Traverser la rue, en dehors des clous?

 

Traverser la rue, en dehors de clous ?

 

 

Quand Mr Macron traverse la rue, il ne regarde qu’à sa droite, et c’est dangereux pour tout le peuple de France. Nous voilà devant une énième tentative de diversion, un exercice périlleux de communication qui respire la panique et le désespoir d’une rentrée politique désastreuse pour un président plus que jamais déconnecté de la réalité du monde sans travail.

Certains, nombreux qui plus est, se délecterons du mépris et de l’arrogance du jeune premier qui a traversé comme le christ « en marche » sur l’eau, les passages cloutés qui séparent la banque Rothschild de l’Élysée. Pourtant au-delà de son nuage, il faut mesurer ici l’offensive extrêmement droitière, à peine masquée par une rhétorique qui se veut familière, qui insinue que les privés d’emplois sont des feignants responsables de leur situation précaire.

 C’est le discours du Front National et de la finance que Macron incarne avec le brio cynique de ceux qui ne connaitrons jamais les loyers impayés, la difficulté des fins de mois et les découverts à la banque.

 Même si les chiffres du chômage sont 6 fois supérieurs aux emplois non pourvus, Macron préfère l’idéologie financière à la raison implacable des mathématiques. Pendant qu’il pointe du doigt, ce jeune horticulteur qui n’avait pas pensé à traverser la rue pour se reconvertir en cuisinier ou en maçon, il ne remet pas en compte sa politique et les promesses électorales mensongères qui l’ont conduit à la tête de notre pays…Tel est M. Macron, le sophiste incorrigible du capitalisme financier. Lui qui a traversé la route pour faire le trottoir de la finance maquerelle, il ne cesse de marteler cette fausse idée que le travail et le chômage sont affaires de bonne volonté et de bon sens.

Et Alexandre Benalla, il a traversé quelle rue pour en arriver là ?

Il existe semble-t-il des passages cloutés qui payent plus que d’autres…Certains chemins de traverse ne sont connus et accessibles que des élites de la République et accessoirement de leurs familles ou de leurs barbouzes. Entre Pénélope Fillon qui a su enjamber les trottoirs de la République et Alexandre Benalla qui a survolé les caniveaux du quai Branly, force est de constater que tout ce petit monde est loin d’être à la rue.

Si M. Macron avait arpenté la rue, comme tous les citoyens qui ont conquis la liberté, il n’oserait pas insulter les laissés pour compte de la République. Lui qui devrait être le garant de notre constitution, lui dont le rôle est de justement pourvoir un travail décent à tous les privés d’emplois continue de montrer qu’il n’est pas légitime à chaque fois qu’il traverse en dehors des clous de la fraternité et de l’égalité.

 

 

 

 

 

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