Clémentine Autain, un zeste de stratégie, un pépin d’opportunisme !

Insoumis, solidaire et pugnace !

La remise en question de la stratégie est plutôt saine à l’issue d’un scrutin qui n’est pas à la hauteur de nos espérances.

En revanche, la stratégie demande du temps, de la réflexion et un débat collectif interne pour que les militants expriment à l’unisson la ligne politique et les orientations de notre mouvement.

Il s’agit alors de stratégie interne et si quelqu’un pouvait à l’occasion expliquer à Clémentine Autain le principe de la stratégie collective, nous lui en serions reconnaissant.

Clémentine se précipite dans des interviews et sur les plateaux télévisés, sans mandat, sans consultation pour exposer une opinion personnelle qui nous remet tous en question, en oubliant au passage que sa seule présence sur les plateaux et sa « popularité », elle la doit justement à la France Insoumise !

Sa maladresse est nuisible parce que précisément, tous les médias, enclins au FI et Mélenchon bashing,  sont à l’affût de ces débordements égocentriques qui occultent le principe collectif.

C’est le danger de la course à la popularité, du besoin d’exister publiquement.

La lumière attire les papillons qui viennent s’électrocuter sur le piège à moustiques, c’est une fin cruelle qui résonne d’un bref mais intense grésillement.

Au-delà de cette constatation, je ne partage pas non plus le « fond » de son analyse que je qualifierai de primaire et d’opportuniste.

D’une part, parce que la première leçon qu’il faut tirer de ce scrutin, c’est que la France de droite va voter quand les dégoûtés de la politique, souvent à gauche, s’abstiennent.

Le vote, à l’origine censitaire, appartient à la culture des hommes de droite, de ceux qui ont les moyens et le suffrage universel est une victoire progressive de la gauche depuis la seconde République en 1848. La connaissance des liens entre la culture, l’histoire et le vote est déterminante pour faire avancer la conscience collective.

Nous avons su contribuer à faire grandir la contestation sans qu’elle se traduise directement dans les urnes, parce que la politique de la nécessaire éducation populaire se construit par étapes.

D’autre part Il me semble que comparer le score de Jean Luc Mélenchon à la présidentielle aux derniers résultats pour crier au crash de la France Insoumise est une erreur grossière. C’est un peu facile de le pointer du doigt, avec la meute médiatique en oubliant au passage le chemin parcouru grâce à lui. Nous devrions, dès la première difficulté, nous retourner contre Jean Luc Mélenchon ?

Non pas que sa candidature soit sacrée comme son statut de député, mais nous sommes nombreux, des millions, à penser qu’il est l’homme de la situation, même si nous regorgeons de potentiels et de talents. Nous ne sommes ni ingrats, ni stupides et encore moins influençables parce que des médias s’acharnent sur celui qu’ils redoutent le plus et pour cause !

Macron et les socialistes, de Hollande à Hamon sans oublier le Parti communiste, ont achevé de décrédibiliser la gauche par leurs pratiques et alliances contre nature et par des politiques libérales de sociale démocratie qui épousent l’économie de marché.

L’essence du succès de la France Insoumise a été de se démarquer de cette vieille gauche qui refuse d’accepter son échec.

Cette vieille gauche insiste pour imposer ses restes dans le paysage politique, consciente qu’elle renforce les positions de la droite par son éparpillement. C’est précisément parce ces partis désuets font le choix de ne pas rejoindre la France Insoumise, qui incarne la nouvelle gauche, que nous devons continuer à travailler à conquérir les abstentionnistes et les votes populaires de contestations qui se replient vers l’extrême droite.

La nouvelle écologie de marché de Jadot est une escroquerie de droite qui a su tirer profit de cette campagne européenne. La main tendue par LREM, le lendemain des élections, est un pied de nez à tous les électeurs de gauche et écologistes qui pensaient voter pour la planète. Ces deux-là sont compatibles et complices dans le capitalisme, l’avenir n’a pas fini de le démontrer !

Nombreux sont ceux qui votent pour les verts, persuadés que c’est une option d’assurance lorsqu’on ne lit pas les programmes ou encore lorsque l’on croit s’émanciper de la gauche et de la droite.

Macron a pulvérisé la droite pour préparer 2022. S’il est mauvais président, il reste un stratège redoutable, sans complexes et sans scrupules pour la conquête du pouvoir. Il est parvenu une nouvelle fois à ériger le Rassemblement National au plus haut pour se positionner en rempart.

Nous avons trois ans pour continuer à renverser la tendance. Ne sous-estimons pas notre capacité à réinventer l’humanisme au moment même où Macron et l’Europe dilapident notre patrimoine public, détruisent nos industries et réinventent la précarité et la misère !

 

Comme l'aurait dit Rabelais: A bon entendeur, il ne faut qu'un demi-mot!

 

Citoyen Spartacus insoumis et fier de l’être !

 

 

 

 

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