Un soufflet d'extrême droite qui retombe sur la Macronie!

La République c'est Macron, sa personne est sacrée!

La gifle assénée à Emmanuel Macron est un évènement sans précédent qu’il ne faudrait pas sous-estimer politiquement. Tout d’abord citons un grand homme du siècle qui avait bien résumé la situation avec cette fameuse phrase : Ma personne est sacrée et la République c’est moi ! Cette réaction de Jean-Luc Mélenchon prend tout son sens quand Macron essuie un soufflet royaliste.

Ce qui est valable pour Macron l’est également pour les députés de la France Insoumise, Loïc Prudhomme et Bénédicte Taurine qui se sont fait agressés gratuitement par des policiers en armes. Le respect de la fonction présidentielle et de la représentation nationale ne saurait être différentié ou minimisé.

Le traitement médiatique de ces différentes agressions est un indicateur des forces politiques en mouvement pour ceux qui avaient encore des doutes sur le caractère messianique de la propagande des médias mainstream. C’est scandaleux pour Macron et tout le monde politique réagit mais ils n’étaient pas indignés quand les députés subissaient le même sort (même si le coup de matraque est plus violent que la gifle). La violence n’est pas acceptable et il n’existe pas de géométrie variable qu’il s’agisse d’un député ou d’un président.

Pas de chance pour les médias, l’abruti coupable de la gifle a crié : Montjoie Saint Denis et non pas Allahou akbar ou vive le CHE. On retrouve des armes et Mein Kampf chez ses copains et lui-même est fan de Zemmour et de Papacito, mais selon les médias, il faut attendre que l’enquête se termine et ça ne veut rien dire. Ce serait un Huluberlu, un paumé qui n’a pas de travail, un original, bref ce n’est pas un terroriste et ce n’est pas un activiste d’extrême droite ! Quand un taré crie Allahou akbar c’est forcément un terroriste, même s’il est malade mental, mais quand la violence est d’extrême droite, c’est plus compliqué ! La violence d’extrême droite est problématique surtout quand elle tombe au moment ou Jean-Luc Mélenchon la dénonce ouvertement. Et encore, Jean Luc, tu n’as pas insisté sur le rôle des Médias dans l’instrumentalisation des attentats qui surviennent une semaine avant les élections, mais ils ont du se sentir sur la sellette. En tous cas cette fois, ils seront bien pris de court pour rebondir sur le sujet, c’est toujours ça de gagné !

320%, c’est le chiffre de l’augmentation des violences d’extrême droite dans le monde, ce n’est pas anecdotique, de même que le nombre d’actes violents en France (attaque de librairie, d’étudiants,  la gifle du président ou encore la vidéo de Papacito) atteste d’un nouveau passage à l’acte décomplexé. Les fachos ne se terrent plus et ils se sentent à l’aise dans la France de Macron, ils apprécient le rouge sang du tapis que la macronie leur a déroulé.

Entre les groupuscules militaires et policiers, armés, qui se préparent à une guerre civile qu’ils entendent provoquer et les tutos rigolos pour apprendre à égorger les insoumis, on pourrait légitimement s’attendre à un réveil médiatique devant le danger du bruit des bottes ?

Le fascisme n’est plus rampant, il s’est redressé fièrement et il est adoubé par une partie de la classe politique dont il sert les intérêts.  Y a-t-il un rapport avec les bons sondages qui confortent la position de Jean-Luc Mélenchon devant tous ses rivaux à gauche ? Les chiffres sont même meilleurs qu’en 2017 à la même période, faut-il y voir un rapport de cause à effet dans la puissante vague de bashing orchestrée par la Macronie et les médias ?

Nous autres, insoumis, avons acquis ces réflexes de lucidité : quand ils s’attaquent à JLM, c’est qu’ils le craignent lui et son programme.  Ils sont terrorisés par l’idée de répartition des richesses et par la transition écologique et c’est bien notre progressisme humaniste qui leur fait peur.

Et parce qu’ils représentent une minorité qui détient le pouvoir et les contre-pouvoirs (on en est là !), ils s’imposent à nous par tous les moyens dont ils disposent. Ils s’accaparent le bien commun pour le dépecer dans le privé, ils détruisent nos droits sociaux, ils détiennent 90% de la presse pour imposer leur « pravda » libérale, Ils répriment, dans la violence, la colère citoyenne en mutilant et en éborgnant et ils instaurent un état autoritaire avec une police gangrénée par des syndicats d’extrême droite. Et à la fin c’est la faute de Mélenchon !

Nous ne sommes pas dupes et nous sommes nombreux à nous sentir plus que jamais solidaires avec notre candidat et nos 17 députés qui travaillent et qui se distinguent comme la seule opposition cohérente et républicaine devant la montée du fascisme que tous refusent d’admettre.

C’est que la frontière est devenue étroite entre la droite et l’extrême droite, c’est l’effet banalisation qui permet ces passerelles sur lesquelles on peut même parfois croiser un Jadot, un Faure ou un Roussel  en route pour manifester à coté de Zemmour et des copains de Papacito !

Cette manifestation d’extrême droite, habillée cyniquement d’un hommage à un policier mort en service, qui s’est conclue par une critique politique de la justice est un indicateur certain de la perte des repères citoyens et dans une société dépolitisée et paupérisée, qui devient de fait le terreau de  l’ extrémisme qu’il soit de droite ou qu’il soit islamiste. Les deux se nourrissent l’un de l’autre même si c’est la Macronie qui fournit les croquettes et tous vont allègrement à la gamelle !

Alors que tous ravivent les ombres brunes du passé, le progressisme et l’humanisme de l’AEC  trouve toute sa raison d’être, mais personne n’a dit que ce serait facile !

 

 

 

 

 

 

 

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