RTT ou Pauvreté


La semaine de 32 heures?

Et si on travaillait plutôt 22 heures payées 45? Et si on gagnait tous assez pour avoir une vie décente, une maison pour chaque foyer, des vacances et du temps pour les loisirs, pour la famille et beaucoup moins de temps au travail. Sans oublier bien sûr une retraite à 50 ans à taux plein, équivalente à nos salaires  pour profiter de nos petits enfants ,pour voyager en fait tout simplement pour prendre soin se nous.

Vous trouvez ça fou, avouez le, improbable, impensable, complètement idéaliste.. voire drôle…

Et pourtant, le travail est un droit constitutionnel, pas un privilège. C’est notre contrat de citoyen, s’il n’est pas respecté, l’état doit assumer son échec.

ce n’est ni sain ni équilibré de passer la plupart de notre temps au travail.Travailler pour vivre ou vivre pour travailler, la question devrait être désuète.
Par contre, c’est parce qu’il nous obligent à vivre au travail que notre combat de syndicaliste est plus que jamais incontournable et pertinent.

La réduction du temps de travail n’est plus une idée idéaliste ou révolutionnaire, c’est une idée au contraire empreinte de modernité qui correspond à l’aspiration de tous les salariés, de tous les citoyens animés de conscience.

C’est notre conditionnement  au travail, le spectre du chômage (qui au passage est le meilleur outil patronal pour baisser les salaires) qui nous pousse à croire et à penser qu’il n’ y'a pas assez de place pour tous et que c’est une chance de travailler même si on est mal payé.
ce n’est pas une chance , c’est un dû, tout comme nous devons nous acquitter de nos cotisations sociales diverses. L’état est alors prompt à faire respecter la règle.

Sommes nous réellement au niveau de la conscience collective que l’histoire nous a laissé en héritage?
L’égalité, la fraternité sont les valeurs universelles qui auraient dues devenir l’essence d’un monde du travail meilleur, plus juste. Un monde ou il fait bon travailler.

Les états politiques ont opté au contraire pour un modèle de travail « low cost »,un esclavage moderne, sous couvert d’économie de marché et d’harmonisation sociale plutôt que d’embrasser un progrès social humaniste qui implique le partage, la solidarité et la justice pour tous.

La paupérisation n’est pas une fatalité, c’est une volonté politique cynique et sûrement pas la conséquence d’une crise financière érigée en bouc émissaire..pas de visages, pas de coupables..

Alors que l’on tente de nous disperser en nous culpabilisant sur  le sempiternel coût du travail, ne devrions nous pas plutôt nous rassembler autour de la valeur de notre travail et de la juste répartition de ce travail et des richesses qu’il génère.

Notre histoire est là pour nous rappeler que le droit social et les progrès humanistes ont été obtenus dans la rue, par le peuple, par le rapport de force..Il commence là notre dialogue social.
Nous obtiendrons le respect par le pavé, ou par les chemises déchirées..

Une société ou les progrès technologique permettent de suivre les évènements d’un continent à l’autre dans la seconde entre autres merveilles, et qui ne se met pas au service de tous les hommes est une société qui trahit ses citoyens. La révolte est légitime, elle demeure notre unique voie, nous sommes les plus nombreux et notre combat est juste.




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