrouveront le plus célèbre des hors-la-loi et sa bande dans ROBIN DES BOIS de Wolfgang Reitherman, une production Disney, tandis qu'à 14h15, les (un petit peu) plus grands découvriront LES AVENTURES DE ROBIN DES BOIS de Michael Curtiz et William Keighley. Le vendredi 9 février à 10h Nicolas Chaudagne de l'ACRIF présentera UN ROI À NEW-YORK de Charlie Chaplin. Mais le point d'orgue de cette programmation jeune public est certainement le ciné-goûter du dimanche 11 février à 14h30. Les plus petits à partir de 5 ans pourront déguster un délicieux "4 heure" après avoir vu KATIA ET LE CROCODILE de Vera Simkova et Jan Kucera. Ce film qui fait figure d'annonciateur du Printemps de Prague, ravira petits et grands ! Enfin, Eugénie Zvonkine présentera aux ados LA PETITE VERA de Vassili Pitchoul le mardi 13 février à 13h30.

Les Journées cinématographiques dionysiennes sont aussi l'occasion de découvrir ou redécouvrir des films rares et de grands classiques. En voici un florilège : BARTLEBY une pépite télévisuelle réalisée par Maurice Ronet - l'acteur de Ascenseur pour l'échafaudLe Feu follet et Plein Soleil - d'après la nouvelle éponyme d'Herman Melville, sera projeté le mardi 13 février à 17h15. Le même jour, mais à 19h, c'est la critique Marie Anne Guerin qui présentera le chef-d'oeuvre de Jean-Claude Guiguet : LES BELLES MANIÈRES, en avant-première restaurée ! Nous feront également un clin d'oeil appuyé à un jeune insoumis qui a récemment fêté ses 101 ans : Kirk Douglas, avec SEULS SONT LES INDOMPTÉS, jeudi 8 février à 16h, et  le péplum de Stanley Kubrick, SPARTACUS, dimanche 11 février à 10h15. Marlon Brando et Gary Cooper ne seront pas en reste avec respectivement, L'ÉQUIPÉ SAUVAGE de László Benedek, le lundi 12 février à 14h et LE REBELLE de King Vidor, mardi 13 février à 16h. À noter également : TABOO de F.W. Murnau, mercredi 07 février à 16h, INVASION LOS ANGELES de John Carpenter, mercredi 7 février à 9h30, LES ANGES SAUVAGES de Roger Corman, lundi 12 février à 16h15et le film qui a inspiré notre affiche officielle : POINT LIMITE ZERO de Richard C. Sarafian, vendredi 9 février à 12h.

Et puis, le festival se devait de rendre hommage à Johnny Hallyday, l'une des grandes figures rebelles du rock hexagonal ! Vendredi 9 février seront montrés, à 15h, le court métrage À LA MÉMOIRE DU ROCK de François Reichenbach, qui film la jeunesse des années 60, déchaînée par le rock, au cours des premiers grands concerts donnés en France en 1961, et À TOUT CASSER de John Berry, film inclassable, avec l'invraisemblable confrontation Eddy Constantine - Johnny Hallyday qui fait sans arrêt osciller l'ensemble d'un âge à l'autre, d'un mythe à l'autre, d'un ton à l'autre. Et à 16h15, VENGEANCE de Johnnie To, polar virtuose qui offre un rôle taillé sur mesure à Johnny Hallyday !

Enfin, comme à chaque édition, la nuit du samedi sera consacrée au cinéma de genre avec cette fois l'intégrale inédite en France d'un joyau du cinéma d'exploitation japonais, la série STRAY CAT ROCK de Yasuharu Hasebe et Toshiya Fujita. Dans les cinq films, la belle et dangereuse Meiko Kaji dirige un gang de motardes bien décidé à faire mordre la poussière au gang masculin rival, les Eagles. La Nuit Stray Cat Rock sera présentée le samedi 10 février, à partir de 20h30, par Dimitri Ianni, critique de cinéma, spécialiste du cinéma japonais. En partenariat avec Bach Films.

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