Chemise ou Billot?

Voilà, le couperet est tombé..deux chemises valent mieux que des emplois..Et c’est reparti pour un tour de piste médiatique, la presse bien pensante est présente aux ordres de ses patrons pour expliquer l’inexplicable, pour justifier l’injustifiable et pour conditionner ceux qui seraient dans le doute..Le rouleau compresseur du politiquement correct est en route pour affronter le socialement indécent..Les moyens ne sont pas les mêmes..

Les voilà qui minimisent les bénéfices d’air France, se découvrent spécialistes du transport aérien et du low cost, les compagnies du golfe..tout y passe et même si tous ces arguments donnent raison aux salariés..peu importe car le sang doit couler..Les gueux ont osé déchiré le plastron d’un aristocrate..c’est impardonnable..même quand c’est légitime.

C’est un peu comme si on tondait les résistants à la libération…

Notre histoire sociale est construite sur l’injustice, c’est ce sentiment profond , viscéral  qui nous pousse à nous révolter, qui fait de nous des militants..

Ils étaient condamnés avant même d’être jugés, c’est un crime de lèse majesté, pas un délit classique..

Le message est clair, on ne touche pas aux patrons même s’ils mettent à la rue des familles entières pour s’augmenter leur salaires. Et pour celui qui raisonne encore sur les valeurs d’égalité et de liberté..il serait temps qu’il comprenne que cette époque est révolue..
La France de Jaurès n’est plus le pays des droits de l’homme..Nous n’avons plus le droit d’être des hommes..

C’est notre liberté qui est violée, confisquée..sous la garde vigilante des cerbères bien pensants, confortablement installés dans leur niches dorées.  Ce sont les mêmes qui bombardent les civils au nom de la démocratie, les mêmes qui pillent l’’Afrique et qui vendent des armes à des enfants.
Et nous serions les violents?

Au delà de leur égos, car ils ont eu honte, le message se veut totalitaire..Peu importe que la colère soit justifiée et légitime, l’exemple est trop dangereux..c’est l’embrasement de la grogne qu’il craignent..c’est le peuple qu’ils craignent..Quand un gouvernement craint son peuple, il est à la merci de sa colère..

Ne vous y trompez pas, ils sont en panique, ils tentent de canaliser la lutte par la peur…mais la peur est dans leur camp. Ils tremblent pour leur chemises..pour leur pouvoir..pour leur capital…Alors que nous tremblons, de froid, de faim et de colère…

La chemise a remplacé le billot, est ce un bien pour un mal?

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