Phillippe Martinez entre la Lutte et la Schyzophrénie

Pendant que la mobilisation fait rage contre la loi travail, pendant que les salariés et les syndicats de la CGT luttent pour nous préserver d’un retour au 19e siècle, la confédération CGT continue sa course schizophrénique entre le Medef et le réseau communiste moribond.


En page 12 de l’Humanité du 1er juin, une interview d’un conseiller confédéral qui s’est fait exclure de son syndicat pour des faits assimilés à de la corruption. Rien que ça.


La confédération préserve  ce triste sire  au CESE (par qui et pourquoi exactement?), et le nomme conseiller confédéral, alors que son ancien syndicat (CGT Air France) exige qu’il reparte au boulot…puisqu’il n’a plus de mandat depuis des années.

La décence aurait voulu qu’il se fasse discret, mais non la confédération revendique la lumière éclatante des tartuffes à paillettes.

M.Martinez, vous expliquera sans aucun complexe, que c’est un usage, il s’est ainsi exprimé devant Mediapart alors qu’il était interpellé par un syndicaliste d’Air France, un soir qu’il était à « nuit debout ».

M.Martinez estime donc que couvrir la corruption au niveau confédéral est un usage. Remarquez, cela a le mérite d’être clair pour une fois. Plus de faux semblants, on assume les magouilles et on les transforme en usage et puis on donne une tribune à M.Fourrier, puisque de toute façons on est plus à ça près…Et en même temps M.Martinez passe sur toutes les télévisions pour redorer son blason et celui de la confédération grâce aux luttes des salariés qui eux sont en grève, sans payes et sans protections.

Quelle ironie et quel scandale, on couvre les turpitudes confédérales derrière le sacrifice des salariés en grève.

mais revenons à la définition de l’usage en droit social:

L’usage est une pratique habituelle, ancienne et constante, en vigueur au sein d’une entreprise, qui n’a fait l’objet d’aucun document écrit et ne résulte pas de l’application d’un accord collectif. Un usage, une fois constaté, s’impose à l’employeur et ne peut être dénoncé par lui qu’après un préavis, voire la négociation d’une compensation au titre des avantages acquis.

Rien dans ce cas précis ne relève de l’usage, la pratique est dénoncée depuis des années, l’entreprise finance ce détachement en dehors de toutes les règles de droit, la confédération magouille dans le dos du syndicat pour préserver ce détachement et M.Martinez, aujourd’hui bien élu se comporte en monarque autoritaire et abusif. Pour un début de mandat cela promet.

Je vous renvoie vers l’article que je lui avais consacré, « le nouveau surfeur d’argent », à l’époque il avait encore le crédit de ne pas être confirmé, de ne pas avoir « la main », aujourd’hui par contre, il révèle enfin sa vraie nature…l’argent et les moyens des entreprises du Medef ne le dérangent pas quand il s’agit de financer la confédération ou détacher un conseiller confédéral (élu à ce poste par le saint esprit confédéral d'ailleurs...encore un truc incroyable qui relève de la magie noire!) qui n’a plus de syndicat et qui est convaincu d’accointances avec l’employeur. Son simple détachement est une preuve de la connivence entre l’employeur et la confédération.

Et pendant ce temps M.Martinez parade sur toutes les télés de France, pour tenter de redorer une CGT confédérale ternie par l’affaire Lepaon. Sauf que la CGT confédérale aujourd’hui est la même qu’hier, M.Martinez ou M.Lepaon protègent les mêmes systèmes, acceptent le même argent patronal blanchi par la régie publicitaire, couvrent les mêmes individus douteux qui salissent notre CGT…Ne vous y trompez pas, rien de neuf au soleil si ce n’est que le le surfeur est au creux de la vague  sur une planche pourrie…

Heureusement qu'il y a le réseau de l'humanité (penchez vous un peu sur le financement et vous comprendrez un certain nombre d'aberrations...d'ailleurs si l'argent des recettes publicitaires était correctement réparti, la NVO ne serait pas en difficulté..je dis ça , je dis rien!).

Ah, les fameux réseaux confédéraux, un peu de coco, un peu de Francs Macs, un poil de socialos (plutôt discrets en ce moment!)...ça boutique ferme la haut, c'est que c'est compliqué la politique pour des simples militants de base...nous on peut pas comprendre toutes ces finesses d'argent, de relations politiques et de magouilles diverses et variées...c'est un peu nos énarques à nous en fait, tous ces responsables confédéraux qui préparent les tambouilles de l'ombre. Il faudrait leur faire confiance et avaler leur soupe avariée en se léchant les babines...?

Ne comptez pas sur nous pour valider votre menu indigeste composé de gerbi syndical à la sauce patronale...!

Pendant que nous luttons, il se placent tous. La lutte des places en première classe sur le dos des syndicats qui luttent avec courage, détermination et honnêteté…

Dommage Phillippe, tu avais une chance de marquer la postérité syndicale en te démarquant de toutes ces magouilles, tu ne pourras pas te cacher longtemps derrière les raffineries et les centrales nucléaires..l'opportunisme syndical a ses limites et sans t'en rendre compte, emporté par la griserie de la lutte de tous les camarades , tu es en train de rater le coche, à moins qu' en fait tu  sois plutôt proche de la mouche pour tenter le Buzzzz médiatique!

Nous ne sommes pas dupes et nous sommes encore vigilants et à même de botter le cul de ceux qui se croient au dessus du collectif et de la vraie solidarité qui nous caractérisent.

A bon entendeur Philou ou plutôt  filou?!

 

 

 

 

 

 

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