Le virus de l'abstention!

 Alors que le virus COVID 22 s’associe avec l’islamophobie pour préparer la campagne  présidentielle de Macron, les citoyens de France sont privés petit à petit (quoique !) de leurs liberté(s) au nom de l’urgence sanitaire. Ainsi comme à l’accoutumée l’urgence redevient sécuritaire et ne doutons pas qu’il s’agit ni plus ni moins de favoriser la place du RN au 1er tour. On ne change pas une équipe qui gagne !

La situation exceptionnelle de la pandémie offre à ce gouvernement les moyens de sa politique autoritaire. Peut-être repousseront t-ils les élections, peut-être qu’ils prévoient de nous confiner et de nous muter en citoyens virtuels ? Peut-être enfin vont-ils nous surprendre une nouvelle fois avec des mesures improbables qui ont le mérite de l’efficacité puisque qu’elles sidèrent littéralement les victimes citoyennes que nous sommes !

Mais sommes-nous encore citoyens ? Notre individualisme, notre mutisme devant l’horreur, notre attentisme sont autant de freins pour vivre et partager collectivement.

Le RN sera probablement au deuxième tour, c’est sa vocation de tremplin et les gouvernements successifs se sont tous appliqués à maintenir cette épée de Damoclès au-dessus de la démocratie et de la République.

Pendant qu’ils font de la sécurité leur drapeau, emparons nous de l’abstention qui est un enjeu citoyen majeur susceptible de bouleverser la « Donne ».

L’abstention, premier parti de France est un symptôme typique du  virus capitaliste. C’est une pandémie difficile à combattre qui touche le monde entier et qui contamine les citoyens jusqu’à ce qu’il perdent le goût et l’odorat devant la « chose publique ».

J’avoue avoir été touché également par l’abstention au dernier deuxième tour des dernières présidentielles, c’est dire le danger de ce virus !

Le dégout citoyen pour la politique, l’ignorance de l’histoire de France citoyenne, ou encore la misère sociale et la paupérisation qui accablent les Français depuis des décennies ont favorisé le repli et la désertification des bureaux de votes.

Ne les jugeons pas car leur décision est  souvent empreinte de bon sens, en réponse à leur histoire citoyenne. Mais refuser ses droits citoyens au prétexte que « voter cela ne sert à rien », parce-qu’ils sont tous « pourris », "élections piège à cons"  ou encore parce-que le vote blanc n’est pas reconnu conduit à laisser décider une minorité d’experts de la Ve République qui profite de ce système pour se maintenir au pouvoir.

Si je comprends le choix de l’abstention , il me semble que nous devons faire une campagne pour inciter les Français à récupérer leur citoyenneté confisquée.

Le syndicaliste que je fus , ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec la syndicalisation. Les syndicats ne syndiquent plus malgré le nombre restreint d’adhérents ce qui de fait, questionne leur légitimité. Étrangement ils ne font pas de campagne nationale pour syndiquer. On retrouve quelques lueurs sporadiques dans telle UD ou telle UL, mais les confédérations syndicales ont  mieux à faire  C’est également une forme d’abstention qui répond aux même logiques citoyennes et au même objectif de dépolitisation des esprits. « Ne vous mêlez pas de ce qui vous regarde » ! Ne votez pas et ne vous syndiquez pas !

La France Insoumise a commencé à s’engager sur le sujet de l’abstention dans sa communication, nous devons aller au-delà. L’abstention doit être au centre de la campagne. Pendant qu'ils envahissent le débat public avec la sécurité nous devons nous préoccuper de la préservation de notre citoyenneté. Ils vont se déchirer à droite comme à gauche dans une campagne  traditionnelle d’égouts dont ils ont le (s) secret, mais les urnes de la démocratie ne seront pas républicaines tant qu’elles seront vides d’une majorité silencieuse.

C’est une campagne d’éducation populaire et de sensibilisation à la citoyenneté dont nous avons besoin et qu’il nous faudra  mener. Lutter contre le fléau de l’abstention c’est ramener les citoyens aux commandes.

La sécurité, les confinements, les déboires économiques sont autant de diversions qui sont au service de la droite et de l’extrême droite alors que nous avons une urgence écologique et sociale et une crise citoyenne majeure dont l’abstention est le premier reflet.

Ce n’est pas l’union de la « gauche » qui fera, seule, la différence, même si elle est souhaitable et nécessaire, ce sera plutôt notre capacité collective à ne pas nous abstenir devant l’abstention. A bon entendeur !

 

 

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