Lettre ouverte à Benoît Hamon
Cher Benoît Hamon
Ne comptez pas sur Raphaël Glucksmann pour vous conseiller, d'une part parce qu'il a déjà écrit que Jean Luc Mélenchon était le meilleur d'entre vous et d'autre part car il ne pouvait pas imaginer que tous vous abandonneraient.
La politique n'est manifestement pas son métier.
En revanche, vous avez, vous, sans aucun doute, de l'expérience et un sens aigu de la politique puisque vous avez su faire la différence lors des primaires.
Aujourd'hui le résultat des primaires n'est pas respecté par de nombreux candidats dont M.Valls, votre programme est remanié un peu plus tous les jours, bien loin de vos premières aspirations.
Par ailleurs les défections opportunistes vers le mouvement M. Macron sont légions.
Le Parti Socialiste est au bord de l'implosion avec une hémorragie militante sans précédent et des trahisons quotidiennes.
Les sondages sont en berne et l'héritage du quinquennat socialiste est désastreux avec le Président le plus impopulaire de la cinquième République.
Dans ces circonstances , à 30 jours du scrutin, vous ne pouvez pas ignorer que le Parti socialiste, même avec vous, ne peut pas gagner cette élection présidentielle.
Vous qui aviez misé sur le vote utile dès premier tour, aurez-vous aujourd'hui la sagesse de vous désister au profit de M.Mélenchon pour donner à la gauche plus de possibilités d'accéder au second tour ?
Si vous souhaitez sauver le PS, combattre la droite et l'extrême droite et si vous espérez vraiment gravir les plus hautes marches de l'Etat, vous n'avez plus le choix.
L'histoire s'écrit aujourd'hui. Vous avez en effet, l'opportunité de marquer la politique par un retrait qui vous donnerait alors la dimension présidentielle, loin des intrigues d'appareil qui ont gangrené les appareils de gauche et de droite.
Si vous persistiez à vous présenter, cela reviendrait alors à jouer la comédie pour un sabotage orchestré en haut lieu.
Vous risqueriez d'ailleurs d'en être la victime, car ni le Parti Socialiste ni vous-même ne survivraient à ce dernier calcul politicien.
N'est ce pas finalement la vocation du militant que de sacrifier son ego au profit de l'intérêt collectif ?
À l'heure où le manque de dignité de nos représentants fait l'objet d'une attention qui envahit nos écrans en lieu et place des programmes, vous vous honoreriez de prendre de la hauteur et de démontrer que vous êtes un instrument majeur du rassemblement des citoyens de gauche.