La manifestation de vendredi dernier à Palaiseau

La quatrième manifestation de la  campagne lancée par la CISPM, pour la fermeture des centres de rétention et HotSpots en Europe, s'est tenue le 16 septembre devant le CRA de Palaiseau. 

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Cet ancienne commune de la banlieue rouge de Paris, qui depuis le XXI siècle a vu à chaque élection des victoires plus ou moins larges des candidats de gauche, nous a accueillis avec des regards de soutien, complicité, mais aussi de méfiance.  

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Le CRA de Palaiseau a été créé en 2005 dans l'ancien hôtel de Police, juste cinq minutes à pied du métro. Il enferme exclusivement des hommes et possède 41 chambres, dont une pour l'isolement : si les policiers l'estiment nécessaire, ils menottent et isolent les détenus. Dans ces 40 chambres passent, chaque année, 600 personnes environ. Il y a toujours un nombre important de sortants de prison, à cause de sa proximité avec la maison d'arrêt de Fleury-Merogis. Et, comme par hasard, les mesures d'éloignement se vérifient souvent quelques jours avant la libération de l'étranger, pour faire en sorte que le délai de recours puisse expirer une fois qu'il arrive en CRA. En 2015 le placement en rétention de personnes interpellées aux guichets de la préfecture  de l'Essone, dans le cas de remises de Dublin, a été régulier.

Cet établissement est devenu connu au grand public pour les évasions, les incendies (mars 2012, septembre 2013, juillet 2015, mars 2016) et les violences auto-infligées qui se vérifient chaque année, comme avaler des piles de télécommande ou des lames de rasoir

Bien que la manifestation fût autorisée, la police nous a rejoints sur le chemin et a essayé de nous interdire la marche vers le CRA pour une bonne dizaine de minutes sans succès : la détermination et les arguments du collectif étaient forts et les ordres reçus par les policiers pas assez prohibitifs évidemment.

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Une fois devant l'entrée du centre nous nous sommes liés les uns aux autres avec une chaine de 10 m. Un geste symbolique en solidarité aux personnes emprisonnées – seulement parce qu’étrangères - dans le CRA d’en face. 

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Les prises de parole des délégués ont bien rappelé au mégaphone l'importance de cette campagne et les implications de ce combat : plus que jamais manifester contre les CRA et exiger leur fermeture est nécessaire aujourd'hui, en réponse à la représentation construite par les discours des politiciens et leurs médias, qui voit en tous les étrangers une menace pour la sécurité. 

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Nous avons crié tellement fort que les détenus dans le CRA ont bien entendu qu'ils n'étaient pas seuls. Ils ont sorti leur bras des grillages et participé à cette protestation. Un moment très fort pour tous.

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Cf. Vidéo ici 

 

  

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