lettre aux futurs candidats de gauche à la présidentielle

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Voicile texte que je viens d' écrire en avant-première de la campagne de2012 et...

 

En réponse à Martine Aubry et JackLang après qu' ils se soient prononcés sur France Inter

contre la suppression de l'élection présidentielle au suffrage universel .

 

Il constitue ma pierre à l' édificecommun. Mais j' aurais aimé que d' autres se chargent de ceproblème. Sans doute son contenu n' est-il pas sans défaut.

Mais il part d' un constat irréfutable: en 55 ans, seul Mitterrand a pu être éluPrésident.

Alors, crétin -Mitterrand(1965) ? nul– Mitterrand(1974)? insignifiant - Jospin( 1995) ? en tête dupremier tour. Inexistant Jospin( 2002)? Pardon, là, oui .

Et Ségolène, la ''petite chèvre duPoitou'' qui s' est battue comme une lionne ….

…..Et puis, ''qu' au matin malheureusement, le loup a mangée'' !!

Reconnaître qu' il y a un problème,c' est déjà essayer d' y trouver une solution .

 

 

LETTREAU FUTUR CANDIDAT SOCIALISTE A LA PRESIDENTIELLE .

 

ChersMartine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, DSK et lesautres,

 

l’un de vous sera, du moins je l'espère, le prochain candidat de gauche au 2eme tour de 2012, encore que l’avenir n’appartienneà personne et encore moins, l’avenir politique, 2002 n'étant pas près d’ être oublié.

Pourquoice message ? Parce que, depuis 2007, je ne cesse de prédireque N. Sarkozy sera réélu en 2012 et ce, quelque soit sonconcurrent et que cette prédiction qui semblait invraisemblable ily a encore quelques semaines ne le parait plus autant aujourd’hui.

Pourtant il y a une différence entre l’avis général et le mien, c’estque, dans un cas,

N.Sarkozy pourrait être élu pour des raisons conjoncturelles, parexemple la '' division des socialistes'', alors que pour moi, il lesera inévitablement pour des raisons structurelles inhérentes autype d’élection, à savoir le suffrage universel- DIRECT- etson corollaire,

LA DEMAGOGIE.

Faut-ilque les socialistes soient si imbus de leur valeur qu’ilsignorent à quel point ils n’ont, non seulement pas la taillemais pas

d' avantage les outils pour ce type d’élection.

L’histoire,(car, après 50 ans, on peut commencer à parler d’histoire), leura pourtant démontré leur faiblesse extrême dans ce domaine.Néanmoins, ils acceptent cette situation.

Etnon seulement ils vont au''casse-pipe'', mais ils se battent pouravoir le droit d’y aller.

Cette attitude est conforme à la règle de ce système :

''Puisqu’ils’agit d’élire un seul personnage, pourquoi pas moi'' ? D’où ces batailles d’ego, ces constitutions de clans, ces déclarations intempestives à la presse, toutes attitudes naturellement humaines mais imposées par De Gaulle à son profit ou, plutôt pour la préservation de l'avenir de son camp, compte tenu de son âge (72 ans) au moment du référendum de 1962.

Le résultat (un seul président de gauche en 50 ans) a démontré lesuccès de l'opération.

Parailleurs, vos expériences politiques sont trop pointues pour quevous ignoriez que, malgré les sondages très favorables, dès queseront connues les candidatures de gauche et de droite, lescompteurs seront mis à égalité. Pour autant, le seront-ilsvraiment ? Je pense que non.

Etce, pour au moins trois raisons :

1)La première est que, d' une part, structurellement, la population française vieillit et donc, évolue vers plus de conservatisme.

Quatre preuves de cette assertion :

  1. la demande de plus en plus importante de sécurité.

  2. à l’inverse, une des raisons du succès de F.Mitterand (il y en eut d’autres, nous allons le voir) fut le passage de la majorité à 18 ans.

  3. si, en 2007, le corps électoral s’était limité aux moins de 65 ans, c'est SégolèneRoyal qui aurait été élue.

    4. le retour en force de la xénophobie dans notre société.

2)La deuxième est que la société française a toujours eu uncentre de gravité légèrement décalé à droite ; en effet,

-La France a été, jusqu’ à récemment une société agricole et '' l’exode rural'' est encore trop récent pour avoir changéen profondeur les mentalités. (N.B. Je fais allusion, on l’auracompris, non à tel ou tel citoyen pris individuellement, mais aucorps électoral dans son ensemble.)

-Elle a été dirigée depuis ses origines et pendant la plus grandepartie de son existence par un CHEF qui lui fut souvent imposé:(Rois, Empereurs, Dictateurs, Présidents élus au S.U. direct etc )

-Plusieurs de ces chefs sont nés de coup d’état (18 brumaire, 2décembre 1851, juin 40,13 mai1958) sans compter les soubresauts qui, rétablissant l’ordre nefaisaient que mettre en place d’autres ''pouvoirs forts'' même s’ils payaient d’un peu de liberté leur droit à

s’ imposer : (Restauration, 1830, 1848, et même le soi- disantsuffrage universel rétabli après le coup d' état du 2 décembre1851).

Cela a fait qu’au sein de la société française, ces situationsont fini par sembler naturelles et par faire partie del’inconscient collectif.

Et si la troisième république fut une exception, ce fut sans doutedû à la victoire de 1918.

Mussolini,expert en ''régimes forts'' avait reconnu que, sans la guerre de 14,c'est en France qu’ aurait dû naître le fascisme.

Quantà la quatrième République, le souvenir trop frais de l’EtatFrançais et de son Chef ne laissa pas à De Gaulle lapossibilité, en 1946, d’ imposer sa vision des institutions.

Douzeans après les choses avaient mûri.

Orla notion de chef ne va pas sans celle de ''culte du chef ''. Etcette notion fait partie du patrimoine génétique de la droite, ôcombien bonapartiste, qui s’impose en France aujourd’hui et quine fera jamais partie des outils intellectuels de la gauche et encoremoins du parti socialiste.

 

Monpère qui fut mon Mentor en mathématiques, me disait, quand jeséchais sur un problème : ‘’ relis l’énoncé !’’et, presque toujours, au bout de cette démarche, il y avait lasolution.

Malheureusement,il me semble que les socialistes ont renoncé depuis bien longtemps àse poser des questions sur leur problème et même qu’ils ontrenoncé tout simplement à s'avouer qu’ils en avaient un.

Pourtant,non seulement ce problème existe, mais encore il est parfaitementidentifiable et constitue la troisième raison.

 

3) Cette troisième raison tient, tout simplement, au cadre del’élection présidentielle. Le suffrage universel - direct -est la cause qui me fait penser que la gauche n’a aucune chance de l’emporter.

Ségolène Royal a fait ce qu’il fallait en 2007 et elle l’a, à monavis, plutôt bien fait.

Cetavis, le mien, est celui d’un électeur-citoyen de base qui nes’est jamais laisser aller, commecertains, à la traiter de cruche, au prétexte qu’ elle était unefemme.

Quoiqu’enait pensé C. Bartolone dans son livre ''une élection imperdable'’, mais son livre est celui d’ un ‘’ technicien’’ de la politique aujour le jour, on ne perd pas une élection présidentielle parcequ’on décommande des journalistes à la dernière minute.

Quantaux clignotants qui étaient au vert en janvier 2007, je lui rappelleles sondages

Mitterand-Giscard,en janvier 1981 : G : 54% - M : 46%.

 

Certes,on peut toujours faire mieux mais, sans vouloir critiquer ses concurrents, il me semble qu’elle avait intégré sans doute mieux qu’eux et encore pas complètement, la mécanique de cetteélection.

Quelest donc le problème du PS ?

Partie en 1958, avec le handicap que l’on connait, la gauche, en fait, leparti socialiste, a, en 50 ans gagné toutes sortes d’électionset s’est rendue maîtresse des régions, de la majorité desdépartements et des grandes villes.

En 2011, elle peut, chose encore impensable il y a peu, devenirmajoritaire au Sénat.

D’où la question que j’enrage de voir le partisocialiste ne jamais se poser :

’’ Pour quelles raisons a-t-elle toujours échoué à laprésidentielle ?’’ Quand je dis

''toujours'', je n'oublie pas la victoire de F.Mitterand. J'yviendrai, mais je pense que les circonstances de cette victoire sont telles, qu'au mieux, elle ne peut représenter à mes yeuxque l' exception qui confirme la règle. Question donc fondamentaleque, malheureusement aucun responsable socialiste ne se pose.

Sansdoute pour plusieurs raisons, mais la plus vraisemblable me semble être celle-ci :

Jusqu'en 2007, une sorte de deal s’était installé, sans doute inconsciemment, entre le P.S.et la droite :

Amoi, les villes, les départements, les régions, à toi, l’Elysée,Matignon, et'' l’illusion ''de gérer les affaires du monde. Alors,bien niché dans ma Mairie, mon Département ou ma Région, pourquoisortir du bois au risque de prendre des coups, voir d’être trahi par un

Brutus départemental. Avec Sarkozy, le deal est rompu caril a su mettre au service de

l' exécutif le pouvoir judiciaire, le pouvoir législatif étant defait jumelé avec l' exécutif . Même s'il s'est mis à dos lesjuges, il garde à sa botte les procureurs. Et surtout, il a mis lamain sur le pouvoir médiatique tenu essentiellement par ses''potes''.

Etl’on s’aperçoit, mais hélas trop tard, que nous vivonsdepuis 50 ans sous une ‘’dictature’’ qui, longtemps ilfaut le reconnaître, fut soft. Mais, Sarkozy que personnen’accepte de considérer comme l’ erzatz de dictateur qu’ ilest en fait, n’hésite plus à montrer son visage et ne cachepas qu’il est engagé dans une contre - révolution qui désormaisose dire son nom.

Envoulez-vous quelques exemples ? Rejet de ‘’ l’ esprit’’de 68

Coupsde boutoirs à la laïcité

Leprêtre au dessus de l’ instituteur

Ledésir de juger les ‘’malades mentaux’’ . etc etc etc

et,depuis ce début 2011, La xénophobie, comme méthode degouvernement.

Avecla remontée récente du Front National, on voit se RE- dessiner unedroite dure que De Gaulle, dans son désir d’unité nationale n’a pas voulu éradiquer après la guerre et qui n’ aura aucun mal àfaire sa jonction avec la partie la moins ‘’centriste de l’UMP’’.

Et,en perdant petit à petit ses fiefs, par l’instauration de modesélectoraux adéquats, ce que permet la constitution, la gauchepeut s’engager dans un laminage qui prendrait sans doute du tempsmais qui, inexorablement, la conduirait au stade de la gaucheitalienne, voir, de l’ israëlienne. Car......

 

....en 1940, l' ETAT FRANCAIS n'est pas né du néant.

La France était loin d'être un îlot de démocratie au milieu d’unocéan de "fascismes"

Aujour d'hui, non seulement la France subit, peut-être plus encorequ' ailleurs, la poussée de l' extrême-droite, mais c' est toutela société qui suit cette trajectoire. Alors est-il anormal devoir des élus U M P prôner un rapprochement avec le FN ? Quant àla politique menée par N.Sarkozy, même si elle est dictée,soi-disant, par un certain pragmatisme, il ne peut s'empêcher delaisser transparaître ses penchants que l'on qualifie debonapartistes mais qui, le moment venu, pourront tout à faits'adapter à des "temps nouveaux" que la France n'a, hélasque trop connu.

Alorsje pose la question:'' pourquoi, ayant pu remporter tout typed'élection, la gauche a toujours échoué dans les scrutinsprésidentiels ?''

Etsurtout, pourquoi sauf exception improbable, elle échouera ànouveau quelque soient les circonstances.

Certes,il y a une contradiction entre le fait de prétendre que le centre degravité de la France penche à droite et le constat que la gauches’ est rendue maîtresse de nombreux leviers de pouvoirs‘’régionaux’’. Pourtant cette contradiction n’est qu’apparente. En effet, nous y reviendrons, il est plus facile, pour uncandidat démocrate, de se faire entendre par des petits groupes d’électeurs au moyen d’ arguments choisis que de convaincre l’ensemble du corps électoral avec ce même type d’ arguments, faceà un concurrent de droite capable de leur opposer des tombereauxde démagogie.

Acela, les psychologues et les sociologues ont répondu depuislongtemps, mais comme il n'y a pire sourds que ceux qui ne veulentpas entendre, le parti socialiste fait l'autruche se contentant destigmatiser la démarche de S. Royal en 2007, en faisant semblant d'ignorer les deux défaites de L.Jospin, les victoires-plutôt à laPyrrhus- de Mitterand ( N.B. la gauche victorieuse ne disposant que d' un temps limité pour appliquer son programme sans parler duvirage économique imposé.) et en priant pour l' émergence d' un''sauveur suprême'', oubliant ''qu' il n' est pas de sauveursuprême'' ce qui est un comble pour des gens qui n' ont pas renoncé à chanter l' Internationale dans leurs congrès.

 

Pour moi, une seule réponse:L'ELECTION AU SUFFRAGE UNIVERSEL DIRECT., mère de toutes les dérivesde la cinquième République.

Que F.Mitterrand, qui fut un deshommes politiques parmi les plus fins, n' ait pas compris que lavictoire de 1981 n’était qu’ un accident et non l’aboutissement normal des succès successifs de la Gauche, car obtenus dans des élections d' un type différent, que L. Jospin, ancientrotskyste, expert donc en ''gestion des masses'' ait amplifié leprocessus de destruction de la gauche en inversant le calendrierélectoral, mais surtout, que les socialistes d' aujourd' hui puissent croire à une victoire (normale!) dans le cadre électoralactuel me laisse pantois.

Mes chers camarades-candidats, commedit Martine, je vais essayer de vous montrer l'erreur dans laquelleje perçois que vous êtes depuis toujours en espérant que celui oucelle qui sera choisi(e) pourra trouver la méthode pour noussauver.

Je le ferai en traitant deux thèmes :1. Mitterand, dans des conditions normales, n'aurait jamais dû êtreélu. Si j'arrive à vous convaincre de ce qui m'apparaît comme uneévidence, alors vous ne pourrez pas éluder la question principale,à savoir

2. Pourquoi, depuis 1958, jamais,à part donc, Mitterrand, aucun candidat de gauche n'a pu être éluprésident.

 

PourquoiMitterrand n'aurait pas dû être élu en 1981 ?

ou du moins :''pourquoil'élection de Mitterand fut exceptionnelle?

A cette question, deux types deréponses :

1=des réponses conjoncturelles.

2= une réponse structurelle.

………………….A). Lesréponses conjoncturelles

Pour cela, il faut remonter à 1974 et l'élection de Giscard. Si De Gaulle a voulu l'électionprésidentielle au suffrage universel direct, ce n'est certainementpas pour favoriser l'élection

d'un Sarkozy, pour lequel il auraiteu, j’ imagine, beaucoup de mépris, et pas plus celle de Giscard qui n’était pas de sa ''famille'' ce que démontrèrentles ''cactus'' qui furent à l' origine de sa défaite en 1969.

Le candidat ''naturel'' des gaullistesqui aurait dû s'imposer en 1974 était Chaban-Delmas.

C'est la première trahison de Chirac (plus pompidolien que gaulliste), qui fit élire Giscard, brisantainsi la chaîne de la famille gaulliste. Les suivants furent des‘’usurpateurs’’ ce qui, aujourd'hui, semble évident.

Première conclusion donc : rupture dela chaîne gaulliste, ce qui entraîne la

Deuxième conclusion, à savoir,l'arrivée dans la chaîne d' un crâne d' oeuf, sûrement pas degauche, mais d' une droite traditionnelle qui, parce qu’il étaitjeune, mit en place une politique ’’éclairée’’ (contraception, avortement, majorité à 18 ans.....) mais qui, n'ayant pas lu le mode d' emploi de la constitution, géra la France enfonction de conceptions économiques mises en place par un RaymondBarre qui n'avait cure des électeurs, ce qui entraîna sa perte cardeux adversaires avaient, eux, réfléchi sur la constitution:Mitterrand ET Chirac

( via peut-être Juillet et Garraud).

Pour Chirac, le problème étaitsimple: Débarrassé des gaullistes par la victoire de Giscard, ilconvenait de se débarrasser non seulement de ce dernier mais de lafamille centriste c.a.d l'UDF.

Trop ''tendre'' pour aborder leproblème de face, il n'avait pas d' autre solution que de passer

momentanément la main àl'opposition c.a.d Mitterand.

La stratégie parait simple, aposteriori :

1= virer Chaban.

2= s’opposer à la première occasionà Giscard (démission du poste de premier ministre)

tout en préparant l’avenir encréant le RPR.( N.B.On a ici la preuve que, dans l’ électionprésidentielle au S.U. direct, il est indispensable que le candidatdispose, comme Chirac avec le RPR ou Mitterrand, avec le P.S., d’un parti soudé derrière lui. On rêve de chefs de courants du P.S.prêts à sacrifier leur ego pour le bien de tous.

3= passer la main à Mitterand enattendant son heure.

De là, le débat sur la rencontreMitterrand-Chirac chez Edith Cresson.

Mais surtout, la lamentable gestionpar Giscard de l' Affaire des Diamants constitua le troisièmefacteur favorable à l' élection de Mitterrand, circonstance qui n'a aucune chance de se reproduire.

Quatrième facteur favorable àl'élection de Mitterrand : La majorité que Giscard avait ramené à18 ans amena dans le corps électoral des jeunes plutôt favorables àla gauche.

Au jour d’hui, les jeunes s’abstiennent plus que les vieux qui, eux, votent systématiquement.

Cinquième facteur : Les Communistes.Certes, les communistes ne s'étaient pas encore complètementeffondrés mais payèrent

  1. La prise de position sur l'Afghanistan,

  2. Le '' bilan globalement positif '',

  3. L'effritement, incontestable, mais non encore évalué à cette époque, du PC au profit du PS.

(petite anecdote: arrivé enmétropole en 1961, venant d' Algérie, j'avais rapidement intégréun groupe d' étudiants , tous encartés au PC et pour lesquels, j' étais un''social-traître''.

En1981, je retrouvai tousces gens encartés, voir élus du PS.)

Ainsi le PC était devenu une ''forced' appoint '' non- négligeable mais ayant perdu son pouvoir de nuisance.

Aujourd' hui, il est patent que les ‘’masses communistes’’ ont plutôt rejoint leFN.

ESSAYEZ DE TROUVER, DANS LE PAYSAGE POLITIQUE ACTUEL ,

UNE TELLE SERIE DE FACTEURS FAVORABLES!!!

Mais le facteur le plus important,celui qui conditionne toute la mécanique de cette élection,

celui qui, à lui seul, constitue laréponse structurelle et dont l’ absence permit l’ élection deMitterrand, ce fut LA DEMAGOGIE.

 

……………………B) La réponsestructurelle

Celle-ci concerne le corps électoralet la démagogie à laquelle il est confronté dans ce type

d’ élection.

Il faut remarquer que la France est laseule démocratie à posséder ce type d’élection, en dehors derégimes qui lui furent inféodés et qui l’ont imité, ce quiconfirme la relation forte entre le peuple français et le soi-disant suffrage universel dont relève cette élection. En Europe,les pays où existe ce système ont des présidents qui inaugurentles chrysanthèmes. Mais, passons.

 

PREMIEREMENT:

Je ne suis pas psychologue, je ne suispas sociologue mais j'ai été confronté, personnellement, il y afort longtemps à une expérience dont je garde, encore aujourd’hui, un souvenir vivace. Ce souvenir le voici:

Alger- avril 1961 : ''Putsch desgénéraux''.

Il y a là, près de la Grande Poste,quelques dizaines de milliers d'algérois, l'atmosphère semblebon-enfant (on est en Méditerranée) mais on la sent tendue.Musique militaire, on applaudit quelques soldats - rebelles, onconspue De Gaulle, le tout de façon un peu désordonnée et puispetit à petit, les choses se mettent en place : les slogans sontplus structurés, leur rythme devient plus contrôlé, on fait monterl’énervement de la foule.

Et puis, à un certain moment, bienqu' hostile aux évènements, je sens que, si je relâche mon ''self- contrôle'', je vais ‘’gueuler’’ avec les autres.

Et ce souvenir est de nature physique, corporelle.

Pourquoi j'évoque cet évènement ?Parce qu'il confirme ce que disait Gustave Lebon à la fin

du 19ème siècle.

Lisez ou relisez à ce sujet, SergesMoscovici. Lebon, dans son livre ‘'La Psychologie des foules''nous dit, mais l'ensemble du livre pourrait être cité et celaconstitue mon :

DEUXIEMEMENT:

''Par le fait seul qu'il fait partie d' une foule ( les temps ayant changé, pour notre sujet, il

s’ agit de l' ensemble desélecteurs), l' homme descend plusieurs degrés sur l' échelle dela civilisation. Isolé, c'était peut-être un individu cultivé, enfoule, c'est un instinctif, par conséquent, un barbare. Il a laspontanéité des êtres primitifs. Il s'en rapproche encore par safacilité à se laisser impressionner par des MOTS, des IMAGES etconduire à des actes lésant ses intérêts les plus évidents. L'individu en foule est un grain de sable que le vent soulève à songré. A partir de ce constat, G. Lebon en retire une méfiance vis àvis des foules et de leurs meneurs. Celles qui l’effrayaient à l'époque étaient des foules populaires et leurs meneurs, les''syndicats''. Au jour d'hui,dans le cadre de l' élection ausuffrage universel direct les démagogues ( et Sarkozy,reconnaissez-le en est l' archétype) ont compris quels bénéficesils pouvaient tirer de la manipulation des ''foules'' car si les''foules'' sont encore populaires, leurs manipulateurs, on le saitbien peuvent être de tous horizons et dans le sujet qui nousconcerne, ils sont de droite.

Par ailleurs, je ne peux m’empêcherde penser à un reportage dans lequel on voyait Mitterand, surune estrade un peu haute, se pencher vers des militants, le brasdirigé vers eux dans un geste qui semblait les ramasser. Et biensûr, le visage de Mitterrand sur fond de clocher- France profonde.Voilà pour les IMAGES.

EN 1965, DE GAULLE EST MIS ENBALLOTTAGE PAR MITTERAND!! Il n' a pas fait campagne. Il se souvientque la télévision existe, lui qui l'a tant utilisé pendant laguerre d' Algérie et, par la magie du verbe, rétablit la situation .Voilà pour les MOTS.

Cela, Mitterand s'en souviendra et ''changer la vie '' n' est qu' un slogan sans plus de substance que ''aller chercher la croissace avec les dents'' inventé par Lui qui, àl' instar de L' autre, se rasait souvent.

TROISIEMEMENT:

Pour ce troisième argument, je m'appuye sur ''L'âge des foules '' de S.Moscovici.

Celui-ci faisant référence à Lebonet Tarde leur fait imaginer un système politique ''conforme àla nature humaine et, en principe, stable''. …. Ces systèmes,relève Moscovici, semblent avoir reçu un commencement deréalisation, sous nos yeux, au cours des 20 dernières années ( c' est à dire sous la cinquième république).

En effet, si l'on distingue, parconvention, un système Lebon et un système Tarde, il est

alors évident que, sous la cinquième République, la présidence du Général De Gaulle

correspond au premier et celle de VGE,au second.

Lebon souhaite donc une démocratiedes masses réunies autour d' un CHEF, où LE PLEBISCITE, PAR VOTEET MANIFESTATION, CONFIRME LE LIEN DE SOUVERAINETE QUI LES SOUDEENSEMBLE. Tarde plaiderait pour une Démocratie de publics, que lapresse, plus généralement, les médias, constitue et reconstitue augré des questions d' actualité.

 

Ce troisième argument appellequelques remarques :

  1. Souvenons-nous de Giscard faisant à la télévision, une démonstration au moyen d’ un tableau . Imaginez-vous un autre président ou candidat ayant la même démarche ?

Peut-être, vous,DSK et les autres. Mais alors, hélas vous connaissez lerésultat !

  1. Le livre est sorti en 1981, juste avant l'élection de Mitterand. Remplacez De Gaulle par Mitterand et l'on voit pourquoi celui-ci n'a pas cherché à changer la constitution. Et je ne résiste pas à la tentation de citer le passage suivant. En parlant de De Gaulle, Moscovici dit :

  2. ''L’ image qu' il a donnée chaque fois, et qu' il voulait préserver, était celle (de foules) réunies à distance respectueuse autour du chef unique. Il l'a fixée une fois pour toutes en déclarant:

'' J'irai à l'Arc de Triomphe, jeserai seul, le peuple de Paris sera là et se taira''.

Mettez le Panthéon et la rue Soufflotà la place de l'Arc de Triomphe. Cela ne vous rappelle rien ?

De tout ce qui précède il me semblepouvoir en tirer une conclusion difficilement contestable :

L’ élection de Mitterrand abénéficié de circonstances exceptionnelles :

a) conjoncturelles qui n’ontaucune chance de se reproduire.

b) structurelles-a contrario par la non utilisation, par le candidat de droite d’argumentsdémagogiques habituellement utilisés par ce camp.

c) et, surtout, si l' on ne peutmettre en doute les progrès de la gauche dans les périodes quiprécédèrent le 10 mai 1981, on ne peut pas non plus ignorer queltype de candidat Mitterrand dut affronter, un candidat conforme àla vision qu' aurait eu Tarde selon Serge Moscovici et tellement sûrde Lui , qu ' il s' en serait voulu d' essayer de récolter des voixgrâce à des arguments démagogiques . Tout le contraire d' unSarkozy.

 

QUATRIEME PILIER, et non des moindresqu' il faut mettre à l' actif de Mitterand, mais qui pose laquestion de savoir pourquoi, arrivé au pouvoir, il n' en a pas tiréde conclusions, d' où mon interrogation quant à sa compréhensionvéritable de la mécanique du système:

la constitution d'un parti socialisteUNI AUTOUR DE SON CHEF, après une ''franche'' négociation avecles différents courants, ce qui fut un atout et qui n'a jamais puse reproduire depuis car les courants, s'ils n'ont pas vraiment disparu, se sont plus ou moins disloqués.

Il faut remarquer qu’à l’instar deMitterand , Chirac avait tout de suite compris qu’ une victoire àla présidentielle ne pouvait se faire qu’ avec derrière soi unparti tout à sa Dévotion.

Et c’est intentionnellement que jemets une majuscule à Dévotion.

Si j'ai évoqué ces quatre arguments,c'est que je pense que, très loin d'être le stade abouti de ladémocratie, l'élection présidentielle au suffrage universel directn' en est que la caricature. Pourquoi ?

Parce que, si vous êtes un démagogue,vous aurez du mal à convaincre un seul interlocuteur. Vous aurez unpeu moins de mal à convaincre un petit groupe, parce que vous y trouverez nécessairement quelques individus aux convictions un peufragiles. Vous n' aurez par contre aucun mal à convaincre une''foule'' de très nombreux auditeurs, surtout si votre discours

- démagogique- est celui que ceux-civeulent entendre.

Or la démagogie est consubstantiellede cette élection. Et la victoire dépend de la bascule

d' environ un million d' électeurs,ceux qui mettent justement le centre de gravité plutôt à droite ,ceux qui, osons le dire, ont fait perdre Ségolène Royal .

A 150 ans de distance voyez ce que ditle Prince Louis-Napoléon Bonaparte, candidat à la présidence dansune élection au S.U direct.

Souvenez- vous de Sarko se présentantcomme un malheureux ''émigré'', ayant souffert dans sajeunesse....''

L' autre :'' élevé dans les payslibres, à L ' ECOLE DU MALHEUR, je resterai toujours fidèle...,-tu parles!!!

Et plus loin, ''...cestémoignages d'une confiance si honorable s'adressent, je le sais,bien, plus à mon nom qu'à moi-même, qui n'ai rien fait encore pourmon pays.....

legredin avait déjà, sauf erreur, quatre tentatives de coup d' état à son actif !

Maisencore menteur de surcroit : '' Je ne suis pas un ambitieux qui rêvetantôt l'Empire et la guerre, tantôt l'application de théoriessubversives.

Etl' autre, avec son attitude sur l’ Afganistan et le retour dans l’OTAN. Et la Lybie!!!

Plusloin encore :''Je mettrais mon honneur à laisser, au bout de quatreans, à mon successeur, le pouvoir affermi, la liberté intacte, unprogrès réel accompli.

Onsait ce qui advint 4 ans après. Et enfin, dans le même esprit :

'' Quelque soit le résultat de l'élection, je m'inclinerai devant lavolonté du peuple.

Camarades-candidats, vous sentez-vous capables d’ autant de démagogie, vousDsk, capable de démonstrations mathématiques aux quelles le peuplen’ entends rien, vous, Martine Aubry qui devrez passer votre tempsà vous dépétrer des 35 heures comme le capitaine Haddok de sonsparadrap, ou, vous François Hollande qui allez devoir vousjustifier sans cesse de ne jamais avoir été ministre ?

ET,COMPTEZ, LES UNS ET LES AUTRES SUR LES POTES POUR DEMANDER A LEURSJOURNALISTES DE VOUS ETOUFFER DE QUESTIONS ANNEXES, CE QU’ ILSSAVENT TRES BIEN FAIRE !!

CETYPE DE RELATION ENTRE LE CANDIDAT ET LE ''PEUPLE'' PERMET

ALA DEMAGOGIE LA PLUS EHONTEE DE S' EXPRIMER

Enquoi Mitterrand , pour gagner, s' est-il inscrit dans les règles dela cinquième république?

1= je l’ ai dit, par la stature deCHEF qu' il s' était confectionné grâce à la constitution d’un parti a) rassemblé

b) à sa dévotion

c) dont chaque courant avait mis un mouchoir sur ses différences .

2= un programme LIMITE à 110propositions, arrosant toute la société,

3=…..sous la houlette d’ unenotion on ne peut plus démagogique : la rupture avec lecapitalisme. Car, si des gens de gauche, en toute bonne foi pouvaientespérer, sinon croire en une rupture avec le capitalisme, il est foude penser que Mitterand ait pu y croire une seconde.

Mais surtout, dans ce type d' électionoù, on l' a vu depuis très longtemps, la démagogie constitue lesocle sur lequel la droite a construit son pouvoir, il eut àaffronter un candidat

dont le moins que l' on puisse direétait qu' il n' était pas adepte de ce type d' argument.

Mais on a connu, par la suite, dessituations où le candidat de droite a utilisé presqu’exclusivement la démagogie, comme arme de destruction de l’adversaire au détriment d’ un débat d’ un niveau conforme à l’enjeu.

Jacques Chirac en a usé :'' Je vaisbaisser les impôts de 25%''. Et pourquoi pas 40 ou 50%? Face àcela, Jospin: ''Je suis socialiste, mais

( devant être le présidentde tous les français,)mon programme n' est pas un programmesocialiste.'' Vous connaissez le résultat.

Quant à Sarkozy, est-il vraimentnécessaire de vous démontrer à quel point il en a abusé.

Chers camarades, le texte qui précèdepeut vous sembler bien pessimiste. Pour moi il est conforme à ceque les institutions ont fait de notre pays. La violence en moins ladémocratie française n' est pas moins malmenée que dans certainesrégions du monde

où la séparation des pouvoirs, soclede la démocratie à laquelle nous sommes attachés, est aussiinexistante que chez nous et où le CHEF détient tous les leviers.

Ecrire un projet est nécessaire, maispas suffisant car pour pouvoir l' appliquer, il faut D' ABORD gagner.

Paradoxe de cetteélection où les idées passent après le discours.

S' il est temps que l' on cesse dementir au peuple, il est surtout temps que l' on cesse de mettre lepeuple en état de croire n' importe quoi, et cela ne dépend pas delui mais de vous.

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