Crise mon combat : aux armes, cul-terreux !

Je n'arrive plus à me sortir ce mot de la tête : crise, crise, crise ... quand tu nous tiens ? C'est très frustrant, quand on y pense. C'est pas ma faute, à moi, la crise des subprimes, alors pourquoi c'est moi qui aide les banques ?
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Je n'arrive plus à me sortir ce mot de la tête : crise, crise, crise ... quand tu nous tiens ? C'est très frustrant, quand on y pense. C'est pas ma faute, à moi, la crise des subprimes, alors pourquoi c'est moi qui aide les banques ?

Tous ces événements vont très vite, et si on a pas un Master de sociologie et un Doctorat en économie politique, les détails viennent à nous échapper. En simplifiant à l'extrême, on peux dire : « On est dans la merde ». Bon, ça c'est clair. Mais moi j'ai envie d'en sortir, alors je vais plus loin dans l'analyse. Et un constat édifiant, pourtant si évident, me parvient soudainement :

 

- Quand je sors manifester ma colère dans la rue, un panel de français me traite de fainéasse de fonctionnaire arriéré trop payé ayant peur du changement;

- Quand les martiniquais vont manifester à leur tour, on leur demande d'un air bougon de retourner travailler au lieu de faire la sieste après leur apéro de ti-punch non mais sans blague;

- Quand on dit de Sarkozy qu'il est démago, on nous réponds sans complexe que c'est la faute à la crise et qu'il faut maintenir le cap des réformes, et puis d'abord il a été élu par les français alors si t'aime pas la France tu l'aimes ou tu la quitte;

- Quand on pointe du doigt les - soit disant - « erreurs » des traders-c'est-pas-moi-j'ai-rien-fait et des banquier-pompes-à-fric-on-sait-pas-gérer-le-votre, on fait tourner la planche à billet et on leur donne - en réalité – sans concession...

 

A quand une Justice sociale ?

 

Édifiant, je vous dit. La morale des décideurs de ce monde est désormais à la solde des multinationales et l'esprit du peuple à la merci des publicités et des enquêtes de sondages. Et il fallait une crise pour vous le rappeler ? Docteur, c'est plus grave que je ne le pensait ! Moi, je suis NASA force de travailler plus pour gagner plus. On me dit de me lever tôt, mais pourquoi ? Pas pour mon épanouissement personnel en tout cas. La vrai question est : pour qui ?

« La majeure partie des richesses créée va dans la poche d'une minorité »; « 1% de la population française possède 20% de la richesse nationale ». Des phrases chocs qui ne laissent pas indifférent. Sauf peut-être les privilégiés dont nous parlons.

 

 

Le paquet fiscal ? « On ne devrait pas travailler plus de 50% de l'année pour l'Etat ». Pardon ? Laisser moi rigoler doucement. Comment avancer cet argument alors que les bénéficiaires de ce décret sont ceux qui gagnent le plus, ceux qui ont déjà beaucoup et qui maintenant ont trop. Comment parler ensuite de la dette publique et de la crise comme de fléaux devant lesquelles la France toute entière doit faire face alors que 15 milliards sont offert sur un plateau en or - que dis-je en rubis - aux moins nécessiteux avec supplément caviar, courbettes et dénigrement en bonus ?

 

Les bonus ? Parlons en. Des sommes immorales en temps normal qui se transforment en chiffres outrageusement himalayens en temps de crise. Question philosophique et de morale : un dirigeant peut-il partir avec 100 millions d'euros alors qu'il a menée son entreprise à la faillite et que le comité des actionnaires l'a démissionné ? Ici, pas de dissertation de quatre copies doubles à rendre, c'est non, non et non !!!

 

La répartition des richesses ? En 2008, l'entreprise de raffinerie TOTAL donnait 56% des profits aux actionnaires, en allouait 42% aux investissements et … 2% aux salariés. Non, je ne dirait pas choquant, je dirais … grossier, inconvenant, obscène, mufle, ordurier, scatologique, impoli, béotien, goujat, incorrect, malappris, impertinent, insolent, effronté, vulgaire, inélégant, déplacé, malséant, débraillé, impudique, indécent, licencieux, scandaleux, révoltant, scabreux. Et mon Dieu j'en passe (moi, athéiste dans l'âme, cartésien par pragmatisme).

 

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Je passe bien sur toutes les conséquences des actions de ces êtres ignobles, déchets de la société : inflation, chômage, crédits révolving, embrassement des banlieues, soulèvements dans les DOM, impacts sur l'environnement. A quand la révolution … politique ? Keynes, tu nous manque.

 

 

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