Macron: Du dealer au Leader

Les perquisitions de l'inquisition

Cher Manu,

 Ils ont craqué ! Tu les as apparemment fait craquer. Un Manu peut en cacher un autre, c’est la leçon de toutes ces perquisitions.

D’émission en émission tu les as dérangés, conquis, étonnés et même énervés au point que les sondages étaient favorables. Une remontée spectaculaire qui les a tous bluffés.

Du coup…ils ont décidés de te perquisitionner !

Ils t’ont alors géo-localisé, peut-être même écouté, (mais ça on ne le saura sûrement jamais), mais surtout ils ont décidé de tenter de te faire peur, une intimidation à l’ancienne, un peu barbouze et un peu extrême droite, une nouvelle police politique…à l’ancienne quoi !

Ils te l’ont dit clairement lors de la perquisition. Eux, ils sont la police, ils pénètrent chez toi quand ils veulent, ils te prennent ton téléphone et ils regardent tes messages, tes photos, tes conversations avec ton amoureuse, avec ta famille et toi tu fermes ta gueule parce que peut-être que tu es coupable de quelque chose, on ne sait jamais !

C’est un viol préventif et légal, parait-il ! Tu es dans l’opposition, Directeur de la campagne la plus transparente et la moins chère des dernières présidentielles et candidat aux élections européennes, donc tu dois être coupable de quelque chose.

Et si ce n’est pas le cas, au moins on t’explique que la force elle est en marche, au bruit des bottes et de la cravache en cuir qui vient fouetter la liberté insoumise.

En fait, ils me font penser à ces flics qui expliquent à la femme violée qu’elle l’avait sûrement cherché quelque part. Sauf qu’eux, en plus, ils sont les violeurs.

Les perquisitions chez les insoumis et leurs proches relèvent du cambriolage et du viol.

Un cambriolage parce qu’on s’introduit chez vous par effraction et parce qu’on sait où vous êtes pour pouvoir intervenir.

Un viol, parce que l’on vient s’immiscer dans vos tiroirs, dans vos fichiers, dans vos échanges personnels pour vous nuire.

La presse est restée bien silencieuse sur cette dernière perquisition, trop occupée à tenter de vendre les 34% qui donnent Macron en hausse. Sérieusement ?

Vous pensez encore que nous allons adhérer à cette masturbation chimérique de la presse macronienne ?

Chaque quotidien ou radio qui relaie cet orgasme élyséen, s’auto-émascule dans la foulée.

Chaque samedi est une gifle et un camouflet pour vos chiffres et pour votre débat qui ne démontre que la capacité marathonienne de Macron à s’écouter parler. Il confisque les micros, débite les mensonges au rythme d’un cocaïnomane halluciné et tous autour de lui, se gargarisent de la prestation illuminée du penseur éolien.

Mais qui est le dealer du leader ? Quelle est cette substance psychotrope qui permet ainsi de se croire populaire parce qu’on parle, alors qu’en fait on est détesté parce qu’on arrache des mains et qu’on crève des yeux chaque samedi.

BFM annonce 14000 manifestants, le Parisien 12500 dans toute la France pour ce samedi 9 février, sans complexe et sans vergogne.

 Les deux chiffres additionnés correspondent sensiblement à la mobilisation bordelaise, mais peu importe, nous n’attendons plus de leur part qu’ils soient honnêtes.

En fait, leur machine est rodée et ils ne mesurent plus combien ils nous confortent dans notre mobilisation hebdomadaire.

 Ils sont la risée du journalisme et notre nouvelle référence pour moquer la Pravda macronienne.

Donc même s’ils perquisitionnent à tout va, même s’ils nous arrêtent préventivement, même s’ils nous écoutent, nous géo-localisent, nous éborgnent, nous mutilent, nous emprisonnent…nous sommes encore plus nombreux et plus déterminés qu’eux à chaque nouvelle pression.

Nous sommes tous des Manu Bompard quand ils viennent te cambrioler, nous sommes tous des Jérôme Rodrigues quand ils viennent t’éborgner, nous sommes tous des gilets jaunes Français et nous sommes tous des insoumis parce que ce mot n’a jamais eu autant de sens que depuis que vous cherchez à nous soumettre.

 Je dois avouer que tous les jours de la semaine, j’attends le samedi, c’est le nouveau rendez-vous hebdomadaire de ma respiration démocratique, le nouveau souffle de mes aspirations républicaines, je ne m’en lasse pas, le samedi est devenu nécessaire impérieux et galvanisant !

 A samedi Manu, A samedi mes amis,

 

 

 

 

 

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